Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Papa ne sait pas » par Cécile, Alain Dary et Bastien Griot
L’illettrisme concerne deux millions et demi de Français. Il s’agit de personnes qui ont été scolarisées, mais qui ne maîtrisent pas les compétences de base de la lecture et de l’écriture. Cette situation occasionne beaucoup de souffrances dans le monde du travail, mais aussi en famille. Cette bande dessinée sensibilise les plus jeunes à ce phénomène qui n’est pas inéluctable, avec beaucoup de tact.
La famille de la petite Capucine vit dans un pavillon d’une ville de province. La maman est à la maternité, car elle vient d’accoucher d’un petit Siméon ; c’est donc au papa, Benoît, de s’occuper pendant quelques jours de sa fille. Il l’emmène ainsi, le matin, à l’école primaire.
Pour la première fois de sa vie, Capucine s’aperçoit que son papa semble perdu quand il s’agit de trouver le bon paquet de céréales ou de s’orienter avec les panneaux sur le chemin de l’école. Et quand son amie Lola lui parle de toutes les belles histoires que ses parents lui racontent, elle se rend compte que son père ne sait pas lire.
Au lieu de les éloigner, cette découverte rapproche la fille et son père. Capucine décide de lui lire des histoires tous les soirs. Benoît, de son côté, contacte son ancienne institutrice, en qui il a entière confiance, pour entrer dans une association qui aide à réapprendre à lire.
Ce livre original, moitié bande dessinée, moitié album illustré, peut se lire tête-bêche. Les points de vue du père et de la fille se croisent ainsi au milieu de l’album, autour d’un poème : « Les Mots sont comme des fleurs ».

Le dessin rond, volontairement naïf de Cécile est au service de deux scénaristes pédagogues : l’animateur culturel Bastien Griot et le professeur des écoles Alain Dary. Tous deux travaillent pour l’association bd BOUM qui organise le festival BD de Blois. Chaque année, cette association lance un projet sur une problématique sociale.
L’illettrisme est encore un tabou en France. Ce phénomène touche pourtant 7 % de la population. Les auteurs abordent ce sujet sensible avec une grande humanité. Les enseignants intéressés trouveront sur le site de bd BOUM des applications pédagogiques pour la classe, à partir de séquences de la bande dessinée.
En plus d’être une excellente bande dessinée, sensible et émouvante, « Papa ne sait pas » porte des thématiques riches pour un jeune lectorat, comme l’appropriation du livre pour aider les parents en difficultés de lecture. La BD peut, dès lors, devenir un véritable objet de médiation entre l’enfant et les parents. L’œuvre se termine in fine sur un message d’espoir, il faut parler de l’illettrisme, car il existe des solutions pour s’en sortir, en famille ou avec une aide extérieure.
Laurent LESSOUS (L@BD)
« Papa ne sait pas » par Cécile, Alain Dary et Bastien Griot
Éditions Glénat et bd BOUM (12 €) – ISBN : 978-2-344-00305-3


















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