L’Art de …

Truffaut, l’homme qui aimait les films…

Cinéaste majeur de la Nouvelle Vague, François Truffaut (1932–1984) aura marqué toute une génération, tant par son regard autobiographique sur le 7e art que par sa défense engagée de la « politique des auteurs ». Autant dire que la collection 9 ½ (dont le nom évoque à la fois l’un des plus grands films traitant du cinéma (« 8 ½ » de Federico Fellini) et le 9e art), débutée en avril 2019 avec « Sergio Leone » et « Lino Ventura », ne pouvait pas faire l’impasse sur l’ancien protégé d’Henri Langlois devenu le secrétaire d’André Bazin : l’histoire nostalgique d’un homme qui, des « Quatre Cents Coups » au « Dernier Métro » en passant par « Jules et Jim », aimait autant le cinéma français… que les femmes.

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Une sélection des plus belles couvertures de la rentrée 2020…

Malmenée par la pandémie, l’année de la BD 2020 (prolongée jusqu’au 30 juin 2021), aura néanmoins vu paraître de belles nouveautés avant la pause traditionnelle de l’été. Avec ses nombreux titres repoussés ou inédits, la rentrée s’avèrera être un défi pour la plupart des éditeurs : voici donc, comme à chaque semestre (pour mon 400e article réalisé pour BDzoom.com !), une sélection (parfaitement subjective) des plus beaux visuels à venir au sein de la vaste production franco-belge. Classé chronologiquement, cet avant-goût met à l’honneur une dizaine de titres que nous évoquerons naturellement plus en détails au cours des semaines à venir… Très bonnes vacances et bonnes lectures à toutes celles et tous ceux qui nous suivent, jusqu’à la reprise de cette rubrique, le mardi 18 août !

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« Parker » par Darwyn Cooke : une intégrale qui tue !

600 pages ! Dargaud n’a pas fait les choses à moitié en concoctant cette superbe intégrale « Parker », ciselée par le maquettiste Philippe Ghielmetti. Au menu, rien moins que les quatre volumes réalisés par le Canadien multi-primé Darwyn Cooke à partir des meilleurs récits de Richard Stark. Autrement dit Donald Westlake, grand maître incontesté du polar américain, disparu en 2008. Prototype du dur à cuire, voleur professionnel n’hésitant jamais à liquider les gêneurs, Parker est un « Chasseur » luttant contre « L’Organisation » du crime, d’un « Casse » à l’autre, et jusqu’à « Fun Island », dans l’Amérique du début des années 1960. Depuis, l’on n’a probablement pas fait mieux en termes de style noir et sensuel, avec un suspense à couper au couteau : et ce ne sont pas les traducteurs et commentateurs de l’œuvre (rien moins que Tonino Benacquista, Matz, Doug Headline, Nicolas Richard et Jean-Patrick Manchette) qui vous diront le contraire. Cela vaudrait mieux pour tout le monde…

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« Hit the Road » : embarquez sur la piste du crime au Nevada…

Dans le Nevada de la fin des années 1960, les destins de Vicky et Clyde vont subitement emprunter le même parcours. L’une cherche à avorter, et l’autre à oublier la prison. Les deux sont surtout liés à Granny : la matriarche de la plus puissante famille de gangsters du comté de Washoe. Les choses vont dès lors avoir une fâcheuse tendance à se compliquer… Sanglant road trip lancé sur les routes américaines, « Hit the Road » est un sombre hommage aux films de Samuel Fuller, Don Siegel ou des frères Coen. Une lecture à suivre, tombeau ouvert, avec une playlist seventies

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« Le Temps des humbles : Chili, 1970 – 1973 » : quand Désirée et Alain Frappier racontent mille jours d’espoir démocratique…

Dans le Chili du début des années 1970, Soledad rencontre Ricardo [dit Alejandro] Jorge Solar Miranda : à 18 ans, il est membre de la gauche révolutionnaire, à 15 ans, elle est issue d’une famille de paysans pauvres. Comme des milliers d’autres, ces humbles vivront dans des campements de fortune, en mettant tous leurs jeunes espoirs dans les luttes de l’Unité populaire : indéfectible soutien des partis de gauche au bénéfice de la présidence de Salvador Allende. Poursuivant le récit entamé en 2017 dans « Là où se termine la terre : Chili, 1948 – 1970 », Désirée et Alain Frappier, entre Histoire nationale et émotions personnelles racontent à fleur de peau les mille jours d’une parenthèse enchantée qui prendra fin dans la tragédie…

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« M.O.R.I.A.R.T.Y » : une série à toute vapeur !

