« Damned Master » T1 par Shu Katayama et Uni

Le surnaturel et les phénomènes paranormaux passionnent certaines personnes qui y croient dur comme fer. Il y a également ceux qui aiment se raconter ou se faire raconter des histoires pour se faire peur. Ce nouveau manga édité par Komikku propose une immersion dans l’occultisme, avec sa dose d’histoire de fantômes et autres êtres effrayants à la clé.

Printemps 1997, un nouvel étudiant arrive de la campagne pour intégrer l’université de la ville la plus proche. Se sentant un peu médium, il intègre le club d’occultisme. Il partage sa passion avec ses nouveaux camarades qui racontent tour à tour une histoire effrayante. Se sentant un peu à l’écart, il est approché par un garçon énigmatique ayant déjà un master en théologie. Celui-ci va l’entraîner dans des lieux ou se promènent fantômes et autres esprits. Il va l’initier aux règles à suivre et devenir son maître en occultisme. Leur première sortie se fait dans un fast-food où un fantôme rôde. Mais attention, il faut baisser les yeux pour le voir : seules ses jambes apparaissent aux non-initiés. Puis, suivent de nombreuses aventures courtes, ponctuées par des apparitions paranormales.

À l’origine, il y a une série d’histoires courtes écrites par Uni dés 2003. Célèbre sur la toile, il publie finalement ses récits en romans rassemblant ses meilleures aventures chez le prestigieux éditeur Futabasha. Si ces livres ne sont pas parvenus jusqu’à nous, les éditions Komikku nous proposent leur adaptation en manga. À l’origine, les situations étaient décrites par des mots : elles laissaient donc libre cours à l’imagination galopante des lecteurs qui pouvaient fantasmer sur l’image qu’ils avaient des lieux et des actions. En manga, il y’a forcément une mise en image qui influence la vision du lecteur. Il faut donc une bonne équation entre le texte et le dessin afin de ne pas tomber dans le simple roman illustré. En ce sens, « Damned Master » s’en sort assez bien. Néanmoins, on peut se sentir un peu frustré par le manque de suspens et de mise en condition du fait d’une succession d’histoires très courtes.

Prépubliée dans le magazine Young King Ours de Shonen Gahosha, la série, toujours en cours, totalise aujourd’hui trois volumes. Le scénario est bien évidemment rédigé par Uni : le créateur originel des nouvelles. Le dessin est quant à lui réalisé par Shû Katayama : une dessinatrice aguerrie ayant œuvré sur « Dragon Fist », dés 1988. Cette série en 14 volumes mettait en scène les aventures de Ling : un jeune Chinois, membre du clan des Dragons Blanc, venu étudier au japon. Son dessin, beaucoup plus moderne aujourd’hui qu’à ses débuts, fait penser aux graphismes clairs obscurs de Tajima Shou (« MPD psycho ») ou aux traits légers et dynamiques de Takashi Obata (« Bakuman »).

La série, en plus des romans et des mangas, va faire l’objet d’une adaptation en animé et en série TV live courant 2016. Laissant constamment planer le mystère, le lecteur se retrouve immergé en même temps que le héros dans cette suite d’événements fantastiques. Ne vous attendez pas à des jets d’hémoglobine ou des mutilations atroces, mais plutôt à un mélange de stupeur, d’étonnement et d’envie d’en savoir un peu plus qui font que l’on ne peut que dévorer chaque page de ce manga.

Gwenaël JACQUET

« Damned Master » T1 par Shu Katayama et Uni
Éditions Komikku (7,90 €) – ISBN : 2372870963

© 2014 by SHU KATAYAMA, UNI / SHONENGAHOSHA

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