L’Art de …

« Les Innommables » par Yann et Conrad : la naissance d’une aventure sans vergogne…

Avec un titre pareil, « Les Innommables » de Yann et Conrad ne pouvaient pas faire les choses comme tout le monde. Apparue dans Spirou en 1980, l’iconoclaste série va en effet manier l’humour noir et le non-politiquement correct comme jamais auparavant. Censurée, remaniée, rééditée par Temps Futurs, Bédéscope/Glénat, puis Dargaud, ses albums chronologiquement réordonnés, additionnés ou non de gadgets et de fins alternatives, la série aux planches savonnées aura fini par perdre une bonne partie de son public ; que ce soit dans la jungle humide de Bornéo, au coin d’une ruelle mal famée de Hong Kong ou à cause d’un bon mot — de trop — lancé par ses irrévérencieux auteurs… Retour aujourd’hui sur la genèse de ces aventures qui en ont vu de toutes les couleurs mais qui n’ont jamais jauni !

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Quand Loisel et Le Tendre se lèvent : « La Quête de l’oiseau du temps » T1, une analyse de planche…

Publiée pour la première fois chez Dargaud en janvier 1983, « La Quête de l’oiseau du temps » aura durablement marqué la bande dessinée franco-belge, en imposant notamment les talents conjugués de Régis Loisel et Serge Le Tendre. Au travers d’un registre alors novateur (l’heroic fantasy), les aventures de Pélisse et Bragon se poursuivent encore en 2021, sans rien perdre de leurs attraits. Retour aujourd’hui sur la planche introductrice du mythe, matrice fantastique qui aura aussi forgé sa propre imagerie instantanée : une héroïne en devenir, au seuil de sa quête intérieure, dans un temps prêt à basculer…

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Fabrice Meddour et Alexine : l’ombrelle du fantastique !

Selon une légende oubliée, « celui qui voit la fille du quai y reste à jamais enchaîné ». Or, Haurel, huit ans, voit précisément son destin bouleversé par une étrange apparition sur le port : une femme, semblant l’attendre sous son ombrelle… Conjuguant le conte maritime fantastique, le thriller horrifique et le drame romantique, Alexine et Fabrice Meddour nous invitent dans leur fascinant univers, monde sulfureux et maudit où les références à la littérature de genre abondent.

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Leo, planètes à part ! « Aldébaran », une analyse de planche…

Décrit en 2020 tel « un infatigable constructeur d’univers », Leo (de son vrai nom, Luiz Eduardo de Oliveira) aura marqué la science-fiction contemporaine avec son multivers des « Mondes d’Aldébaran », foisonnante saga démarrée chez Dargaud en 1994. Cinq cycles et 23 albums plus tard, l’œuvre de l’auteur brésilien (vendue à plus de 3 millions d’exemplaires) a pleinement démontré ses capacités à fasciner et surprendre les lecteurs ; exoplanètes, faune et flore inconnues, divergences d’intérêt dans les tentatives de colonisation, discours éthique sur la politique, l’écologie et la biodiversité, mystérieuse intelligence extraterrestre, relations trophiques complexes entre les espèces, rôle et place des femmes, dénonciation des dictatures… Autant de thématiques portées par ce riche planet opera, dont le premier tome (« La Catastrophe ») portait bien sûr tous les germes : décryptage avec une analyse de planche placée sous les étoiles…

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Gibrat au temps de l’Occupation : « Le Vol du corbeau », une analyse de planche…

De « Goudard », lancée en 1978 avec Jackie Berroyer dans Charlie mensuel, jusqu’à son actuelle série « Mattéo » (initiée en 2008 chez Futuropolis), Jean-Pierre Gibrat a atteint les sommets du 9e art. Consacré pour son graphisme et ses couleurs, salué pour ses scénarios et ses dialogues, l’auteur (né en 1954 à Paris) accumule les honneurs et les distinctions ; une popularité qui passe également par la mise en vente d’originaux à des prix de plus en plus vertigineux. Un seul exemple : 130 000 € pour la couverture originale du premier tome du « Sursis », proposée aux enchères chez Daniel Maghen le 12 juin dernier ! Retour aujourd’hui sur un autre classique de la bande dessinée historique, « Le Vol du corbeau » (2002), dont nous analyserons ici la toute première planche…

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D’Astérix à Idéfix, l’irréductible production !

