Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...Alix : deux albums, un héros !
Tous ceux qui apprécient le jeune blondinet créé par Jacques Martin dans les pages de l’hebdomadaire Tintin ont bien entendu acheté les deux nouveaux albums publiés en cette fin d’année. Ce qui est étonnant, c’est que les deux scénaristes, probablement sans se consulter, ont permis au jeune Gaulois de la série originelle et à son aîné sénateur de retrouver un même personnage croisé au cours d’un épisode de l’époque Martin : Héraklion, héros du « Dernier Spartiate ». Retour sur ces deux albums à la fois différents et tellement voisins.
Pendant que Marc Antoine poursuit ses extravagances en l’absence de César, Alix Graccus et Enak s’inquiètent à propos du comportement d’Héraklion, leur jeune protégé.
Fils du spartiate Héraklios mort au combat, vaincu par les légions d’Horatius, Héraklion apprend qu’Astyanax, chef de la garde noire dévoué à sa mère Adréa morte d’épuisement, ne lui fera plus parvenir de messages.
L’homme vient d’offrir ses services à Juba qui, à Zama en Afrique, résiste aux troupes de César, auprès des derniers romains qui le combattent.
Alix décide de partir pour l’Afrique afin de rencontrer Astyanax, le seul capable de venir en aide à Héraklios. Un épisode classique, au scénario riche et documenté — signé Mathieu Bréda — qui n’aurait probablement pas déplu à Jacques Martin.
Pas plus que les images de Marc Jailloux qui respectent la ligne claire réaliste de la première époque du créateur.
En l’an 12 avant J. C., la Grèce est occupée par les Romains, à la grande honte de Sparte.
À Athènes, Alix accompagné par ses deux fils, rencontre Numa Sadulus : personnage ambigu moitié espion, moitié brigand, croisé dans le classique « Enfant grec ».
Le sénateur enquête sur le vol des livres sibyllins de l’Empire au cours de leur transport, depuis Delphes où ils se trouvaient, et que l’Empereur Auguste souhaite rassembler dans le temple d’Apollon à Rome.
Les cadavres de 300 spartiates ont été découverts sur les lieux de l’attaque.
C’est à ce moment qu’intervient Héraklios devenu un solide guerrier, en lutte contre l’occupant romain, lequel souhaite que son ami Alix l’aide à prouver l’innocence de Sparte et à confondre les comploteurs. Première partie d’un diptyque qui s’annonce passionnant et qui est signé par Valérie Mangin : sans trahir le personnage, elle renouvelle avec efficacité le mythe du héros né après-guerre. Moins fidèle au trait d’origine, et il a raison, Thierry Démarez propose un Alix crédible, même auprès des plus inconditionnels du style Martin.
Notons un joli clin d’œil : la préface signée Numa Sadoul, historien de la BD, qui avait servi de modèle à Jacques Martin pour camper le personnage de Numa Sadulus.
Que ceux, scénaristes et dessinateurs, qui s’interrogent sur la manière de poursuivre une œuvre, s’inspirent de ces deux reprises à la fois complémentaires et réussies.
« Alix T34 : Par-delà le Styx » par Marc Jailloux et Mathieu Bréda
Éditions Casterman (12 €) – ISBN : 9 782 203 093 690
« Alix Senator T4 : Les Démons de Sparte » par Thierry Démarez et Valérie Mangin
Éditions Casterman (13,50 €, édition luxe à 6 000 exemplaires : 18,95 €) – ISBN : 9 782 203 089 211




















