Depuis quelques années, les offres de bandes dessinées d’aviation ne manquent pas. Des classiques « Buck Danny » ou « Michel Tanguy » aux nouvelles créations — surtout proposées par le label Zéphir —, il y a de quoi satisfaire tous les amoureux du genre. « Les Ailes du temps », tout en laissant une place de premier plan aux combats aériens, propose une solide dose de fantastique, permettant aux héros de surfer entre la Première et la Seconde Guerre mondiale. Il fallait oser ! Mission accomplie par Frédéric Zumbiehl et Patrice Buendia : scénaristes incontournables des nouvelles séries d’aviation.
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« Off » : une dystopie menée tambour battant…
Attention, attendez-vous à ne pas lâcher les 340 captivantes pages de ce roman graphique addictif, tenant à la fois du thriller, du film catastrophe et de la saga familiale. Prévu à l’origine pour la télévision belge, le récit a été entièrement réécrit pour le support BD, tout en gardant les codes de la série TV… À la suite d’une tempête solaire à l’échelle mondiale, une coupure de courant généralisée s’éternise et entraîne une cascade d’infinis bouleversements. L’habile et puissant scénario de Romain Renard (1) et d’Olivier Tollet, profondément ancré dans l’actualité politique et sociale de la Belgique et de l’Europe, nous permet de suivre le destin croisé de plusieurs femmes et hommes qui tentent de survivre à ce véritable black-out, où la population est aux abois.
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« Sigi » : les dangers de la route des Andes…
La jeune pilote de course Sigrid Hässler, dite Sigi, poursuit son tour du monde en voiture — entre montée du nazisme (en cette fin des années 1920) et multiples périls du voyage — avec le photographe Sven. Ils ont échappé à un piège mortel aux États-Unis (1) et les voici sur la route des Andes. Ils y croisent le riche propriétaire terrien Raul de la Hoya, lequel peut dépanner la voiture. En Europe, la blonde Hannah (en couverture de l’album), une amie de Sigi, est la maîtresse du mécène nazi Gottfried Geyer : un jeu de plus en plus dangereux… On retrouve ici les mêmes qualités que dans le premier tome et David Morancho, le dessinateur, reste à un échelon bien connu désormais, c’est-à-dire très haut. Une série prévue en quatre tomes, excellente et recommandée…
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« Karl » : encore une touchante fable philosophique signée Cyril Bonin !
Avec sa sensibilité et son trait aussi délicat que maîtrisé, et en seulement une quinzaine de titres — dont certains en plusieurs tomes — réalisés depuis 1999, Cyril Bonin (1) s’est bâti, une solide réputation dans le monde du 9e art : enchaînant les albums émouvants, mais qui nous interpellent également sur la nature humaine. L’histoire de ce Karl, robot dévoué qui va provoquer un accident de la route pour éviter une biche et, en conséquence, le décès de son riche et fantasque banquier de maître, risque de hanter pendant longtemps nos réflexions sur les rapports entre l’homme et la technologie…
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« Mémoires d’un garçon agité » : un portrait plein de tendresse et d’humour…
Quel beau récit en bande dessinée que ces bouleversantes « Mémoires d’un garçon agité » : l’histoire d’un gamin émotionnable d’une dizaine d’années qui a décidé d’arrêter de grandir et de se raconter, à l’aide de la vieille machine à écrire familiale. Ce refuge dans l’écriture est le seul moyen qu’il a trouvé pour essayer de stopper le temps : pour oublier le fait de se sentir responsable, ainsi que la douleur subie devant l’anéantissement de ce qui était jusque-là sa vie. Le sensible dessin à la Sempé de Valérie Vernay et cet attachant personnage qui retrace des anecdotes de sa courte existence pourraient nous faire penser au Petit Nicolas, mais le propos du scénariste Vincent Zabus — par ailleurs poète et dramaturge — est tout autre : l’humour n’est là que pour dissimuler la gravité du sujet.
