La jeune pilote de course Sigrid Hässler, dite Sigi, poursuit son tour du monde en voiture — entre montée du nazisme (en cette fin des années 1920) et multiples périls du voyage — avec le photographe Sven. Ils ont échappé à un piège mortel aux États-Unis (1) et les voici sur la route des Andes. Ils y croisent le riche propriétaire terrien Raul de la Hoya, lequel peut dépanner la voiture. En Europe, la blonde Hannah (en couverture de l’album), une amie de Sigi, est la maîtresse du mécène nazi Gottfried Geyer : un jeu de plus en plus dangereux… On retrouve ici les mêmes qualités que dans le premier tome et David Morancho, le dessinateur, reste à un échelon bien connu désormais, c’est-à-dire très haut. Une série prévue en quatre tomes, excellente et recommandée…
Lire la suite...« La Mort de Staline » T1 par T. Robin et F. Nury
Grâce à cet éblouissant portrait d’une dictature plongée dans la folie pendant les deux jours qui suivirent l’attaque cérébrale de Joseph Staline, dans la soirée du 28 février 1953, à la suite de la diffusion d’un concerto de Mozart à la radio de Moscou, on retrouve avec plaisir le trait réaliste qu’utilisait Thierry Robin sur « Rouge de Chine » ou sur « Koblenz », bien avant que ce dernier se consacre exclusivement à la bande dessinée enfantine et humoristique (« Zappa et Tika » ou « Petit Père Noël » avec Lewis Trondheim).
Et son style semi-réaliste, acéré et anguleux, ainsi que son découpage dynamique et très varié, convient parfaitement au récit décalé concocté par Fabien Nury, où la lutte acharnée pour le pouvoir suprême reflète toute la perversité et l’inhumanité du totalitarisme.

On sent aussi que cet excellent dessinateur bicéphale est complètement passionné par le sujet (d’ailleurs, il avait déjà accumulé une tonne de documentation avant que le scénariste d’« Il était une fois en France » ou de « L’Or et le sang » le contacte, car il avait, alors, un projet de « biopic » sur « le petit père des peuples ») : c’est comme si le subtil scénario de Fabien Nury lui avait, graphiquement, donné des ailes !
Prévu en deux tomes fort bien documentés, où le scénariste, comme à son habitude, mêle habilement la fiction et la réalité historique, cette « lamentable fin d’un tyran sanguinaire » nous donne une vision très juste de cette période de cafouillage, noyée dans la vodka, où trouille et combine, étaient bien les deux mamelles de la Russie… Et voilà encore un grand moment de lecture à ne pas rater !
Gilles RATIER
« La Mort de Staline » T1 (« Agonie ») par Thierry Robin et Fabien Nury
Éditions Dargaud (13,50 Euros)







