BD de la semaine

« Carbone & Silicium » : l’humanité augmentée selon Mathieu Bablet…

Quatre années après les 220 planches du science-fictionnel – et très remarqué… – « Shangri La » (110 000 exemplaires vendus), Mathieu Bablet frappe de nouveau très fort chez Ankama avec « Carbone & Silicium » : paru fin août et déjà arrivé en tête des ventes actuelles, cet imposant pavé de 272 pages débute par la création de deux androïdes, prototypes d’une nouvelle génération de robots dotés d’une intelligence artificielle poussée, destinés à prendre soin de la population humaine vieillissante… S’étalant sur plus de 270 ans, suivant par anticipation la fin d’un monde, le récit prend à bras le corps avec brio la quasi totalité des interrogations actuelles : allongement et fin de vie, exploitation et dégradation de la planète, désastres écologiques, sociaux, politiques… et place de l’amour dans une société où les réseaux virtuels ont remplacé le lien social et l’affectif. Dans les pas d’Asimov, de Philip K. Dick ou de William Gibson, Bablet signe un album impeccable et impressionnant, abordant avec une rare justesse les thèmes toujours complexes du transhumanisme et de l’altérité. Un des titres incontournables de l’année 2020 !

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« Bootblack » : le rêve américain…

Après le succès, oh combien mérité, du diptyque « Giant », Mikaël met ici un point final au second cycle de son œuvre puissante « Bootblak ». Altenberg Ferguson poursuit son rêve américain : celui vécu par tous les fils d’immigrants après le passage par la case Elis Island. Un rêve pour beaucoup inaccessible…

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Le duo franco-américain François Boucq et Jerome Charyn se reforme pour mettre en scène les bassesses du genre humain…

En reprenant l’un des protagonistes de leur précédente association (1) — en l’occurrence le tatoueur slave Pavel, au passé tortueux —, le romancier issu du Bronx, célèbre pour son personnage de flic Isaac Sidel, et le protéiforme dessinateur lillois nous ont concocté un formidable roman noir sur fond de trafic de sang, digne de leurs autres réalisations communes : que ce soit « La Femme du magicien » (1986), « Bouche du diable » (1990) ou « Little Tulip » (2014).

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« Jeremiah » : 38 albums et toujours la classe !

Une fois encore, Jeremiah et Kurdy sont au rendez-vous annuel qu’ils donnent à leurs lecteurs depuis plus de quarante ans. Une longévité qui s’explique par leur côté d’éternels Don Quichotte de lendemains qui ne chantent pas vraiment pour les populations qui croisent leur route. Un futur loin d’être enchanteur, dont l’actualité pourrait bien rattraper les scénarios de leur créateur en ces temps de pandémie.

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Patrick Prugne continue de jeter son dévolu sur les Indiens du Nouveau Monde avec « Tomahawk » !

On ne change pas une équipe qui gagne ! Après divers petits joyaux graphiques et narratifs publiés chez Daniel Maghen (1), Patrick Prugne creuse encore le même sillon avec toujours autant de conviction, pour le plus grand plaisir des lecteurs ! Cette fois-ci, avec « Tomahawk », il met en scène l’affrontement haineux entre un trappeur et un grizzly, qui a lieu un mois avant la célèbre bataille de Fort Carillon : l’une des plus sanglantes de cette guerre de Sept Ans au XVIIIe siècle en Amérique du Nord, entre les forces françaises et les Tuniques rouges anglaises.

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« B.O, comme un dieu » : le transhumanisme cul d’Ugo Bienvenu !

Existentialiste et torride, le récit pornographique d’Ugo Bienvenu, publié dans la collection BD cul des Requins marteaux, explore les fantasmes féminins dans un style chic et choc…

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La saga des fils du tailleur juif polonais ou le récit de survie et devoir de mémoire de Luc Brunschwig !

En neuf volumes, qui vont se dérouler entre 1927 et 1948, le scénariste du « Pouvoir des innocents » ou d’« Holmes » (1) ambitionne de nous conter la Shoah, la guerre, et le cinéma hollywoodien… à travers l’histoire de deux frères juifs d’origine polonaise, nés dans un coron du nord de la France : un récit que Luc Brunschwig porte en lui depuis très longtemps, enluminé par le remarquable travail graphique d’Étienne Le Roux et de Loïc Chevalier, ainsi que par les judicieuses couleurs d’Elvire De Cock !

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« Les Aigles décapitées » : la fin de l’aventure…

Imaginée en 1985 par Patrice Pellerin pour son ami Jean-Charles Kraehn, « Les Aigles décapitées » est une série phare de la collection Vécu des éditions Glénat. Dernière survivante d’une longue liste de séries qui compte quelques œuvres cultes, elle tire à son tour sa révérence avec ce trentième épisode publié 35 ans après sa création. C’est à l’auteur belge Michel Pierret que revient l’honneur de conclure cette passionnante saga historique…

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Retour réussi pour le démon des Caraïbes !

Cornes de bouc ! Barbe-Rouge est de retour ! Même si on le retrouve, seize ans après sa dernière aventure dessinée (1), en bien fâcheuse posture : sur la potence, suspendu au bout d’une corde et en train de mourir étouffé… Renouant avec l’esprit de Jean-Michel Charlier — dont il s’est imposé, à maintes reprises, comme un digne successeur —, Jean-Charles Kraehn insuffle toutefois un ton un peu différent : plus moderne, tout en restant respectueux des conventions, en dépoussiérant notamment les dialogues. Même constatation pour le dessin puissant du jeune Italien Stefano Carloni, lequel évolue, avec brio, entre le classicisme de Victor Hubinon et son propre univers.

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« Major Burns » : ligne claire et humour noir !

Le Major Burns et son ami le docteur Wayne forment un duo improbable, pour le moins insolite. Ces deux-là n’ont pour point commun avec leurs célèbres modèles Holmes et Watson que la capitale britannique au temps de la reine Victoria. Pour le reste, on peut compter sur l’humour décapant de Devig pour méchamment ringardiser les créatures de Conan Doyle.

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