L’impressionnant dessinateur serbe Gradimir Smudja s’est emparé d’un étonnant et méconnu haut fait de bravoure de l’histoire de l’art — qui s’est déroulé à Paris, juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale —, afin de le raconter en bande dessinée dans un diptyque dont le premier tome vient de sortir et où il impose, une fois de plus, son flamboyant style graphique… mais toujours avec beaucoup d’humour et de fantaisie. Le 14 juillet 1939, Jacques Jaujard, directeur du Musée du Louvre en place, va organiser le plus grand déménagement d’œuvres artistiques au monde (4 000 merveilles, dont « La Joconde », « Le Radeau de la Méduse » ou la « Victoire de Samothrace »). Ceci pour éviter qu’elles tombent dans les griffes des nazis : incroyable, mais vrai !
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« La Ville dont il ne reste rien » : mémoires de guerre…
Vlastrod est un village dont il ne reste rien… Sauf dans la mémoire de Fritz : un employé de bureau solitaire de Vienne, qui occupe son temps à compléter une maquette miniature. C’est ainsi que perdure la mémoire d’une bourgade rasée pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors qu’une survivante surgit inopinément dans la vie de l’infortuné architecte de papier. Inspirés par le cruel destin des habitants de Lidice, Valentina Grande et Sergio Varbella insufflent dans ce one-shot de 168 pages une atmosphère hors-norme : où comment le souvenir, oscillant entre fracas et oublis, traumas et résilience, reconstruit l’humain aux lendemains des conflits et des totalitarismes.
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« Gunnar le vampire » : à la recherche du sang perdu…
Dans la Bourgogne des années 1910, nul ne s’étonne plus de côtoyer un vampire ! Il faut dire que depuis des siècles, M. Gunnar est un maître couturier réputé et sachant se tenir. Mais cette confiance peut-elle perdurer, alors que divers animaux sont subitement retrouvés, mutilés et vidés de leur sang pendant la nuit ? Empruntant aux codes du fantastique et de la comédie de mœurs, Nicolas Dumontheuil s’amuse à tracer des parallèles entre cet univers désuet et l’époque contemporaine : une aventure picaresque contée sous la cape de l’humour noir, avec une certaine ironie… incisive.
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« La Légende des Stryges » T2 : au-delà de noires alternatives…
En 1869, en Égypte, l’archéologue Alexandre Sardin découvre des momies baignant dans un étrange liquide noir. Un enjeu mortifère pour l’énigmatique occultiste prussien Sandor G. Weltman, sur fond de tensions entre la France et les États allemands… Loin d’en avoir terminé avec ses mystérieuses créatures ailées du « Chant des Stryges » (1997-2018), Éric Corbeyran prolonge, depuis 2025, son célèbre thriller ésotérique avec ce diptyque, dessiné de somptueuse manière par Nicolas Bègue. Un univers croisant sa propre mythologie avec toutes les cosmogonies fantastiques, inévitablement…
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L’aventure du « Cabaret Voltaire » : pour un art libre !
Pendant six mois, dans l’Europe en flammes du printemps 1916, une troupe de jeunes artistes va investir le Cabaret Voltaire : un lieu de culture appelé à devenir mythique, situé à Zurich, dans la rue où demeura Lénine. Poètes, théâtreux, musiciens, peintres ou plasticiens, ils s’en prennent tous aux codes du vieux monde, en présentant des spectacles iconoclastes prônant l’insoumission des esprits et la révolte des sens. Avec cette mise en images et cases — par moments éclatées — de la genèse du mouvement dada (précurseur du surréalisme), le scénariste José-Louis Bocquet et le dessinateur-fondateur du groupe rock-punk Starshooter qu’est Kent ont réalisé une bande dessinée historique marquante sur l’origine de rébellions artistiques contemporaines.
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« La Sage-femme d’Auschwitz » : entre femmes perdues et solidarités retrouvées…
En avril 1943, Anna et Ester sont envoyées à Auschwitz. Les compétences de sage-femme et d’infirmière de ces deux amies polonaises sont aussitôt mises à rude épreuve : comment sauver les nouveau-nés, promis à une mort certaine par les tortionnaires du camp, ou volés pour être donnés à des familles allemandes ? Une lueur d’espoir va cependant percer ce macabre univers… En adaptant le best-seller d’Anna Stuart, Pascal Bresson et Serge Fino (re)lancent, au sein du groupe City, le label Imagine Graphic, avec ce roman graphique tout en sororité, par ailleurs inspiré d’une histoire vraie.
