L’impressionnant dessinateur serbe Gradimir Smudja s’est emparé d’un étonnant et méconnu haut fait de bravoure de l’histoire de l’art — qui s’est déroulé à Paris, juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale —, afin de le raconter en bande dessinée dans un diptyque dont le premier tome vient de sortir et où il impose, une fois de plus, son flamboyant style graphique… mais toujours avec beaucoup d’humour et de fantaisie. Le 14 juillet 1939, Jacques Jaujard, directeur du Musée du Louvre en place, va organiser le plus grand déménagement d’œuvres artistiques au monde (4 000 merveilles, dont « La Joconde », « Le Radeau de la Méduse » ou la « Victoire de Samothrace »). Ceci pour éviter qu’elles tombent dans les griffes des nazis : incroyable, mais vrai !
Lire la suite...« Cédric » T25 par R. Cauvin et Laudec
Parmi les garnements célèbres de papier, il y a le Petit Nicolas, bien sûr, imaginé par Goscinny et Sempé. Et puis, en bande dessinée, il y a Cédric, le petit blondinet.
Cette série familiale est née en 1989, de l’imagination féconde du scénariste belge Raoul Cauvin, infatigable raconteur d’histoires. Cédric a donc 22 ans d’existence et 25 albums à son actif. Pourtant, il ne vieillit guère, bloqué éternellement à l’âge de 8 ans. Il évolue dans le monde tendre d’une enfance préservée, au sein d’une famille unie, même si les coups de gueule ne manquent pas.

Dans la famille de Cédric, il y a le père, Robert, la mère, Marie-Rose, la vieille tante Jeanne, dont la maison est pleine de chats, et surtout, Jules, son pépé bien aimé. Cédric adore Jules, qui le lui rend bien. Quand il ne mobilise pas le fauteuil du salon à lire son journal, Jules se révèle être une personne pleine de ressources et, parfois, de fantaisie, malgré son fichu caractère. Avec sa tignasse blanche et sa moustache rebelle, c’est le portrait craché de son créateur, monsieur Cauvin.
Dans l’entourage du « gamin », il y a les amis de l’école, Christian, Lily, Caprice, et puis surtout la jolie Chen, dont Cédric est amoureux.
Ce vingt-cinquième album se lit avec toujours autant de plaisir. En l’ouvrant, on retrouve un univers familier et rassurant et l’on suit les personnages dans leur vie quotidienne, faite de petits riens qui rendent la vie belle parfois.
Fidèle à son habitude, Cauvin propose des récits courts, d’une ou deux planches, que Laudec croque d’un trait rond et enlevé.

L’on assiste ainsi au fiasco du spectacle de l’école, qui devait pourtant être un péplum flamboyant à souhait. On suit les affres de Cédric, qui n’ose toujours pas avouer son amour à Chan, malgré l’aide catastrophique de son ami Christian. On s’amuse quand Marie-Rose essaie de convaincre son père, à la mauvaise foi légendaire, de faire la vaisselle. On comprend les ravages que la Wii peut créer dans la famille : qui a dit que c’était une console réservée aux enfants. On part à la plage explorer les fonds marins. On assiste à quelques scènes de ménage très tonitruantes …
Au fil des albums, les deux auteurs tissent les fils d’une chronique familiale douce et tendre, presque intemporelle, où les lecteurs, petits et grands, peuvent trouver de l’intérêt. Cédric est un enfant attachant, et les personnages qui l’entourent ont gagné en épaisseur eux aussi. C’est tout l’intérêt de cette série classique, devenue incontournable.
Catherine GENTILE
« Cédric » T25 (« Qu’est-ce qu’il a ? ») par Raoul Cauvin et Laudec
Éditions Dupuis (10,45 €)










