En 2009, déjà chez Futuropolis, David Prudhomme s’intéressait aux musiciens grecs avec « Rébétiko : la mauvaise herbe » : un album où l’on suivait une journée de la vie d’un artiste des années 1930. Des cafés enfumés de haschich aux terrasses où l’on se laisse assommer par l’alcool, les musiciens, les « rébètes », attendent la nuit où ils jouent le rébétiko, cette musique populaire contestataire évoquant la déchirure de l’exil, la dureté sociale et les amours amères…
Lire la suite...« Gauguin » par Li-An

C’est un mystère pour personne, Gauguin s’est installé un jour à Tahiti et y a définitivement régénéré ses capacités picturales. Ce qu’on sait moins, en revanche, c’est comment il a vécu dans ces îles dites paradisiaques?
Li-An, dessinateur avec Appollo, de » Fantômes Blancs » (deux tomes chez Vents d’Ouest, (cf. notice L@BD) a non seulement eu envie de le savoir mais aussi de le raconter quitte à imaginer ce qu’il a pu y vivre. Loin donc de tout esprit biographique, l’auteur nous invite à découvrir un peintre de Pont Aven en grande partie réinventé, dans ses rencontres féminines, ses difficultés d’intégration, ses bonheurs artistiques ou ses désirs mythologiques. » Le Gauguin de cette histoire « , précise en effet l’auteur en postface, » est un mélange de ce que j’ai découvert de lui avec ce que j’avais envie de raconter « , un peu comme l’a fait Somerset Maugham en faisant de Gauguin / Strickland le héros de son roman » L’Envoûte » (ed. 10/18). Li-An va jusqu’à des empoignades sanglantes contre des trafiquants d’armes. À l’évidence, Gauguin n’est pas un Rimbaud négociant – à propos duquel, soit dit en passant, il faut impérativement lire l’album » Le Chapeau de Rimbaud » (cf. notice L@BD)- .
Le récit contracté entre deux parenthèses parisiennes, exhibe un Gauguin fier – mais ruiné ! – de quitter la métropole, en 1891, pour Tahiti et ses couleurs, couleurs qu’on a quand bien du mal à retrouver dans les aplats globalement un peu ternes de l’album. Cela dit, le dessin n’avait pas à singer la peinture et le trait sec, quelquefois ténu, de Li-An constitue une vision indiscutablement personnelle de ce séjour sans intrigues, si ce n’est amoureuses !
On ne manquera pas, à propos de Gauguin, de rappeler le très joli » Paysage au chien rouge » (cf. notice L@BD) de Bruno Le Floc’h. Les peintres ont d’ailleurs la cote actuellement en BD puisqu’il faut rappeler le récent » Matisse manga » (cf. notice L@BD).
Bons voyages,
Didier QUELLA-GUYOT (L@BD)
» Gauguin » par Li-An
Éditions Vents d’Ouest (15 €)