Les vacances sont à l’origine d’œuvres passées à la postérité en littérature : celles de Marcel Pagnol en Provence ou de Harper Lee, cette fois-ci en Alabama, mais aussi au cinéma dans la colonie de « Nos jours heureux » ou encore en « Juillet-août » et dans « Un petit truc en plus ». La bande dessinée a, elle aussi, puisé dans cette thématique et nous nous retrouvions, entre autres, pour « Les Beaux Étés » ou avec « Du sable dans le maillot ». Un nouvel album édité par Fluide glacial nous invite cette fois pour « Les Vacances chez Pépé-Mémé », en compagnie de Guillaume Bouzard.
Lire la suite...« Notre mère la guerre » T2 par Maël et Kris

Après une première complainte très réussie, Maël et Kris récidivent, avec autant de brio ; en nous proposant la deuxième partie de cette double intrigue policière, située pendant la première guerre mondiale, où un idéaliste lieutenant catholique va se confronter à l’horreur quotidienne vécue par les poilus.
Sur son lit de mort, Roland Vialatte confie à son médecin les circonstances qui l’ont amené à enquêter sur les meurtres de trois femmes que l’on avait retrouvées sur les lieux de ces combats où pleuvaient les obus… Sur la quinzaine de suspects, six sont des repris de justice, mineurs de surcroît, qui ont survécu à la dernière attaque et qui sont protégés, efficacement, par un viril caporal socialiste et antimilitariste, lequel s’oppose frontalement à ce gendarme « planqué », habitué, jusqu’alors, à rester bien à l’arrière du front.
Non seulement le propos de l’histoire ne peut qu’attirer notre sympathie mais il nous captive de bout en bout, ceci grâce au découpage bien structuré et aux dialogues colorés que l’on doit au scénariste d’« Un homme est mort » et de « Coupures irlandaises » (deux autres beaux livres aussi humanistes et engagés, parus également chez Futuropolis). Enfin, le trait chargé d’émotion du prolifique dessinateur Maël finit de nous convaincre et de nous enthousiasmer : ce dernier ayant peaufiné son trait anguleux en le rehaussant de somptueuses couleurs qui collent parfaitement à l’ambiance de ce terrible réquisitoire contre les luttes armées !
Même si le thème de la Première Guerre mondiale commence à être un peu rebattu en bande dessinée, cette « Notre mère la guerre » n’a absolument pas à rougir devant les travaux référentiels réalisés sur ce même thème par d’illustres prédécesseurs : que ce soit par Tardi, Pratt, Comès ou Gibrat !
Gilles RATIER
? Notre mère la guerre ? T2 (« Deuxième complainte ») par Maël et Kris
Éditions Futuropolis (16 Euro)