L’Art de …

« Surplouf » par Jean Cézard : quand le pirate rit !

Apparu le 1er octobre 1973 dans Pif gadget (n° 240), le « Surplouf » de Jean Cézard est une évidente parodie des aventures maritimes vécues par Robert Surcouf (1773 – 1827), corsaire redouté et qui deviendra l’un des plus puissants armateurs de Saint-Malo. Dans cette dynamique série, c’est un adolescent qui se retrouve à la tête d’un savoureux équipage d’enfants, à bord du galion La Belle Émilie. Qu’il s’agisse de libérer un prisonnier des geôles de Sir Grotif, le gouverneur de la Barbade, ou de ravir un trésor sous le tricorne du vil capitaine Carnass, la petite troupe farceuse n’en finit plus de renverser les codes du genre, à grands coups de canons et autant de salves rigolotes…

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« Horace, cheval de l’Ouest » : le western en absurdie, selon Jean-Claude Poirier…

Ayant montré pour la première fois ses naseaux dans Pif gadget n° 71 le 29 juin 1970, l’atypique « Horace, cheval de l’Ouest » demeure dans les mémoires comme l’une des plus savoureuses parodies du western. Sous les crayons de Jean-Claude Poirier, les improbables aventures d’un cow-boy (anonyme mais surnommé Gros-Nez-Pâle) et de sa monture allaient atteindre des sommets dans l’absurde. Proposée sous forme de gags et de petits récits complets, cette humoristique série animalière – devenue culte – sera publiée jusqu’en 1978, mais ne connaîtra qu’une seule déclinaison en album : « Pas de pitié pour les cow-boys », un titre paru en 1975 aux éditions du Kangourou. Une ration d’avoine et en selle : tentons aujourd’hui un nouveau galop d’essai en compagnie de ce drôle de zèbre… d’équidé… pour ainsi dire toujours à l’Ouest !

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«Les Aventures de Tintin T7 : L’Île noire » : le vrai du faux selon Hergé…

Récit policier mené tambour battant, « L’Île noire » témoigne en 1938 de la maîtrise accrue d’Hergé dans le domaine narratif. Prépubliée dans Le Petit Vingtième à partir du 15 avril 1937, cette septième aventure de Tintin conduit notre héros jusqu’en Écosse, sur la piste d’une bande de faux-monnayeurs dirigée par le redoutable professeur Müller. Conjuguant avec brio le thème de la technicité moderne et les mythes anciens issus de la littérature d’épouvante, l’album est également devenu mythique dans l’histoire de la Bande dessinée : il est en effet l’un des rares à avoir connu trois versions différentes, parues chez Casterman en 1938 (noir et blanc), 1943 (version colorisée) et 1965 (version refondue). C’est sous cet angle original que l’on analysera l’évolution de son intrigante couverture avec le plus – fantastique ! – intérêt…

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« Astérix en Corse » ou la beauté de l’amitié : analyse de planche…

Album hors-normes par bien des aspects, « Astérix en Corse » est aussi l’un des sommets absolus de la mythique série entamée dans le journal Pilote le 29 octobre 1959. Paru en 1973 chez Dargaud, ce vingtième album rend un bel hommage à l’Île de Beauté, en transformant son scénario exploratoire en déclaration de guerre aux lieux communs et à l’intolérance. En ce sens, l’avant-dernière planche de l’ouvrage, ici analysée, prendra un reflet particulier : l’intelligence et la fraternité, offertes avec sensibilité par Goscinny et Uderzo en conclusion de cet épisode, y mettent pleinement en exergue le sous-titre ironique de Pilote, « Le Journal qui s’amuse à réfléchir »…

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En piste avec « Les Zingari » : analyse de planche…

Si l’actuelle pandémie mondiale vient grandement bousculer la programmation initialement prévue dans cette rubrique, elle nous permettra néanmoins de nous repencher, au fil des jours et semaines à venir, sur quelques classiques du 9e art. Afin de rendre un nouvel hommage au regretté René Follet (disparu le 13 mars dernier à l’âge de 88 ans), c’est par le biais d’une analyse de planche que nous retournerons, aujourd’hui, à l’un des moments-clés de son œuvre humaniste : l’apparition du petit cirque des Zingari. Cette série atypique, créée dans les pages du Journal de Mickey à la rentrée 1971 et scénarisée par Yvan Delporte, rejoindra l’univers du magazine Spirou à partir de 1985. Légèrement réadaptée, elle y diffusera, sur un mode nuancé, l’esprit intemporel des contes et des campagnes d’antan.

