L’Art de …

« Le Spirou de… T17 : Pacific Palace » : notes d’amour en eaux troubles pour Christian Durieux…

Plus dynamique que jamais, la série parallèle « Le Spirou de… » s’enrichit régulièrement d’admirables pépites, comme l’a encore prouvé le récent et très référentiel « Spirou chez les Soviets » (par Fred Neidhardt et Fabrice Tarrin). En ce début d’année 2021, c’est au tour de Christian Durieux de livrer sa vision des aventures de Spirou et Fantasio avec un one shot de 80 pages titré « Pacific Palace ». Dans ce 17e opus hommage à la série d’origine, l’auteur des « Gens honnêtes » (scénario de Jean-Pierre Gibrat ; Dupuis, 2008-2014) développe une intrigue politico-policière autour d’un hôtel à priori paisible. Une fois n’est pas coutume, l’établissement accueille Iliex Korda : le dictateur déchu d’un petit pays des Balkans, venu se ressourcer en toute discrétion… Sa fille, l’envoûtante Elena, ne manque pas d’attirer l’attention de nos héros, lesquels tentent aussi de comprendre ce qui se trame sous les lumières feutrées du palace. Huis clos installé en trois jours et trois nuits, cet album est une composition trouble et subtile, sur laquelle flotte les notes de la fable romantique douce amère… Une invitation onirique et musicale, commentée par l’auteur dans notre chronique.

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À la découverte des premières parutions de 2021…

Intrigantes ou surprenantes, sombres ou féériques, les couvertures du début de l’année 2021 surgissent en avant-première tel un feu d’artifice visuel ! Dans un contexte sanitaire toujours troublé, les éditeurs et auteurs ont une nouvelle fois enduré le report de nombreux titres inédits… mais tout vient à point… : voici donc, comme à chaque semestre, une sélection (parfaitement subjective) des plus beaux visuels programmés dès janvier et février au sein de la vaste production franco-belge. Classé chronologiquement, cet avant-goût met à l’honneur des titres que nous évoquerons naturellement plus en détails au cours des semaines à venir… Très bonnes fêtes de fin d’année et bonnes lectures à toutes celles et tous ceux qui suivent ces chroniques hebdomadaires !

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« XIII » : mémoires de nos pères, selon Youri Jigounov et Yves Sente…

Avec la saga « XIII », chiffres et numéros donnent rapidement le tournis : apparu dans Spirou le 7 juin 1984, le plus célèbre amnésique de la bande dessinée franco-belge totalise à ce jour plus de 15 millions d’exemplaires écoulés. Lui-même tiré à 160 000 exemplaires, le 27e épisode imaginé par Yves Sente et Iouri Jigounov (repreneurs de la série de Jean Van Hamme et William Vance depuis 2011) ne rechigne pas sur les grands moyens : Jason Mac Lane – alias XIII – y poursuit son opération d’infiltration de la Fondation Mayflower, une organisation ultraconservatrice prête à tout pour s’emparer de la présidence des États-Unis ! Attaque terroriste contre le Capitole, complot tentaculaire, explosions et fusillades sont au programme d’un album mené tambour battant, ce film d’action hollywoodien sur papier ne rechignant cependant jamais à creuser toujours plus loin la personnalité de ses principaux protagonistes… Retour au sein de cette chronique sur l’ensemble d’un cycle à la « Mémoire rechargée », course contre la montre investiguant les fondements et les névroses de l’Histoire américaine.

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« Il faut flinguer Ramirez T2 » : 50 % réparateur, 50 % machine, 1980 % Robotop !

Mais qui en veut à Jacques Ramirez, récemment élu meilleur réparateur de la firme Robotop ? Le géant de l’électroménager, installé à Falcon City (Arizona), ne s’attendait certainement pas à voir le lancement de son Vacuumizer 2000 se transformer en une explosive scène de crime… Autorités et cartel mexicain de Paso del Rio pensent en effet que la grosse moustache et les pantalons trop courts du muet Ramirez cachent une identité bien plus redoutable : celle d’un tueur et traître légendaire, désormais en fuite avec deux starlettes ! Nicolas Pétrimaux livre l’acte 2 d’un thriller déchaîné : un road movie dantesque truffé de références aux années ’80 et ’90, d’un humour acide et de personnages cultes. Si vous cherchiez encore l’équivalent graphique du style Tarantino, vous pouvez arrêter votre aspirateur…

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« Murena T11 : Lemuria » : les fantômes et réalités du règne de Néron…

Débutée en 1997, « Murena » suit depuis onze albums son héros éponyme, le patricien Lucius Murena, durant le règne agité de Néron, de 54 à 68. Racontant avec génie le basculement de toute une société vers la violence et la folie, la série imaginée par Jean Dufaux et Philippe Delaby multiplie les complots, jeux de manipulation, actes de cruauté et rivalités assassines. Successeur graphique désigné de Delaby (décédé en janvier 2014), Théo Caneshi (dit Theo) signe avec talent sa deuxième contribution à un univers qui conjugue très habilement la fiction et la réalité : au lendemain du grand incendie de Rome, et alors que Murena a disparu, l’empereur s’interroge. Son ancien ami l’a-t-il trahi ? Or, Lucius, devenu l’homme le plus recherché de la ville, doit en priorité échapper aux griffes de celle qui l’a drogué et rendu amnésique pour en faire son objet de plaisir : une femme fatale prénommée Lemuria !

