Dans un monde médiéval fantastique ravagé par la guerre, où le bien et le mal se confondent en absurdités sanglantes, Alastor de Sombregarde est un chevalier maudit, revenu d’entre les morts, grâce à l’intervention d’un maître-gobelin plutôt roublard du nom de Guulghar. Cette anthropomorphe créature, aussi cynique que philosophe, tient en sa main un bâton orné du crâne de son frère Huulghar, lequel continue, malgré tout, de parler et d’exercer la sorcellerie. L’improbable trio traverse champs de bataille et forêts damnées, afin de retrouver la dulcinée du seigneur désabusé… Aurélien Morinière illustre de façon magistrale cette grinçante épopée d’heroic fantasy —tendance Tim Burton —, dont son complice (Olivier Dobremel, alias Dobbs) nous livre de prometteuses prémices tragi-comiques…
Lire la suite...« Le Crime qui est le tien » par Philippe Berthet et Zidrou
Avant de mourir d’un cancer, un paisible commerçant avoue être celui qui a trucidé sa belle-sœur en la poignardant de soixante-sept coups de ciseau à bois, vingt-sept ans plus tôt. Son frère, jusque-là accusé du meurtre de cette femme qui avait un peu trop le feu aux fesses, revient dans leur bled de Nouvelle-Galle du Sud, où se sont passés les événements, ayant passé sa cavale à élever des moutons, planqué au cœur des montagnes.
Hanté par le fantôme de sa femme volage et traqué par le shérif local qui le croit toujours coupable, le mari cocu se confronte aux rancœurs et aux non-dits…
Le scénario, habile et légèrement surnaturel, multiplie les fausses pistes dans une atmosphère pesante, mise en valeur par des dialogues tirés au cordeau, des couleurs chaudes et un dessin aussi somptueux qu’élégant.
Décidément, Zidrou est LE scénariste BD du moment ! Quel que soit le domaine exploité, la comédie de mœurs (« Les Beaux Étés » avec Jordi Lafebre, voir l’article de Didier Quella-Guyot), le conte cruel (« Bouffon » avec Francis Porcel, voir l’article de Philippe Tomblaine) ou comme ici le polar implacable, tous ses récits réalistes publiés chez Dargaud Benelux sont de belles surprises narratives ; et encore, on ne vous vante pas non plus la qualité de ses séries humoristiques pour la jeunesse : « L’Élève Ducobu », « Tamara », « Boule à zéro » (enfin, si, voir l’article de Laurent Lessous…)
Après Cuba et les États-Unis du diptyque « Périco » écrit par Régis Hautière et en attendant une virée dans le Grand Nord où se déroulera le troisième récit (un scénario signé Sylvain Runberg), cette incursion dans la chaleur des petites villes australiennes ne démérite absolument pas de la collection Ligne noire : des histoires noires, toutes dessinées par le maître d’une certaine ligne claire qu’est Philippe Berthet !
« Le Crime qui est le tien » par Philippe Berthet et Zidrou
Éditions Dargaud Benelux (14,99 €) – ISBN : 978-2-5050-6343-8












