En 2009, déjà chez Futuropolis, David Prudhomme s’intéressait aux musiciens grecs avec « Rébétiko : la mauvaise herbe » : un album où l’on suivait une journée de la vie d’un artiste des années 1930. Des cafés enfumés de haschich aux terrasses où l’on se laisse assommer par l’alcool, les musiciens, les « rébètes », attendent la nuit où ils jouent le rébétiko, cette musique populaire contestataire évoquant la déchirure de l’exil, la dureté sociale et les amours amères…
Lire la suite...COMIC BOOK HEBDO n°90 (26/09/2009)

Cette semaine : VENGEURS, RASSEMBLEMENT !
AVENGERS : L’INTÉGRALE 1967 (Panini Comics, L’Intégrale).
Les Vengeurs sont dans l’air du temps, y a pas à dire… Pour preuve les tergiversations complexes concernant leur adaptation au cinéma, leur reprise par Bendis et les différentes factions de cette équipe qui ont émergé des contextes House of M et Civil War (Nouveaux Vengeurs, Puissants Vengeurs, Vengeurs Secrets, Vengeurs à la plage, Vengeurs à la ferme, etc…). Et donc, voici un tout nouveau volume de l’intégrale des Vengeurs, dans un suivi éditorial assez soutenu. Nous en sommes à l’année 1967 qui est tout sauf anodine puisqu’elle marque l’arrivée sur le titre de l’immense John Buscema, succédant à un Don Heck que d’aucuns peuvent trouver trop rigide et approximatif à la fois dans le trait. D’emblée, Buscema apporte un souffle graphique, une certaine puissance dans la souplesse, un bon sens du contraste faisant de sa participation un vrai moment charnière pour notre super-équipe. Cerise sur le gâteau, il débarque sur le titre en juin 1967 avec l’épisode 41 où apparaît le fameux et si compassionnel Homme Dragon. Roy Thomas, nouveau scénariste des Vengeurs, continue à faire ses preuves dans des histoires parfois décalées, dans des registres complémentaires où l’humour et la psychologie ne sont pas absents. Cette une période importante dans l’évolution du concept de l’équipe ; elle trouve ses points forts et s’établit dans une durée évolutive tout autant que solide. Elle entre dans son âge adulte, en adéquation avec son époque changeante, et Roy Thomas l’empêche de s’embourber dans une image trop figée dans le temps, constituée d’anciens combattants autistes et de demi-dieux bloqués dans leur mythologie (l’arrivée d’Hercule, avec tout ce que cela implique pour lui, est sur ce point symptomatique). Au fil des pages de cet album, vous tremblerez sous la menace infâme des Ultroïdes, vous frémirez devant l’ancien costume de la Veuve Noire – aussi sexy que suranné –, vous aurez des scrupules à être ensorcelés par les charmes vénéneux de l’Enchanteresse, et puis il y aura la fougue de Namor, les états d’âme d’?il-de-Faucon, les plans machiavéliques du Garde, de Swordman, du Mandarin, de Magneto… Bref, un programme bien chargé pour nos héros, et c’est tant mieux pour nous, fans du Silver Age, qui redécouvront ces épisodes avec intérêt et passion…
Cecil McKINLEY