Pour de nombreux lecteurs français, Paolo Eleuteri Serpieri est le créateur de la pulpeuse Druuna : l’une des plus célèbres « filles de papier » de la bande dessinée pour adultes. Bien avant, pour les lecteurs transalpins, Serpieri était déjà un immense dessinateur, spécialisé dans l’histoire de l’Ouestaméricain. Si une bonne partie d’entre eux avaient notamment été déjà traduits en langue française aux éditions Mosquito,pratiquement tous ces récits sont aujourd’hui réunis dans deux beaux et gros albums édités en France par Glénat, en collaboration avec la structure italienne Lo Scarabeo.
Lire la suite...BD de la semaine

« XIII Trilogy » : un nouveau cycle dans l’univers de la série culte !
Si vous avez été conquis par « XIII Mystery » — qui revenait sur les moments importants du passé de 13 personnages phares de la célèbre série de Jean Van Hamme et William Vance —, vous le serez tout autant par « XIII Trilogy », qui ambitionne de proposer des cycles de trois albums au lieu d’un seul, lesquels,eux aussi, reviendront sur le passé de ces mêmes protagonistes. Une opération que certains considéreront comme commerciale, mais la qualité du premier album publié fait vite oublier son côté mercantile. Ne boudons pas notre plaisir !
Lire la suite...
Les belles images de François Schuiten…
Le dessinateur François Schuiten (1), coauteur avec Benoît Peeters de la célèbre série « Les Cités obscures », avait déclaré, en juin 2019, que l’album « Blake et Mortimer — Le Dernier Pharaon » — qu’il venait de réaliser avec Laurent Durieux, Thomas Gunzig et Jaco Van Dormael — serait son ultime bande dessinée. Or, en cette dense rentrée littéraire pour le 9e art, paraissent deux beaux livres signés par ce maître belge, grand prix du salon d’Angoulême en 2002. D’abord un petit recueil aussi pudique que personnel consacré à Jim, le chien qui l’accompagnait en tous lieux, puis un conséquent « Retour du capitaine Nemo » concluant son œuvre maîtresse : « des bandes dessinées qui ne sont pas des bandes dessinées », comme les qualifie lui-même leur facétieux auteur, en clin d’œil à son compatriote Magritte…
Lire la suite...
Corto Maltese version Bastien Vivès : et de deux !
Dans l’attente de décisions judiciaires à la suite d’une polémique complexe et d’une enquête en cours (l’exposition qui devait lui être dédiée au salon d’Angoulême ayant été annulée), Bastien Vivès s’est réfugié dans le travail. Il réplique de belle manière à l’adversité avec la publication du second épisode des aventures de « son » Corto Maltese — contemporain —, qu’Hugo Pratt aurait certainement apprécié. Après le prometteur et osé « Océan noir » — qui avait conduit le marin maltais modernisé de Tokyo à l’Équateur —, le Corto Maltese réinventé par Bastien Vivès et Martin Quenehen (pour le scénario) est de retour !
Lire la suite...
« La Callas et Pasolini », une amitié amoureuse vraisemblable !
En 1969, après le tournage de « Médée » — un film improbable et inégal —, Maria Callas, qui en est l’actrice principale, et le réalisateur Pier Paolo Pasolini vivent quelques moments ensemble ; lesquels sont dus à l’imagination du scénariste Jean Dufaux, qu’on ne présente plus… Un bel album, touchant, réalisé par un auteur expérimenté et cinéphile et une jeune dessinatrice — Sara Briotti —, évidemment italienne !
Lire la suite...
Jordi Lafebre nous enchante avec une BD entre comédie et polar catalan !
Après ses remarquables albums avec le scénariste Zidrou — dont l’émouvant « Lydie » — ou le très beau et poétique « Malgré tout » (1), le Barcelonais Jordi Lafebre nous embarque dans un lumineux thriller féminin, au ton résolument moderne : aussi tendre que loufoque. Cette énigme ébouriffante autour d’une histoire de famille fortunée et d’héritage, qui alterne avec brio — et beaucoup d’humour — différentes temporalités, est menée tambour battant par une héroïne très charismatique : une jeune et brillante psychiatre qui vient de se faire retirer sa licence…
Lire la suite...
« Passer à l’Ouest », l’autre Finistère de Julien Solé !
2016 fut une année importante pour la ville de Brest : elle a vu la naissance de la revue de bande dessinée Casier[s] et l’arrivée de la famille de Julien Solé dans cette ville du Finistère ! Habitué des aventures intergalactiques et d’un rock’n’roll d’outre-tombe, Julien Solé nous raconte cette installation brestoise dans « Passer à l’Ouest » publié chez Locus Solus.
Lire la suite...
Alfred clôt en beauté sa trilogie italienne avec « Maltempo » !
Après « Come Prima » (2013) et « Senso » (2019), également publiés dans la toujours intéressante collection Mirages des éditions Delcourt, Lionel Papagalli — qui signe Alfred ses productions en bande dessinée (1) — termine avec tendresse, émotion et humour, ce qu’il appelle son « Italie affective » : sensible œuvre personnelle aux accents nostalgiques, composée de trois one shot qui peuvent se lire indépendamment les uns des autres, et dont le dernier sorti aborde habilement les tourments actuels (la montée de l’extrémisme, le chômage, les filets tendus par la mafia, les migrants…) de cette péninsule méditerranéenne en déshérence, où l’auteur a passé son enfance…
Lire la suite...
Tome 40 de « Jeremiah » : la fin ?
Abandonné en mauvaise posture dans l’album précédent, Jeremiah brille par son absence tout au long des 42 pages de ce quarantième épisode. À 85 ans, Hermann poursuit les aventures de son personnage fétiche : celui à travers lequel il règle ses comptes avec notre société moderne, qu’il juge sévèrement. Bien qu’il ne soit pas conseillé de découvrir la série avec cet ouvrage, il demeure indispensable à tous ceux qui suivent, depuis de longues années, le duo Jeremiah/Kurdy.
Lire la suite...
Sixième opus des « Aigles de Rome » : conquérir Roma !
C’est après avoir réalisé le très beau diptyque « Noir burlesque » en 2021 et 2022 (chez Dargaud), qu’Enrico Marini renoue avec son péplum haut de gamme : « Les Aigles de Rome ». Les amateurs du genre seront éblouis par ses décors soignés, ses personnages au réalisme saisissant ou sa vision originale de la Rome antique : à 100 lieues du classique « Alix ». De combats épiques en sombres complots, Marini fait preuve d’un dynamisme époustouflant avec ce grand film en cinémascope qui cloue le lecteur dans son fauteuil.
Lire la suite...
« Golden West » : Christian Rossi seul en selle pour célébrer le peuple de Geronimo…
Cela faisait bien longtemps que Christian Rossi, maître de la bande dessinée réaliste qui a forgé ses premières armes auprès de Jijé (« Jerry Spring ») et de Jean Giraud (« Blueberry), n’avait pas signé à la fois textes et dessins d’une bande dessinée. (1) L’histoire dramatique des Indiens, peuple opprimé qu’il a toujours défendu, à travers les aventures de Woan (l’un des jeunes frères d’armes de Geronimo) s’impose tout de suite à lui, lorsque sa directrice de collection chez Casterman lui lance qu’il est temps qu’il arrête de se cacher derrière des scénaristes et qu’il se lance dans un album en solo. Le résultat, somptueux, est aujourd’hui sous nos yeux : 168 pages — en grand format et tout en couleurs — pour une quête initiatique, entre mysticisme et trivialité, qui fait écho au propre parcours de l’auteur…
Lire la suite...