Né le 14 août 1926, le légendaire René Goscinny — disparu trop tôt à l’âge de 51 ans, en 1977 — aurait eu 100 ans cette année ! Une salve de livres célèbre aujourd’hui le centenaire du génial scénariste d’« Astérix », de « Lucky Luke » ou d’« Iznogoud » et créateur du « Petit Nicolas » (1), dont l’un est attendu depuis longtemps, puisque la première partie a paru en 2019. (2) Il s’agit du second volume du « Roman des Goscinny » par Catel (spécialiste du roman graphique biographique avec ses sensibles ouvrages sur Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges, Joséphine Baker…), qui a bénéficié une nouvelle fois, pour cet instructif et touchant portrait, de la complicité d’Anne Goscinny : la fille de cet homme guidé par le plaisir de divertir, dont l’héritage universel continue de faire vibrer toutes les générations…
Lire la suite...« Watertown » par Jean-Claude Götting
Un modeste employé de bureau, solitaire et maladroit, va se transformer, en peu de temps, en un détective tenace, obsédé par son enquête sur une femme partie sans laisser d’adresse, après le décès accidentel de son patron : un étonnant polar hitchcockien mis en cases de façon remarquable, tant sur le plan graphique que narratif…
Travaillant dans un cabinet d’assurances de Watertown, Philip Whiting est un homme qui n’est pas très bien dans sa peau : du genre plutôt paranoïaque, il croit que tout le monde lui en veut. Tous les jours, pour se donner du cœur à l’ouvrage, il achète un muffin qu’il mange sur le chemin du bureau, à la pâtisserie du coin.
Or, ce lundi-là, Maggie Laeger, la charmante vendeuse-gérante de la boutique, lui annonce qu’elle ne sera plus là le lendemain. Si elle disparaît bien le lendemain, on retrouve son employeur, mort, écrasé par la chute d’une étagère qui se situait au-dessus de son plan de travail. L’accident ne fait aucun doute, mais, deux ans plus tard, alors qu’il séjourne chez son frère à Stockbridge, de l’autre côté du Massachusetts, Whiting reconnaît l’ancienne vendeuse de muffins qui tient, désormais, un magasin d’antiquité. Mais elle fait comme si elle ne le connaissait pas et dit s’appeler Marie Hotkins…
Il y a pourtant vraiment trop de coïncidences et aucun doute pour Whiting. Persuadé qu’il y a anguille sous roche, il se met en tête d’éclaircir ce mystère…
Pas de coups de feu ou de poings, pas de combats ou de poursuites effrénés, juste une enquête psychologique au tranquille cheminement que nous narre un Jean-Claude Götting en pleine forme, exploitant formidablement sa passion pour l’Amérique des années cinquante et pour les films noirs de cette époque : la justesse de son écriture et la qualité de ses récitatifs se mariant à merveille avec son reconnaissable trait aussi charbonneux qu’agréable à l’œil, tout en pastels et en crayons gras.
Gilles RATIER
« Watertown » par Jean-Claude Götting
Éditions Casterman (18 €) – ISBN : 978-220-311-215-5













