Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...L’Exposition sur L’Aigle sans orteils de Lax à Blois : une réalisation de grand niveau
Davantage que les autres années encore, l’exposition qui est consacrée, jusqu’au 10 novembre, dans la bibliothèque municipale de Blois (Abbé Grégoire) au lauréat du prix de la bande dessinée historique (décerné l’an dernier à Lax pour son bel album narrant les aventures sportives d’Amédé Fariot au début du XXe siècle), est apparue à tous comme une incontestable réussite.
Cliquez sur l’appareil photo pour découvrir quelques images de l’exposition, ainsi que la couverture de l’album de Lax
C’est sous la direction modeste mais efficace de Sylvain Gache, bien secondé par quelques uns de ses élèves et toujours soutenu par l’association Bdboum (organisatrice du Festival de la bd de Blois, autre réussite majeure du genre), qu’ont ainsi été mises en scène les planches originales fournies par Lax.
Trois axes ont structuré ce superbe réalisation, animée par le souci constant de placer le travail de l’auteur en perspective avec l’époque de l’avant guerre :
- montrer les réalités sportive du cyclisme, évoqué dans ses origines à travers les progrès techniques successifs (plusieurs ancêtres de la bicyclette sont judicieusement exposés) et la lente affirmation des la course par étapes ;
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- présenter l’arrière plan historique de la Belle époque et des années de guerre (avec d’intéressantes affiches de mobilisation) ;
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- enfin, raconter l’édification de l’Observatoire du Pic du Midi, élément majeur dans le récit de Lax, qui se trouve magnifiquement évoqué à travers une maquette de la coupole Baillot .
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Le tout, judicieusement placé de façon à mettre en valeur les planches de Lax sans les étouffer.
Car le but de l’exposition reste bien d’éclairer la création d’un album qui a occupé son auteur pendant trois ans à réaliser, des premières recherches documentaires jusqu’à la publication définitive. La vue des planches originales donne l’occasion de retrouver toute la maîtrise de Lax, ténor incontesté de la mise en page (et de la mise en cases aux cadrages magnifiques). Occasion également de bien prendre conscience d’une technique particulière, que Lax pense être l’un des rares -sinon le seul- à pratiquer, et qui consiste à photocopier le dessin original sur du papier couleur : la planche exprime ainsi une ambiance particulière, où les dominante chromatiques et les effets de lumière se complètent en une unité de ton habilement obtenue.
Au final, une bien belle réalisation muséologique pour une vraie réussite de la bd contemporaine.
Reportage Joël Dubos






