Mythiques Mirages de l’escadrille des Cigognes, guerre froide, menace nucléaire, espions venus du froid… furent — dès les premiers épisodes de la série née dans Pilote en 1959 — les ingrédients récurrents des aventures de Michel Tanguy et de l’inénarrable Ernest Laverdure. Et cela s’est poursuivi tout au long des années 1960. Depuis 2016, le fameux duo est de retour, dans son jus, avec une série de diptyques passionnants qui auraient eu leur place dans Pilote, au temps lointain de son âge d’or. Voici la conclusion mouvementée d’un quatrième diptyque signé par un duo d’auteurs talentueux, lequel a repris, sans avoir à en rougir, les héros imaginés par les immenses Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo.
Lire la suite...« Berlin 2.0 » par Alberto Madrigal et Mathilde Ramadier
Berlin inspire les jeunes, les passionne, les attire. La ville semble porter en elle toutes les promesses, intellectuelles, artistiques, culturelles, professionnelles, politiques et morales. À bien y regarder pourtant, les conditions de vie y sont-elles exemplaires, voire idylliques ? Rien n’est moins sûr comme le souligne cette chronique en demi-teintes aussi chaleureuse que réticente…
La scénariste met en scène son propre séjour berlinois, l’expérience d’une jeune fille, Margaux, partie la fleur au fusil trouver du travail dans cette ville à la réputation flatteuse. Berlin serait-elle aussi malade que le reste de l’Europe ? Bien sûr que non ! Tous les gens qu’elle rencontre s’accordent sur ce point : on y est libres, insouciant, tolérants, aimables, heureux en un mot. Et c’est vrai que pour faire des études ou faire la fête, la ville a du répondant. On s’y sent bien, porté par un optimisme qui tient de l’acte de foi, car, côté emplois, c’est très vite plutôt galère !
Trouver une activité rémunérée à sa juste valeur est carrément compliqué et, à moins d’accepter des stages sous-payés, la réalité révèle très vite ses failles : la précarité, l’exploitation, l’abus sous toutes les formes. Il n’y a pas de taux horaire minimum, pas de couverture sociale, se soigner coûte un bras et la cohabitation est plus que nécessaire pour payer un loyer. Alors Margaux déchante : Berlin n’est pas l’Eldorado, surtout quand elle s’y trouve, en 2013. Depuis, pourtant, les choses ont un peu changé, ce que précise le dossier final qui rappelle que le salaire minimum est finalement entré en vigueur au 1er janvier 2015, comme il rappelle les chiffres du chômage local ou le poids des minijobs.
Margaux révise ses jugements, réajuste ses ambitions mais n’en reste pas moins amoureuse de la ville et, à la lecture de l’album, grâce aux dessins tout en finesse d’Alberto Madrigal, grâce à ses couleurs d’une grande douceur, le charme de la ville opère aussi sur nous… On la trouve aussi séduisante que trompeuse, aussi passionnante que menteuse. On sent bien qu’elle mérite le voyage !
Alors, bon voyage !
Didier QUELLA-GUYOTÂ ([L@BD-> http://9990045v.esidoc.fr/] et sur Facebook).
http://bdzoom.com/author/didierqg/
« Berlin 2.0 » par Alberto Madrigal et Mathilde Ramadier
Éditions Futuropolis (18€) – ISBN : 978-2-7548-1146-0










