Les vacances sont à l’origine d’œuvres passées à la postérité en littérature : celles de Marcel Pagnol en Provence ou de Harper Lee, cette fois-ci en Alabama, mais aussi au cinéma dans la colonie de « Nos jours heureux » ou encore en « Juillet-août » et dans « Un petit truc en plus ». La bande dessinée a, elle aussi, puisé dans cette thématique et nous nous retrouvions, entre autres, pour « Les Beaux Étés » ou avec « Du sable dans le maillot ». Un nouvel album édité par Fluide glacial nous invite cette fois pour « Les Vacances chez Pépé-Mémé », en compagnie de Guillaume Bouzard.
Lire la suite...Rencontre avec François Boucq, à propos de « Jérôme Moucherot »

François Boucq enchaîne les parutions en cette fin d’année 2012. Alors que le nouveau et très attendu « Bouncer » est sorti fin novembre, les éditions Le Lombard ont entrepris la réédition de l’ensemble des « Aventures de Jérôme Moucherot », complétée par la publication (treize ans après la parution du dernier tome) d’un nouvel opus inédit. Son titre est, d’ailleurs, totalement représentatif de l’esprit de cette délirante série nonsensique : « Le Manifeste du mâle dominant » !
« Au départ, je voulais juste faire un album classique de 46 planches pour expliquer mon personnage et son univers aux nouveaux lecteurs, en accompagnement de la réédition des précédents tomes, nous indique le dessinateur du « Janitor ». Mais je n’arrivais plus à m’arrêter. Je me disais : « il faut aussi dire ceci, cela, comment Moucherot a trouvé sa femme, etc … ». Bref, de 46 planches, c’est passé à 86 ! Et j’aurais pu encore ajouter au moins une vingtaine de pages, mais il fallait que je m’arrête. Ça devenait pantagruélique ! D’ailleurs, alors que ce n’était pas prévu, j’ai déjà en partie élaboré l’aventure suivante. »
Résumer Jérôme Moucherot et ses aventures relève d’une mission impossible que nous ne relèverons pas. Tout au moins faut-il savoir que cet antihéros – assureur de métier, mâle dominant de la jungle humaine et urbaine, habillé d’un costume-léopard qu’il a domestiqué lui-même -, « évolue dans un monde où des choses farfelues peuvent se produire. En même temps, il existe une véritable cohérence qui permet à cet univers d’exister. C’est un jeu permanent entre la logique et l’absence de logique », annonce François Boucq. Dans ce nouvel album, l’auteur introduit, par exemple, un explorateur narrateur, spécialiste érudit de la jungle « boucquienne » et de son écosystème, à commencer notamment par le grand fauve, mâle dominant, qu’est Jérôme Moucherot : « Cette mise à distance liée à la présence d’un ton docte crée un rebond dans le processus humoristique, explique François Boucq, et donne du crédit au récit par la qualité même du narrateur. On a ainsi l’impression que tout ceci existe vraiment. » Oui, sauf que l’érudit en question, bien qu’habillé en tenue d’explorateur, se promène…, à vélo !
Ainsi va l’univers joyeusement délirant de Jérôme Moucherot : « C’est le personnage idéal pour aller au bout de toutes mes idées farfelues et « déconner » à plein tube. Tout l’espace réservé à ce personnage est bien plus vaste que la quotidienneté. Il me permet d’explorer de nombreuses possibilités graphiques et me met à l’épreuve quant à la formalisation de mon imaginaire » conclut l’Ancien Grand Prix de la ville d’Angoulême.
Laurent TURPIN
« Les Aventures de Jérôme Moucherot » T5 (« Le Manifeste du mâle dominant ») par François Boucq
Éditions Le Lombard (14,45€) – ISBN : 978-2-8036-3085-1