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« Alastor de Sombregarde » : quand le bien devient plus tyrannique que le mal…
Dans un monde médiéval fantastique ravagé par la guerre, où le bien et le mal se confondent en absurdités sanglantes, Alastor de Sombregarde est un chevalier maudit, revenu d’entre les morts, grâce à l’intervention d’un maître-gobelin plutôt roublard du nom de Guulghar. Cette anthropomorphe créature, aussi cynique que philosophe, tient en sa main un bâton orné du crâne de son frère Huulghar, lequel continue, malgré tout, de parler et d’exercer la sorcellerie. L’improbable trio traverse champs de bataille et forêts damnées, afin de retrouver la dulcinée du seigneur désabusé… Aurélien Morinière illustre de façon magistrale cette grinçante épopée d’heroic fantasy —tendance Tim Burton —, dont son complice (Olivier Dobremel, alias Dobbs) nous livre de prometteuses prémices tragi-comiques…
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« Son of a Gun » : la belle, le nain, la bête et le truand !
Kentucky T. McBride, chasseur de primes sans scrupules — mais aussi voleur, tueur, et même shérif improvisé d’une petite ville qu’il vient de braquer — se retrouve suspendu à un pont par une seule une main, l’autre étant occupée à tenir une chèvre. S’il la lâche, il va perdre un million de dollars… Ce western déjanté nous met d’emblée l’eau à bouche, de façon spectaculaire, et il faudra dévorer les 110 pages qui suivent pour savoir comment ce personnage en est arrivé là ! Un très agréable divertissement qui prouve, une fois de plus, que le prolifique et protéiforme scénariste Philippe Pelaez — ici soutenu efficacement par l’amusant trait semi-réaliste du talentueux Sébastien Corbet — jongle habilement avec les genres et excelle dans celui de la comédie !
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« Le Serment » : un fascinant thriller horrifique déconstruisant le mythe du vampire…
Ce huis clos médical et fantastique, aux dessins et scénario ciselés au scalpel par Mikaël Bourgoin et Mathieu Gabella, dépote vraiment… et devrait combler les amateurs d’émotions fortes, d’horreur, de séries TV américaines ou de comics… Bien qu’il soit radié de l’ordre des médecins et qu’il ne travaille désormais que pour la pègre, Alexandre reste un praticien consciencieux et minutieux, respectueux du serment d’Hippocrate… Or, tandis qu’il soigne un braqueur blessé, surveillé de près par l’inquiétant grand frère du malfrat, voilà que débarque un soi-disant chasseur de vampires qui exhibe une marque de morsure au cou et exige des soins urgents : car, dès qu’il fera nuit, il se transformera et tuera tout ce qui bouge…
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Le ludique Sherlock Holmes de Benoît Dahan et Cyril Liéron est de retour !
Après un original premier diptyque remarqué par le public et la critique (1), Benoît Dahan et Cyril Liéron récidivent, en remettant en évidence l’incroyable perspicacité du célèbre détective britannique — créé par sir Arthur Conan Doyle — dans une nouvelle enquête inédite (« Le Cauchemar du loch Leathan »), laquelle va amener Sherlock Holmes au fin fond de l’Écosse. Une intrigante lettre anonyme, au propos décousu, ayant attisé sa curiosité, il entraîne son fidèle ami le Dr Watson sur l’île de Skye, dans une palpitante et inventive, voire brillante, aventure policière, où ses déductions particulièrement précises et pointilleuses vont certainement faire encore mouche !
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« Ici au quartier » : un compte rendu limougeaud d’une résidence urbaine…
Deux quartiers de la ville de Limoges ont subi une grande campagne de rénovation : le quartier du Val de l’Aurence et celui de Beaubreuil. Afin de garder une trace de cet épisode urbanistique, Limoges Métropole a proposé au dessinateur Le Poisson (Clément Bernis) d’en réaliser une chronique illustrée aujourd’hui publiée par les éditions Ouïe/Dire (1).
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« Soli Deo Gloria » : un formidable hymne à la musique !
Prix du meilleur album au festival Quai des bulles de Saint-Malo, cette monumentale fresque d’apprentissage en 280 pages en noir et blanc, où seules les mélodies apportent de la couleur, mérite vraiment votre attention ! C’est une quête initiatique, mise en scène par Édouard Cour (aux dessins) et Jean-Christophe Deveney (au scénario), qui nous plonge dans le Saint-Empire romain germanique du début du XVIIIe siècle. En suivant l’ascension, à la fois magnifique et tragique, de deux talentueux jumeaux orphelins — sur qui plane l’ombre d’un mystérieux compositeur allemand qui signe ses partitions des trois mots « Soli Deo Gloria » —, elle nous entraîne vers une méditation métaphysique sur le sens de la création, nous rappelant le pouvoir qu’a la musique sur les humains !
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