Vivant depuis 25 ans avec Tanie — qui est aveugle d’un œil et qui, en conséquence, doit se démener tous les jours pour s’adapter de son mieux aux charges du quotidien —, le dessinateur et scénariste Marc Cuadrado a repris ses crayons pour nous expliquer comment sa courageuse femme fait face à sa déficience visuelle. Pour l’occasion, cet adepte du style gros nez — « Norma » chez Casterman et « Parker & Badger » chez Dupuis ou « Je veux une Harley » pour Frank Margerin chez Fluide glacial et Dargaud (1) — renoue avec la discipline graphique qu’il avait abandonnée depuis une dizaine d’années : passant à autre trait, plus semi-réaliste, où sa plume se fait alors tendre et émouvante… même s’il insuffle toujours sa lumineuse touche d’humour personnelle !
Lire la suite...La BD d’humour a-t-elle sa place dans les salles de cours ? Pour le savoir, inscrivez-vous au prochain séminaire PREAC, en ouverture du festival d’Angoulême

Amis enseignants, dépêchez-vous, il ne reste que quelques places pour pouvoir assister au séminaire consacré à la bande dessinée qui ouvre traditionnellement les débats du FIBD d’Angoulême. Du 21 au 24 janvier prochain, le séminaire PREAC (Pôle de Ressources en Éducation Artistique et Culturelle) propose quatre jours de formation aux enseignants et médiateurs culturels, de toutes les académies, autour de la bande dessinée et de ses applications pédagogiques. Le thème de cette année est « Sourire, rire et apprendre en bande dessinée ».
Depuis 2002, – d’abord organisé par Didier Quella-Guyot puis par Laurent Lessous -, le séminaire PREAC bande dessinée propose d’explorer le potentiel pédagogique du 9e art pris dans toute sa diversité. Cette année, les intervenants du stage s’interrogeront sur la place de la bande dessinée d’humour dans les apprentissages. Le séminaire PREAC est un moment de rencontre et de débats, pour les enseignants de toutes disciplines, les bibliothécaires et les médiateurs culturels. Il permet de questionner tous les genres qui peuvent être abordés en classe ; des plus populaires, thriller, humour ou science-fiction, à ceux proposant une réflexion des plus poussées à leurs lecteurs ; BD historiques, de reportage ou à visée citoyenne.
Avec les albums d’aventures, l’humour a été pendant longtemps un des piliers de l’édition BD.Les organisateurs du séminaire ont donc décidé qu’il était temps de s’interroger sur certaines pratiques pédagogiques innovantes qui utilisent l’art séquentiel à vocation humoristique
- Comment apprendre de manière ludique à partir de bandes dessinées,
- Comment (ré)utiliser le vaste fond de bandes dessinées patrimoniales d’humour ; d’Astérix au Schtroumpf,
- Comment appréhender l’humour contemporain en bande dessinée sous tous ces aspects ; de la critique sociale ironique au blog d’autofiction et au montages savants et distanciés de l’OuBaPo ( Ouvroir de bande dessinée potentielle).
De quoi intéresser un vaste public aussi bien celui de la sphère scolaire que celui des médiateurs culturels au sens large. La DRAC, la CIBDI, le réseau Canopé présenteront durant le séminaire différents dispositifs qui pourront aider les stagiaires dans la construction de leurs projets personnels à partir du vaste patrimoine de la bande dessinée d’humour.

Fabrice Erre
De nombreux spécialistes interviendront lors du séminaire. Dès le premier jour Christian Marmonnier présente « Le fonctionnement d’un récit schtroumpf ordinaire, avec la création d’un désordre, l’accomplissement du récit, puis la morale et le retour à la normale » avant que Nicolas Rouvière, spécialiste de « Astérix » évoque « Le Rire gaulois » et Thierry Groensteen « Gotlib ; quelques ressorts de la folie gotlibienne, notamment en tant qu’elle s’incarne graphiquement par un travail sur le corps, la pantomime, l’hyperexpressivité. »

Autoportrait de Bouzard
Le programme s’annonce tout aussi copieux les jours suivants avec des interventions d’Alain Demarco et Agnès Deyzieux, mais aussi des tables rondes avec plusieurs auteurs, parmi eux Fabrice Erre, Guillaume Bouzard, Marion Montaigne, Lisa Mandel (sous réserve) ou Etienne Lécroart qui viendra présenter le potentiel didactique de l’OuBaPo.
Laurence Bordenave, elle, pour le Collectif Stimuli s’attachera à démontrer que l’on peut faire des sciences en s’amusant avec la bande dessinée.
L’édition 2019 du séminaire national du PREAC BD est le fruit d’un partenariat entre l’Éducation nationale, l’atelier Canopé 16, avec deux institutions incontournables de la ville d’Angoulême : le FIBD – Festival international de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême – et la CIBDI – Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.
Attention cette année le nombre d’inscriptions sera limité.
Pour s’inscrire, rendez-vous sur ce site , le programme est ici.
Laurent LESSOUS (L@bd)
Très bonne chronique. J’aime énormément votre blog et vous lire.
Merci pour ces moments de partage.