En 2009, déjà chez Futuropolis, David Prudhomme s’intéressait aux musiciens grecs avec « Rébétiko : la mauvaise herbe » : un album où l’on suivait une journée de la vie d’un artiste des années 1930. Des cafés enfumés de haschich aux terrasses où l’on se laisse assommer par l’alcool, les musiciens, les « rébètes », attendent la nuit où ils jouent le rébétiko, cette musique populaire contestataire évoquant la déchirure de l’exil, la dureté sociale et les amours amères…
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« La Tigresse bretonne » : l’histoire vraie de Jeanne de Belleville…
Aujourd’hui, les auteurs de bandes dessinées privilégient les récits contemporains, dont la documentation se limite, souvent, à des décors qui nous sont habituels. Ce n’est pas le cas de Roger Seiter et Frédéric Blier, lesquels optent pour une bande dessinée historique, réaliste, riche en décors, costumes et combats épiques. Ce one-shot passionnant évoque les grandes heures de la vie de la noble Jeanne de Belleville,devenue femme pirate, afin de venger la décapitation — sur ordre royal — de son noble époux. Baptisée la Tigresse bretonne, cette émule de Barbe-Rouge est considérée par les historiens comme la première femme pirate.
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Un beau et intime road-movie, par l’autrice de « Celle qui parle »…
Deux ans après son remarqué récit historique « Celle qui parle » (qui évoquait la figure controversée de La Malinche, laquelle joua un grand rôle dans la colonisation de l’Amérique par Cortez) (1), la talentueuse Alicia Jaraba — devenue maman, entretemps — nous revient avec une jolie invitation au voyage intitulée simplement « Loin » : un road-movie intimiste et moderne, sur fond de van aménagé et de plongée sous-marine… On ne l’attendait pas vraiment dans ce registre assez délicat où se soulèvent des questionnements sur la vie à deux et l’amour, mais, en tout cas, elle a une fois de plus réussi son coup !
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« Vesper » : l’apocalypse est proche !
Entre heroic-fantasy et aventure épique, Jérémy propose avec « Vesper » une série inclassable : peuplée d’une multitude de personnages évoluant dans un monde en perdition. Voici que paraît le quatrième et ultime chapitre de cette saga,proposée par un maître de la bande dessinée classique. Dans cet univers fantastique se côtoient chevaliers, princesses, sorcières, félons et autres démons évoluant dans des décors fabuleux, au bestiaire et à la nature foisonnants : une excellente entrée en matière pour aborder cette riche rentrée BD.
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Dans « Pizzica Pizzica », son premier album, Solène Rebière démontre sa maturité graphique et narrative !
Née en 1993, Solène Rebière s’est formée, dès sa plus tendre enfance, aux arts plastiques (notamment la gravure à l’eau-forte et la peinture à l’huile) auprès de plasticiens, de graveurs… ou de dessinateurs de bandes dessinées, comme Emmanuel Lepage ou Christian Rossi, sans intégrer aucune école artistique : ce qui ne l’empêche pas, aujourd’hui, de donner des cours de dessin… « Pizzica Pizzica » est donc son premier album de BD ! Elle y décrit l’oppression subie par une jeune femme de la part d’un habile manipulateur, tout en évoquant le monde de ces danses traditionnelles qu’elle pratique assidûment… et c’est particulièrement réussi et envoûtant !
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Les meilleures récentes séries d’aventures de Bonelli traduites chez Altercomics…
Bonne nouvelle pour les amateurs de bandes dessinées populaires italiennes en noir et blanc (les fumetti), l’éditeur Altercomics, diffusé par MDS (Dargaud, Dupuis, Le Lombard, Kana…) publient désormais, à raison d’un tome tous les deux mois, la traduction de quatre séries issues du célèbre catalogue de Sergio Bonelli, dont l’excellente « Julia » par Luca Vannini et Giancarlo Berardi : enquêtes, mystères, vengeances et exotismes sont au programme…
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« Monsieur Pinpon » revient grâce au dessinateur Stanislas !
