Les vacances sont à l’origine d’œuvres passées à la postérité en littérature : celles de Marcel Pagnol en Provence ou de Harper Lee, cette fois-ci en Alabama, mais aussi au cinéma dans la colonie de « Nos jours heureux » ou encore en « Juillet-août » et dans « Un petit truc en plus ». La bande dessinée a, elle aussi, puisé dans cette thématique et nous nous retrouvions, entre autres, pour « Les Beaux Étés » ou avec « Du sable dans le maillot ». Un nouvel album édité par Fluide glacial nous invite cette fois pour « Les Vacances chez Pépé-Mémé », en compagnie de Guillaume Bouzard.
Lire la suite...« Slowburn » : Deux géants pour une mini BD féline et coquine…

Marcel Gotlib a toujours considéré André Franquin comme son maître. Quoi de plus logique, alors, que de lui proposer de collaborer au magazine qu’il vient de lancer : Fluide Glacial. En ce milieu des années 70 Franquin déprime après un second infarctus et propose quelques maigres dessins au journal, avant d’y publier ses « Idées noires ». « Slowburn » est sans doute le plus bel exemple de la collaboration entre ces deux géants de la BD.
Fluide Glacial vient tout juste de passer mensuel lorsque paraît en février 1977 son numéro 9 dont la couverture est signée par Loup. Aux côtés de « La Gazette de Frémion », d’Alexis qui anime « Superdupont », de Léandri, Kurtzman, Goossens, Solé, Volny, Pétilon, Hausman… Franquin occupe les dernières pages du journal avec « Slowburn », une fantaisie en trois planches et soixante dessins dont le scénario est signé Gotlib.
Ce qu’ignorent alors les lecteurs de l’époque c’est que le père de « Gaston Lagaffe » a livré seulement 16 dessins en deux mini planches que Gotlib a démultiplié en 60 cases. Le résultat de cette étrange complicité est épatant et rien ne permet de supposer les bidouillage du rédacteur en chef de Fluide Glacial. A noter que le génial Loup a réalisé une planche complémentaire à la manière de Franquin et de son goût immodéré pour les monstres. Grand amoureux des chats, Gotlib le savait, Franquin s’est beaucoup amusé à mettre en image cette joyeuse copulation entre deux félins.
Deux petits albums pirates ont été concoctés au début des années 80 à partir de ce matériel, le premier en 1982 à 100 exemplaires de format 10 x 10,5 cm par Collectoropolis, réédité encore plus petit, de format 4,5 x 3,5. Le second en 1987 aux éditions J. Lafitte sous le titre « Idées roses ».
Enfin, les éditions Comixland ont présenté une troisième édition de format 15 x 15,5 en 1987, rééditée en bichromie deux ans plus tard. Ces ouvrages ne proposaient que des sélections de dessins, parfois accompagnés d’une mise en couleurs qui dénaturait le travail en noir et blanc de Franquin.
L’album tout à fait officiel que présente aujourd’hui les éditions Fluide Glacial reprend l’ensemble des 60 dessins publiés par le magazine, puis, image après image, les vingt dessins originaux de Franquin accompagnés d’un texte explicatif. En fin d’ouvrage, Gérard Viry-Babel, le « Monsieur archive » de l’éditeur, invite le lecteur dans les coulisses de « Slowburn ». Un texte pertinent agréablement illustré.
L’album qui compte 56 pages de format 15,5 x 16 cm ne manque pas de classe avec son dos toilé et sa couverture noire. Si l’ouvrage est petit, le prix est modeste et se doit de figurer dans toutes les bédéthèques où figurent les albums du grand Franquin.
Henri Filippini
« Slowburn » par André Franquin et Marcel Gotlib
Éditions Fluide Glacial (8,90 €) – ISBN : 9 782378781552