Trois ans après l’attentat par un mystérieux tueur cagoulé qui a coûté la vie à sa femme, alors qu’il était au fait de sa gloire, le romancier Fred Stone vit à l’écart du monde, dévasté… Néanmoins, son agent le projette à nouveau sur le devant de la scène en exhumant son premier ouvrage — « The Puzzle Game » — qu’il avait pourtant délibérément laissé au fond d’un tiroir à l’époque ! Contraint d’en assurer la promotion, le célèbre écrivain accepte d’aller au festival littéraire de sa ville natale. Il croise alors la route d’une inconnue qui ressemble beaucoup à son amour dramatiquement perdu, mais aussi d’un nouvel agresseur masqué qui le prend en chasse… Le jeu de puzzle ne fait que commencer dans ce haletant polar hitchcockien signé Denys et Herik Hanna !
Lire la suite...« Moi, assassin » par Keko et Antonio Altarriba
Étonnant et sarcastique polar psychologique, ce remarquable scénario, bien pervers, est dû au romancier espagnol Antonio Altarriba, déjà remarqué lors de la traduction en français de son « Art de voler » dessiné par Kim, chez le même éditeur, en 2011. Grâce à sa qualité d’écriture et à l’exposition sans détour de ses craintes et de ses interrogations, mais aussi grâce au sobre, mais puissant, trait aux noirs et blancs tachetés de rouge de son compatriote Keko (qui fait beaucoup penser à celui de l’Italien Magnus), il renouvelle avec maestria le thème du serial-killer.
Enrique Rodriguez Ramirez est un renommé professeur d’histoire de l’art de l’université du Pays Basque, à la tête d’un groupe d’étude qui se penche sur les relations entre les arts et la cruauté dans la peinture occidentale. À cinquante ans passés et à l’apogée de sa carrière, il est sur le point de prendre les commandes de son domaine de recherche.
Seulement voilà, au-delà des connaissances acquises qu’il prodigue avec dextérité, l’enseignant nourrit une passion dévorante pour le crime qu’il considère comme la réalisation ultime dans l’art. C’est ainsi que cet homme aussi acariâtre qu’énigmatique prépare, méthodiquement et minutieusement, ses esthétiques assassinats qui sont tous inspirés par une technique picturale particulière, différente à chaque fois. Il s’oblige, aussi, à respecter d’autres règles de base comme ne jamais tuer quelqu’un qu’il connaît, avoir un quelconque mobile ou tirer des bénéfices de ces radicales actions : car un crime ne peut pas être artistique s’il n’est pas gratuit !
Cependant, cet homme au-dessus de tout soupçon va être impliqué dans le meurtre de l’un de ses collègues qui n’est autre que son principal rival universitaire : la mise en scène, avec son corps démembré et ligoté, rappelant une suite de gravures réalisées par l’immense peintre Goya…
Gilles RATIER
« Moi, assassin » par Keko et Antonio Altarriba
Éditions Denoël Graphic (19,90 €) – ISBN : 978-2-207-11688-3













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