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Les Serial Killers sont réunis chez Glénat : une collection pour traquer les origines du mal !

En janvier 1989, à la veille de son exécution capitale en Floride, Ted Bundy était devenu le tueur en série le plus célèbre des États-Unis. Surnommé Lady Killers par les médias et la presse à sensation, il avait alors abandonné dans son sanglant sillage plus d’une trentaine de victimes, pour la plupart enlevées, violées et assassinées entre 1973 et 1978. Revenant sur son parcours et inaugurant une collection Glénat dédiée aux serial killers d’hier et d’aujourd’hui, le criminologue Stéphane Bourgoin et le scénariste Jean-David Morvan tentent de comprendre l’innommable : si l’homme ordinaire n’est en général pas un monstre, comment savoir ce qui a pu déclencher le terrible passage à l’acte ? En résumé, et pour rejoindre cette énigme posée de tous temps à l’humanité : où se trouve l’origine du mal ?

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Quand Dany recompose son passé

Depuis les années 1970, d’Olivier Rameau à Arlequin, de Colombe Tiredaile aux silhouettes coquines en passant par les guerrières de Troy ou Ludivine, les hommes et (surtout) les femmes ont toujours alimenté les histoires colorées de Dany. Ce perpétuel amoureux de la liberté et des belles destinations n’étonne donc qu’à moitié en réalisant « Un homme qui passe » : un thriller inédit, imaginé par Denis Lapière. Lors d’une tempête aux abords de l’île normande de Chausey, le reporter-photographe Paul sauve Kristen. La jeune femme, qui travaille pour un éditeur attendant en vain le dernier ouvrage de Paul, va entamer avec ce dernier une houleuse discussion : y seront abordés la plupart des thèmes (féminisme et sexisme, séduction et violence) qui secouent aujourd’hui l’actualité via les mouvements #MeToo. Un air de réalisme… en miroir d’un antihéros auquel Dany a ironiquement prêté ses traits !

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Quand Simenon passait « De l’autre côté de la frontière »…

À la fin des années 1940, à la frontière entre Mexique et USA, la ville de Nogales rime avec alcool, violence et prostitution. C’est dans ce torride lieu de débauche que débarquent le fameux auteur de polar François Combe, sa secrétaire Kay et son ami Jed Peterson. Or, la prostituée qu’ils viennent de rencontrer est bientôt retrouvée, sauvagement assassinée ! Parce que c’est sa spécialité, Combe va tenter de mener l’enquête… Inspirés par le véritable séjour effectué en 1948 par George Simenon dans la Santa Cruz Valley, Berthet et Fromental signent un superbe thriller, âpre et tendu, sur fond d’inégalités et de sexisme, non sans faire écho à l’actualité.

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Son nom est Bombe : Alcante, Bollée et Rodier racontent une histoire explosive !

472 pages, dont 441 planches ! Paru chez Glénat en partenariat avec Le Monde, dévoilant les coulisses et les personnages-clés de la création de la bombe atomique, ce roman graphique qui se lit comme une saga crée l’événement : parions qu’en cette année commémorant le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et les tragédies d’Hiroshima et de Nagasaki, ce copieux one shot ne passera pas inaperçu au sein de la vaste production d’ouvrages historiques actuels. À l’instar de la mini-série « Chernobyl », le seul risque d’irradiation potentiel menaçant les lecteurs sera de leur faire subir un rayonnement de détails et une contamination de connaissances, aussi incroyables qu’authentiques. Interview – forcément explosive – des auteurs de cette BD reportage hors-normes en fin d’article.

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Blacksad, un privé parmi les ombres : analyse de planche…

En novembre 2000, le premier volume de « Blacksad » faisait un tabac en réempruntant avec maestria tous les ingrédients du film noir américain : il introduisait son héros détective, John Blacksad, chargé d’éclaircir le sombre meurtre de l’actrice Natalia Wilford, par ailleurs son ancienne fiancée. Somptueusement dessiné par l’Espagnol Juanjo Guarnido, ce polar anthropomorphe croisant Walt Disney avec Raymond Chandler progresse au fil de séquences imprégnées d’atmosphères contrastées : aquarelles couleurs ou teintes sépia, toutes venant connoter les espoirs et amertumes des protagonistes. Comme le suggère le titre de ce premier volume, il est toujours bon de s’intéresser aux mystères des origines. Retournons par conséquent à la planche 3 de l’album introductif, pour faire toute la lumière sur cette sinistre affaire…

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