Dessinateur aujourd’hui tombé dans l’oubli, Mars (pseudonyme de Marcel Foulque, 1892–1965) créa pour la revue Jours de France le personnage de Monsieur Pinpon. Les aventures de ce drôle de petit bonhomme, souvent accompagné de son petit chien — qui n’eut jamais de nom —, se déroulèrent dans un strip hebdomadaire invariablement composé de trois cases, et ce, de 1956 à 1965. Stanislas (Stanislas Barthélémy, de son nom complet), l’un des sept cofondateurs de L’Association, rend hommage à cette création aux éditions Les Rêveurs.
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Un voyage en terre inconnue, là-haut…
Après un bel album — « Alexandra David-Néel », publié en 2016 (1) —, le duo d’auteurs Christian Perrissin et Boro Pavlovic revient au Tibet à travers l’exploration entreprise par deux frères, à partir de 1939. L’aîné, François de la Grézère, tient son journal en tapant sur sa machine à écrire, et son récit rythme finalement tout ce voyage, forcément initiatique. Il va rencontrer Alexandra David-Néel et lui demander des conseils pour aborder ce pays et ce peuple si différents. Gabriel, le puîné, est plus rêveur que François, plus imprévisible et quelque peu fragile : au point de tomber malade en cours de voyage. Ils rencontreront, avant la frontière, les derniers militaires chinois en avant-poste, de paisibles Tibétains et enfin le pays golok et son mont sacré, l’Amnye Machen. Un album qui s’épanouit lentement, comme le fait cette exploration dans l’inconnu, sans esbroufe, visant l’authenticité et la sobriété.
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Un champion olympique à la sauce Smudja !
En cette année où les Jeux olympiques sont quasiment devenus une préoccupation nationale, l’édition de bande dessinée s’intéresse évidemment aussi de très près à cette manifestation sportive qui aura lieu prochainement à Paris et qui a ce pouvoir de rassembler les peuples. Au milieu des nombreuses publications bédéesques, souvent didactiques, abordant le sujet, ne ratez pas l’album qui rend hommage au quadruple champion olympique des J.O. de Berlin (lequel provoqua à la fois Hitler et l’Amérique conservatrice en 1936) : l’Afro-Américain Jesse Owens. Le virtuose dessinateur serbe Gradimir Smudja nous présente, avec son habituel talent narratif onirique et caricatural, l’histoire de ce destin unique dans une époque marquée par la violence raciale…
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« Bertille & Lassiter » : la ronde des rencontres improbables ne s’arrête jamais !
Troisième et peut-être dernier chapitre de cette série pour le moins originale et construite de main de maître par Éric Stalner. Les rencontres improbables se multiplient, au fil d’un récit où se mêlent polar et fantastique, sans oublier quelques séquences d’humour que n’aurait pas reniées Audiard. Une trilogie (1) — aux protagonistes particuliers à plus d’un titre — de 300 pages, signée par un des auteurs de tout premier plan, parmi les plus prolifiques de ces trois dernières décennies.
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Romain Dutreix perd pied, car sa « Mamie n’a plus toute sa tête »…
Chantre du pastiche, Romain Dutreix nous offrit en son temps « Allegretto Deprimoso » et les deux tomes d’« Impostures », tous trois publiés chez Fluide glacial. S’en suivit une petite série de parodies pour la librairie nancéienne La Parenthèse, dans laquelle Romain Dutreix inséra un tome de « La Petite Bédétheque des savoirs » sur le libéralisme, ainsi que « Revue de presse : petite histoire des journaux satiriques et non-conformistes », de nouveau pour les éditions Fluide glacial. C’est sans doute son talent pour voir le monde par le petit bout de la lorgnette qui lui ouvrit les pages du Canard enchaîné. Après une absence de six ans, Romain Dutreix revient en librairie avec une autofiction : « Mamie n’a plus toute sa tête », chez Dargaud.
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