En 52 avant Jésus-Christ, tout Lutèce est occupée par les Romains… Tout ? Non ! Une bande d’irréductibles animaux (menée par Idéfix) résiste encore et toujours à l’envahisseur. Par Toutoutatis, certains risquent bien d’y perdre leur latin. Car en 2021, qu’on se le dise, les éditions Albert René enclenchent l’accélérateur : un prequel des aventures d’Astérix à partir du 16 juin, une série animée 3D en septembre sur les écrans de France Télévisions et un nouvel album (« Astérix et le Griffon ») signé par le duo Ferri-Conrad le 21 octobre. Ce, sans compter diverses expositions, catalogues, ouvrages et hors-séries. Entre traditions et nouveautés, l’esprit imaginatif des regrettés Goscinny et Uderzo n’aura jamais été aussi bien célébré. Retour sur cette longue production en compagnie de ses auteurs…

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Arsène Lupin : aux origines d’une vie feuilletonesque…

Riche des 70 millions de visionnages Netflix concernant sa version modernisée intitulée « Lupin », le gentleman-cambrioleur imaginé par Maurice Leblanc en 1905 n’a jamais été aussi populaire. Jusqu’à truster, un temps, les meilleures ventes en janvier 2021 : 60 000 exemplaires ayant été urgemment réimprimés par Hachette Romans ! Inévitablement, cette incroyable résurrection profite aussi au 9e art : les éditions Rue de Sèvres ayant judicieusement choisi de rééditer en intégrale les exploits de jeunesse d’Arsène, trilogie parue de 2014 à 2016… Où comment un adolescent de 12 ans, envoyé dans un bagne pour garçons sur Belle-Ile-en-Mer, est recueilli par le comte de la Marche afin de lutter contre la criminelle Confrérie des Lombards. Crimes, coups fourrés, personnages retors et rebondissements à toutes les cases : un feuilleton lupinien de haute volée.

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Le dernier des Dalton : une réputation hors des lois ?

En 1908, les quatre Frères Dalton ne sont plus qu’un… La conquête de l’Ouest est déjà révolue, mais les mythes ont la peau dure. Unique survivant de sa légendaire fratrie, Emmett se voit offrir l’opportunité cinématographique de sa vie : pouvoir rétablir la vérité et la réputation de sa famille, noyées dans une Amérique qui exalte toujours autant la manière forte et la suprématie blanche. À leurs tours, Ozanam et Bazin creusent en 72 pages le portrait psychologique d’un genre mélancolique, le western, qui ne cesse d’osciller entre lumières du classicisme et ombrages crépusculaires.

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« La Machine ne cligne jamais des yeux » : savoir, être et être vu…

Micros, cartes à puces, caméras, cookies, GPS, Big Data… Beaucoup se posent la question : quelle distinction est faite aujourd’hui entre vie publique et sphère privée, récolte des données numériques et droit à l’oubli, à l’heure d’une cyber-surveillance de masse éminemment contestable sur le plan éthique ? Des origines de l’espionnage jusqu’aux systèmes de contrôles exponentiels dignes des mondes orwelliens, le scénariste Yvan Greenberg retrace l’histoire des dérives totalitaires. Il interroge surtout notre société sur ses paradoxes : entre téléréalité et domotique, voyeurisme et usages quotidiens, qui peut dire ce qu’il voit et contrôle réellement ?

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« Black Squaw T2 : Scarface » : Henriet et Yann font un décollage prohibé !

Dans l’Amérique des années 1920, au cœur de la Prohibition, Bessie Coleman a choisit de mettre ses talents d’aviatrice au service d’Al Capone. Un moyen comme un autre de surmonter les pires obstacles, entre crime organisé, ségrégation raciale et Ku Klux Klan ! À travers les exploits de leur héroïne, jeune métisse aux origines cherokees et afro-américaines, les auteurs de « Dents d’ours » rendent hommage à celle qui est devenue un modèle d’émancipation féminine universel. Des tranchées françaises aux distilleries clandestines de Saint-Pierre-et-Miquelon, l’aventure prend de nouveau son envol dans ce tome 2 aussi intense et réussi que le premier épisode…

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