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Tintin aux couleurs de l’Amérique

Dans le prolongement des deux précédentes mises en couleur de « Tintin au pays des Soviets » (2017) et « Tintin au Congo » (2019), les éditions Moulinsart proposent ce mois-ci de redécouvrir la version originale de « Tintin en Amérique » entièrement colorisée, 89 ans après sa première publication dans Le Petit Vingtième. En parallèle, le toujours érudit Philippe Goddin livre la monographie « Hergé, Tintin et les Américains » : un passionnant décryptage de 240 pages illustrées qui permettent de mieux comprendre cette aventure, triplement marquée par son rythme cinétique effréné, ses références historiques et les passions de son auteur. Les lecteurs découvriront notamment comment, à travers ses propres courriers et voyages effectués aux États-Unis, Hergé s’était cultivé sur des tribus amérindiennes qu’il cherchait à défendre contre toutes les formes d’ostracisation…

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Blake et Mortimer, tout feu tout flamme face au « Cri du Moloch » !

Un nouveau « Blake et Mortimer » est toujours un événement littéraire monstre, et ce n’est pas ce 27e opus, titré d’un fantastique et rugissant « Le Cri du Moloch », qui nous fera penser autrement ! Pour cette suite directe de « L’Onde Septimus » (T22, paru en 2013), album qui prolongeait lui-même la mythique « Marque jaune » (T5, 1956), le scénariste Jean Dufaux renoue avec les tensions psychologiques et universelles. Alors que, contre toute attente, Olrik s’était sacrifié une première fois pour déjouer une menace extraterrestre, au risque d’y laisser sa santé mentale, voici que Londres est de nouveau inquiétée. Le sombre pilote alien d’un vaisseau Orpheus, baptisé du surnom biblique de Moloch par les scientifiques qui l’ont recueilli, inquiète en effet Blake et Mortimer au plus haut point… À moins qu’Olrik ne prenne une nouvelle fois de vitesse nos deux héros ? Dessinée par Christian Cailleaux et Étienne Schréder, l’aventure s’inscrit dans la veine des récits les plus science-fictionnels d’E.P. Jacobs, tout en s’interrogeant sur le rôle traditionnellement attribué à chacun de ses principaux protagonistes…

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Hélène Jégado, dite Fleur de tonnerre : arsenic et vieilles dentelles bretonnes…

Dans la très superstitieuse Basse-Bretagne des débuts du XIXe siècle, sa mère l’avait surnommée Fleur de Tonnerre. Elle se nommait en réalité Hélène Jégado. Domestique charmante, prostituée compatissante et cuisinière dévouée, elle devint la plus grande tueuse en série de l’Histoire de France ! Avec toute l’amertume de l’arsenic, Jean Teulé a raconté la vie de ce croque-mitaine au féminin dans une biographie romancée parue en 2013. Jürg et Jean-Luc Cornette livrent à leur tour chez Futuropolis une adaptation saisissante de cette morbide réincarnation de l’Ankou…

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Une trilogie chez Glénat pour faire le tour de De Gaulle !

Débutée en mars 2014 avec « Philippe le Bel », la collection Glénat Ils ont fait l’Histoire ne pouvait à l’évidence faire l’impasse sur le plus impressionnant des chefs d’état de notre Cinquième République. Trois tomes, il n’en fallait pas moins pour narrer le parcours de De Gaulle, de ses débuts à l’école militaire de Saint-Cyr en 1908 jusqu’à sa confrontation aux mutations sociales françaises de Mai 1968 et sa disparition en novembre 1970. Très documentée, cette trilogie permet de comprendre l’homme, le militaire, le résistant, le politique et le mythe, dans une année 2020 qui commémore par ailleurs les 50 ans de la mort de l’illustre général. Un tour de force pour le scénariste Mathieu Gabella (appuyé par l’historienne Frédérique Neau-Dufour), comme pour les dessinateurs Michael Malatini et Christophe Regnault : ce dernier étant notamment en charge de la création des couvertures…

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« La Mort à lunettes » : un thriller inédit de Philippe Tome !

Disparu à 62 ans, le 5 octobre 2019, le regretté Philippe Tome ne pouvait laisser ses nombreux lecteurs tout à fait seuls… Outre la poursuite du « Petit Spirou » (par Janry) et de « Soda » (par Dan Verlinden, ancien assistant de Janry sur « Le Petit Spirou »), les éditions Kennes publient ce mois-ci deux nouveaux titres : « Rages », une trilogie de science-fiction animalière dessinée par Dan, et « La Mort à lunettes », une fable antimilitariste plongeant dans les racines et les traumas de l’Amérique post-11 septembre. Un récit des fractures et de la ségrégation, relativement intime pour Tome, homme et auteur marqué au fer rouge par son expérience d’ancien officier de l’OTAN.

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