Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Alice Matheson T3 : Sauvez Amy ! » par Zivorad Radivojevic et Jean-Luc Istin
Bien que possédant des diplômes de chirurgie, Alice Matheson exerce le métier d’infirmière au St Mary’sHospital de Londres et est bien notée par ses supérieurs. Sous ses airs de jeune femme élégante et sympathique, Alice est une sociopathe froide et calculatrice en blouse blanche. Elle prend plaisir à observer les derniers instants de vie de ses malades en phase terminale, auxquels elle vient d’administrer un produit mortel. Le soir venu, elle se livre à de mystérieuses expériences au sein du laboratoire secret qu’elle a installé dans un entrepôt désaffecté des docks de Tower Hamlets. Appartenant à la famille de Gordon Mathelson, une des plus grosses fortunes d’Écosse, elle peut se permettre ce divertissement étrange.
Fuyant les assauts de l’entreprenant docteur Jordan Barry, la suspicion de Morgan Skinner le directeur de l’hôpital, les questions d’Harold Butler qui dit l’avoir connu autrefois, Alice, qui ne se souvient pas de son passé avant son adoption par la riche famille Matheson, poursuit sa sinistre besogne de serial killer. Jusqu’au jour où Morgane Baker, malade de 13 ans souffrant d’un cancer en phase terminale, se réveille, malgré le traitement mortel infligé par l’infirmière. Mieux, elle revient à la vie chaque fois qu’Alice lui porte des coups mortels, allant jusqu’à chercher à la mordre. C’est le début d’une terrible épidémie qui, peu à peu, s’étend sur Londres qui va être envahie par les zombies.
Machiavélique, la jeune femme poursuit ses crimes sans être soupçonnée par Eliott Kitson l’inspecteur de Scotland Yard qui enquête à l’hôpital. Capturant les zombies, elle cherche un remède susceptible d’enrayer l’épidémie perturbant son activité criminelle.
Amy Horton, amie d’Alice depuis le lycée, qui lui avait appris à feindre l’empathie et à mentir, l’appelle à l’aide. Elle vient d’être mordue par un zombie. La jeune femme est conduite dans son laboratoire par Alice qui compte expérimenter, sur elle, le résultat de ses recherches. Hélas, deux malfrats surgissent, exigeant une forte rançon aux riches parents d’Alice en échange de sa vie. Ni les deux voyous ni Amy ne savent jusqu’à quels crimes peut aller Alice pour survivre…
Le troisième volet de la première saison, en six volumes, de ce thriller aux étonnants ingrédients tient les promesses des deux premiers. Jean-Luc Istin, jusqu’à présent considéré comme un maître de la BD celtique (« Ys », « Elfes », « Druides », « Merlin », « Les Brumes d’Asceltis », « Excalibur », « Les Maîtres inquisiteurs »…), est tout aussi à l’aise dans l’écriture de ce récit qui mélange l’univers hospitalier, les zombies et les psychopathes. Un fameux cocktail mis en images par le serbe Zivorad Radivojevic, brillant successeur de Philippe Vandaële, dès le second épisode. Le rythme de parution trimestrielle des albums ne peut que séduire les lecteurs de plus en plus nombreux de cet habile détournement des classiques séries dédiées aux morts vivants.
Et la maquette des albums est mortellement séduisante !
Henri FILIPPINI
« Alice Matheson T3 : Sauvez Amy ! » par Zivorad Radivojevic et Jean-Luc Istin
Éditions Soleil (14,50 €) – ISBN : 978-2-302-04887-4