1899, Londres, Sherlock Holmes… et un mystérieux automate friand de poker. Dans cet univers steampunk, le monstrueux Hyde dévaste une fumerie d’opium tandis que le machiavélique professeur Moriarty prépare en secret une armée de surhommes. Lancée avec ces ingrédients depuis septembre 2018 chez Delcourt, la série « M.O.R.I.A.R.T.Y » est une trépidante variante du canon holmesien qui fait mouche : haletante, l’intrigue fait comme il se doit de nombreux clins d’œil aux fans du mythique détective créé par Arthur Conan Doyle en 1887. Si les deux premiers tomes avaient été dessinés par Stevan Subic, le nouvel album paru ce mois-ci inaugure un deuxième diptyque sous les crayons de Gess. Notre détective préféré doit, cette fois-ci, arrêter un voleur aux multiples avatars : auteur d’extravagants larcins commis lors des étapes d’une grande course autour du monde en ballon…

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« Le Convoyeur T1 : Nymphe »: un post-apocalyptique de rouille et d’os…

Dans un futur pas si éloigné de notre réalité, une pandémie inattendue a renvoyé la civilisation moderne au temps de la féodalité : un virus – surnommé la rouille – a oxydé tous les métaux, réduisant à néant les grandes infrastructures, les véhicules ou les nouvelles technologies… Dans ce monde brutal et incertain, l’énigmatique Convoyeur incarne encore l’espoir, en acceptant de remplir toutes les missions qu’on lui confie, quels qu’en soient les risques. Dressant un univers post-apocalyptique puissant et crédible, Tristan Roulot et Armand frappent forts : lancé dans le premier tome de cette trilogie, leur « Convoyeur » n’attend que de poursuivre sa route envers et contre tout, cash et trash, quelque part entre « Mad Max », « Jeremiah » et « Ken le survivant »…

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Hippolyte, Vincent Zabus et la sensibilité de l’enfance : c’est « Incroyable ! »…

Dans la Belgique des années 1980, Jean-Luc, un petit garçon solitaire, hypocondriaque et souffrant de TOCs, se réinvente un monde où cohabitent acariens, fantômes du passé, désir de bien faire à l’école… et envie de rencontrer le roi des Belges. Ce dernier, il en est persuadé, peut l’aider à trouver le sujet de son prochain exposé ! Confrontant rêve et âpreté du monde, Vincent Zabus et Hippolyte (« Les Ombres », Phébus 2013 et Dargaud 2020) réinventent le conte philosophique, glissant délicatement du théâtre à la planche en suivant une tendre ligne graphique digne de Sempé.

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Quand Jim nous envoie quelques bons baisers (nocturnes) de Rome…

Tels d’éternels amoureux, à 20 ans, Raphaël et Marie s’étaient promis, quoi qu’il advienne de leur vie, de passer la nuit de leurs quarante ans ensemble, à Rome. Réalisé par Jim en 2012 et 2013 (sous le label Grand Angle des éditions Bamboo), le premier cycle renouait ainsi avec le charme du temps passé et des souvenirs heureux, teintés par l’amertume de l’âge… Mais les deux amants, entre amis, familles et moments de solitude, n’en étaient pas restés là : ils avaient ambitionné de se revoir pour fêter leurs 50 ans ! Où ça ? À Rome, bien sûr. En 2018, l’auteur démarrait un deuxième cycle de sa remarquable série, qui trouve ce mois-ci son dénouement dans un (ultime ?) quatrième opus. L’occasion d’effectuer en sa compagnie une dernière balade sous les lumières chaudes de la dolce vita italienne, où pétillent quelques bulles noires, à jamais mélancoliques…

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« Une amitié singulière » : une fascinante affaire de style selon Floc’h et Rivière

Initiée dans Pilote en 1977 avec « Le Rendez-vous de Sevenoaks », la série « Albany & Sturgess » s’est poursuivie jusqu’en 2006, avec une prédilection marquée pour la scène littéraire britannique, le récit policier et les ambiances feutrées, détourées façon ligne claire et Agatha Christie. La copieuse intégrale (408 pages) proposée par Dargaud ce printemps rassemble la célèbre « Trilogie anglaise », les nécrologies « À propos de Francis par Olivia Sturgess » et « Olivia Sturgess 1914-2004 », le catalogue d’exposition « Collection Albany–Sturgess » ainsi que les trois volets de « Blitz ». Tissant un récit sous l’influence du nouveau roman, jouant en permanence sur la porosité entre fiction et monde réel, Floc’h et Rivière ont réalisé une œuvre sans équivalent dans la bande dessinée francophone : d’une rare élégance, leurs héros-qui-n’en-sont-pas nous ramènent sans cesse au coupable plaisir initial, celui d’aimer lire… Au coin du feu, avec une coupe d’english tea de préférence.

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