« Sykes » par Dimitri Armand et Pierre Dubois

Le western a de nouveau le vent en poupe en BD ! Après Undertaker, Buffalo Runner et autres Stern, voici “Sentence” Sykes : un marshall solitaire vêtu de noir et virtuose du six-coups. Se révélant être plutôt un chasseur de primes sans état d’âme, il débarque dans une petite ville des grandes plaines du Wyoming, à la poursuite d’une bande de cinq braqueurs de banque sans foi ni loi. Voici donc un western classique, mâtiné de Sergio Leone et de John Ford, qui mérite votre attention ! D’autant plus qu’il est efficacement narré par un scénariste habituellement spécialisé dans les histoires d’elfes ou de lutins et remarquablement dessiné par le responsable du récent “reboot” de Bob Morane !

Le jeune Jim Starret, traumatisé par l’assassinat de sa mère qui a eu lieu sous ses yeux, s’accroche aux basques de ce justicier de passage flanqué de son peu recommandable compère, le tireur d’élite O’Malley, et du pisteur indien Renard Gris, lesquels l’aident à traquer les criminels et à combattre les injustices. Alors que la loi du plus fort règne donc en maître sur des territoires hostiles, ce marshall-là n’est pas vraiment comme les autres, puisqu’il est féru de lecture : original, non ?

Gunfighters implacables aux destins prévisibles, beauté des paysages et inévitable duel final : tous les codes du western spaghetti sombre et violent sont au rendez-vous ! Pourtant, on notera quand même quelques touches d’autodérision… D‘ailleurs, quelques-uns de ces justiciers de l’Ouest mythique vont réussir à vieillir et être obligés à se confronter à un monde en pleine mutation, en route vers la modernité…

Gilles RATIER 

« Sykes » par Dimitri Armand et Pierre Dubois

Éditions Le Lombard (20 €) – ISBN : 9 782 803 632 268

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2 réponses à « Sykes » par Dimitri Armand et Pierre Dubois

  1. Brigh dit :

    Album touchant. Pierre Dubois m’a ravi pour un contexte où je ne l’attendais pas.

  2. Voila un bon western, assez crépusculaire et violent (viol collectif et meurtre d’une bande de soudards qui écumaient le Grand Ouest à l’époque où il n’ y avait pas beaucoup de loi), mais avec des touches d’humanité, et un dessin magnifique. Si on arrive à atrapper vivants des terroristes avant qu’ils ne se suicident à la ceinture de dynamite, il faudrait les obliger à lire ce livre dans leur cellule, cela les ferait réfléchir sur l’usage inconsidéré de la violence par les armes à feu.