« Lefranc T27 : L’Homme-oiseau » par Régric et Roger Seiter

Un journaliste intrépide et curieux, des scientifiques sondant les mystères d’une civilisation disparue, un complot à dimension planétaire, une île mystique en ébullition… : voilà des ingrédients que n’aurait pas renié Jacques Martin, le créateur de la série « Lefranc », d’autant plus, qu’une fois encore, notre héros va croiser une la route du machiavélique Axel Borg.

Escale mouvementée à l’Île de Pâques ! Novembre 1959, Pacifique Sud au large des côtes chiliennes. Venant de Valparaiso, l’Arturo Prat, petit cargo transformé en navire scientifique, s’apprête à faire escale sur l’île de Pâques. L’expédition dirigée par l’archéologue Antonio Lassalle est composée de son assistante Antonella et de sa fille Lucie : jeune ethnologue et amie du journaliste Guy Lefranc qui les accompagne pour le compte du quotidien Le Globe. Basé à Rapa Nui, les scientifiques souhaitent étudier le mystère plusieurs fois centenaire des hommes oiseaux. Ils se jetaient du haut de la falaise de l’îlot de Motu Nui, afin de plonger dans l’océan pour y récupérer les œufs des sternes. Celui qui rapportait le premier œuf devenait l’homme-oiseau de l’année. Découverte en 1722 par les Hollandais, finalement annexée au Chili depuis 1888, l’île est gouvernée par Arnaldo Curti, entouré de quelques représentants chiliens, et est peuplée de Pascuans qui habitent le village d’Hanga Roa.

Dès leur arrivée, Lefranc plonge courageusement dans le Pacifique pour remonter le corps d’un jeune pécheur de 15 ans qui a été égorgé. Le matin suivant, le reporter découvre, posée sur sa couche, une pierre sacrée représentant un esprit gardien : pierres cachées par les natifs dans des grottes secrètes.

Pendant ce temps, l’inquiétant Di Marco, son commanditaire Monsieur Zhang et une bande de mercenaires lourdement armés font route eux aussi vers l’île de Pâques. Leur but : dévier la trajectoire de Vostock, une capsule spatiale habitée envoyée depuis Baïkonour par les Soviétiques…

original de Régric.

C’est avec plaisir que nous retrouvons le duo Roger Seiter-Régric qui avait déjà fait merveille avec l’album « Cuba Libre ». Scénariste confirmé aux solides bases classiques, Seiter propose une histoire à la fois crédible et mouvementée, reposant sur des faits réels qu’il utilise avec une redoutable habileté. Frédéric Legrain, alias Régric (né en 1969), s’est rodé sur quelques albums de la série des « Reportages de Lefranc », à partir de 2003. Le comité Jacques Martin lui propose de réaliser son premier « Lefranc » en 2009, « Noël noir » (scénario Michel Jacquemart). Un coup de maître ! Fidèle à la ligne claire du créateur de la série, il apporte dynamisme et réalisme, grâce à une patte personnelle qui le hisse au niveau des meilleurs repreneurs du personnage. À signaler les couleurs lumineuses de Bruno Wesel, dessinateur talentueux, qui de temps à autre prend plaisir à travailler sur les pages de ses confrères.

original de Régric mis en couleurs par Bruno Wesel.

Nostalgiques de l’hebdomadaire Tintin de l’âge d’or et nouveaux venus qui apprécient la grande aventure classique seront comblés par cet album dense, riche et absolument pas ringard !

Henri FILIPPINI

« Lefranc T27 : L’Homme-oiseau » par Régric et Roger Seiter

Éditions Casterman (11,50 €) – ISBN : 9 782 203 095 502

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Une réponse à « Lefranc T27 : L’Homme-oiseau » par Régric et Roger Seiter

  1. l'Apache dit :

    Le personnage de Lefranc me fait penser au Martin Mystère italien.