Les vacances sont à l’origine d’œuvres passées à la postérité en littérature : celles de Marcel Pagnol en Provence ou de Harper Lee, cette fois-ci en Alabama, mais aussi au cinéma dans la colonie de « Nos jours heureux » ou encore en « Juillet-août » et dans « Un petit truc en plus ». La bande dessinée a, elle aussi, puisé dans cette thématique et nous nous retrouvions, entre autres, pour « Les Beaux Étés » ou avec « Du sable dans le maillot ». Un nouvel album édité par Fluide glacial nous invite cette fois pour « Les Vacances chez Pépé-Mémé », en compagnie de Guillaume Bouzard.
Lire la suite...« Les Enfants d’Evernight » T1

1899. La jeune Camille vit seule avec son père dans leur grande maison de Londres. Cet homme est distant et renfermé depuis la mort de sa femme et une gouvernante s’occupe de Camille.
La jeune fille se sent incomprise et n’accepte pas la décision de son père : l’envoyer vivre dans un pensionnat, où elle pourra vivre avec d’autres enfants, se sociabiliser. Mais Camille ne veut pas être raisonnable et, lorsqu’elle se couche, la veille de son départ, elle souhaite ne jamais se réveiller.
Son souhait semble être exaucé car Camille fait un rêve étrange, où elle évolue dans un univers marin étonnant. Elle croise un poisson aussi étonné qu’elle, admire une baleine majestueuse, se fait rabrouer par un lapin blanc très pressé. Elle rencontre un adolescent, Maximilien, qui lui explique qu’elle est arrivée à Evernight, de l’autre côté de la nuit. Il semble qu’Evernight, et sa ville, Riorim, soient régis par des règles très strictes établies par le Maître du Temps. Camille, abasourdie par ce qu’elle découvre, par l’étrangeté des personnages rencontrés, n’est pas la bienvenue dans ce monde. Pourtant, elle s’y accroche car l’aventure magique ne fait que commencer.
Le lecteur se retrouve très vite plongé dans ce monde étrange qu’est Evernight, et éprouve sans doute les mêmes sentiments, se pose les mêmes questions, que l’héroïne, jeune humaine égarée. On pense, bien sûr, à l’univers déroutant de Lewis Carroll. Alors, il faut un peu de temps pour s’acclimater, pour comprendre qui sont les différents personnages rencontrés et saisir leurs motivations. Une fois passé ce premier cap, on se laisse porter par le rythme soutenu du récit et par le travail du dessinateur. Il installe des décors enchanteurs, colorés, exotiques, compensant l’aspect un peu trop lisse des images par une imagination féconde.
Un album d’exposition intéressant, pour cette série de fantasy composée de quatre volumes au total.
Catherine GENTILE
« Les Enfants d’Evernight » T1 (« De l’autre côté de la nuit ») par Andoryss et Marc Yang
Éditions Delcourt jeunesse (10,50 euros)