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« La Sorcière qui a changé le monde » : Margaret Thatcher, une dame d’enfer…
Elle était la « Miss Maggie » chantée par Renaud en 1985. Margaret Thatcher fut surtout une redoutable politique, nommée Première ministre britannique de mai 1979 à novembre 1990. Non sans fracas socio-économiques ni virulentes critiques contre cette inflexible Dame de fer ! En compagnie du dessinateur Emilio Van Der Zuiden, Jean-Yves Le Naour retrace le portrait au vitriol de cette cheffe du parti conservateur : entre privatisations, atlantisme, guerre des Malouines et promotion du libre-échange en Europe. Une époque néolibérale qui a bouleversé le Royaume-Uni… sur des airs de musique punk !
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« Cartagena » : Hermann, jusqu’au bout de la piste mexicaine…
À 87 ans, Hermann s’en est allé tourner la page, mais son œuvre perdure… Cet acharné du dessin, qui venait d’initier un nouveau « Jeremiah », nous lègue ainsi le soin de découvrir un ultime one-shot : « Cartagena », polar mexicain aussi sombre qu’ensoleillé, imaginé en compagnie de son fils, le scénariste Yves H (interviewé en fin d’article). Le jeune Alvi a choisi son destin : fuir le cartel d’ El Cocho Arriega, placé dans le viseur d’un flic tenace et sachant tenir une arme, nommé Felix Garzon. Devinez lequel de ces trois protagonistes s’en sortira le mieux ? Un récit où perce une dernière fois l’amertume légendaire de celui qu’on surnommait le Sanglier des Ardennes : le sort ou la malchance n’ont pas d’états d’âmes…
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« Les Cinq Ami.e.s l’échappent belle in extremis » : quand Fabcaro joue avec le Club…
Que seraient les vacances sans mystère ni énigme à résoudre ? Heureusement, forts de leurs précédentes expériences romanesques (avez-vous lu « Les Cinq Ami.e.s tentent de joindre l’Urssaf limousin » ?), les cinq ami.e.s vont plonger dans une nouvelle enquête palpitante : le vol d’un dossier dans le bureau de Charles Barral, père de deux de nos héros. On apprendra à la fin que c’est le voisin qui a fait le coup… Avec ce pastiche des séries jeunesse d’antan, Fabcaro dynamite insidieusement tous les codes. En ces temps troublés, ce support écrit en petit format cartonné (communément nommé « livre de poche ») permettra, heureusement, de parler d’intolérances, de rejets, d’exclusions, voire de racisme. Ouf ! On l’a échappé belle. In extremis…mes.
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« La Langue des vipères » : avoir les maux pour le dire…
Rien ne va plus à l’abbaye de Réol : alors qu’elle y étudie la langue (science liturgique et divinatoire), Iodis se confronte à une mystérieuse rivale : Halcyon de Monterréol, nouvelle venue aux agissements suspects… La disparition d’un précieux tableau et du moine qui le peignait précipitent les événements. Créatrice d’un monde fictif inspiré de l’Italie renaissante, Juliette Brocal nous plonge dans une intrigue ésotérique palpitante : d’une beauté saisissante, ce one-shot de 224 pages ancre les enjeux littéraires et artistiques comme vecteurs religieux et politiques majeurs.
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« J’ai toujours rêvé d’être un fermier » : Jean Harambat se met au vert…
Devenu un auteur de bande dessinée confirmé, Jean Harambat n’a jamais oublié ses Landes natales ni ses origines paysannes. Un passé et un savoir-faire familial qui irriguent nombre de ses récits, et que l’auteur raconte en détails dans « J’ai toujours rêvé d’être un fermier ». Découpé en chapitres thématiques, ce récit intime et bucolique rend formidablement sensible un patrimoine éternel : la campagne, sa faune et sa flore, ainsi que les travaux quotidiens, réalisés dans la vieille ferme gasconne acquise par l’auteur. Une douce invitation à penser la nature, entre poésie et humanisme…
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