Vivant depuis 25 ans avec Tanie — qui est aveugle d’un œil et qui, en conséquence, doit se démener tous les jours pour s’adapter de son mieux aux charges du quotidien —, le dessinateur et scénariste Marc Cuadrado a repris ses crayons pour nous expliquer comment sa courageuse femme fait face à sa déficience visuelle. Pour l’occasion, cet adepte du style gros nez — « Norma » chez Casterman et « Parker & Badger » chez Dupuis ou « Je veux une Harley » pour Frank Margerin chez Fluide glacial et Dargaud (1) — renoue avec la discipline graphique qu’il avait abandonnée depuis une dizaine d’années : passant à autre trait, plus semi-réaliste, où sa plume se fait alors tendre et émouvante… même s’il insuffle toujours sa lumineuse touche d’humour personnelle !
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Le début : Bonheur-Park, c’est une île merveilleuse où tout le monde est gentil, où l’eau fait invariablement 26°, où la doucette, breuvage généreusement distribué, fait oublier à chacun son stress et ses malheurs. Les « temps radieux » sont en …
Le début : Bonheur-Park, c’est une île merveilleuse où tout le monde est gentil, où l’eau fait invariablement 26°, où la doucette, breuvage généreusement distribué, fait oublier à chacun son stress et ses malheurs. Les « temps radieux » sont en route, avec bonheur obligatoire, programmé par « les plus hautes autorités » et rendu possible par les travaux de Pior Chomsky, créateur des anges gardiens ? « réalités virtuelles » chargées de veiller au bon fonctionnement de ce bonheur. Par ailleurs, le groupe politico-esthétique « Lénine Dada » fait dans le terrorisme sanglant. Et puis les « temps radieux » ne vont pas sans quelques bavures, et Pior Chomsky n’aime pas ce qu’on a fait de ses anges…
Notre avis : Les lecteurs se demandaient s’ils auraient la chance de découvrir un jour la fin de cette passionnante trilogie de politique fiction signée du scénariste Rodolphe et du dessinateur Alain Bignon, et qui, au moment de son décès prématuré, en octobre 2003, avait terminé 40 des 48 planches de l’album. Le désir de Rodolphe et des éditions Dargaud, associé à la solidarité d’une dizaine de dessinateurs, ont permis au projet d’aboutir à ce troisième et ultime volume qui démontre la virtuosité et la rigueur graphique dont avait su faire preuve Alain Bignon dans la réalisation de ce thriller futuriste, qui vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière planche. LT