COMIC BOOK HEBDO n°81 (25/07/2009)

Comic Book Hebdo d’été : retour sur quelques albums sortis cette année et qu’il fait bon emporter à la plage. Cette semaine, une araignée est de retour…

SPIDER-MAN L’INTÉGRALE 1978 (Panini Comics, L’Intégrale)

Heureusement, Panini ne lâche pas l’affaire et continue à nous proposer de belles continuités en ce qui concerne les intégrales de nos super-héros favoris (avec malgré tout le souhait inextinguible de nombreux fans dont je fais partie et qui espèrent toujours que Hulk puisse enfin passer le stade du deuxième volume : il le mérite, et… attention les gars, il est costaud !!!). Cette parenthèse m’amène à un autre souhait, celui de voir enfin les chefs-d’œuvre de l’âge d’or des comics super-héroïques et de SF enfin réédités comme il se doit ! Aahhh… que de saines lectures en perspective…! Mais ce n’est pas du tout le sujet d’aujourd’hui, je me suis emberlificoté dans une vraie toile d’araignée… Car notre Tisseur de toile est donc de retour dans cette grande rétrospective de ses exploits, la plus importante en termes d’albums déjà sortis dans cette collection (17 volumes à ce jour). Il faut dire que Spider-Man est le premier vrai super-héros emblématique en solo du Silver Age, et son succès ne s’est jamais démenti malgré des hauts et des bas, mais réussissant à garder une remarquable constance, jusqu’à conquérir le petit comme le grand écran, en films, dessins animés, jeux vidéo et j’en passe… Oui, c’est vrai que c’est un sacré personnage, ce Spider-Man… Un monument de Marvel, une clé de voûte, une institution, messieurs dames ! Son potentiel est tel qu’il peut encore inspirer mille histoires, des millions de possibilités que nous aimerons toujours découvrir même après des décennies de lecture ; c’est bien à cela qu’on reconnaît un vrai bon personnage, et la qualité d’une série. Après… bien sûr… tout dépend de qui la reprend, cette série, et dans quelle lignée éditoriale.

Alors, au cours des quelques 47 années de carrière de Peter Parker, évidemment, de nombreux auteurs et artistes se sont essayés et ont pu faire leur preuve sur le fameux titre. Des bons, des moins bons, des inspirés, des gnan-gnan, des géniaux, des décalés… faisant passer Spider-Man d’une atmosphère à une autre, parfois tragique, parfois légère, facettes plus ou moins complémentaires dans la mythologie du personnage. L’année 1978 est un peu contrastée, sur ces points. D’excellents scénaristes mais plus ou moins bien inspirés, et tout le monde ou presque s’accordera à dire qu’esthétiquement, c’est loin d’être la meilleure période du Tisseur, puisqu’on y retrouve principalement Ross Andru dont le dessin un peu brut et caricatural, un rien rigide, ne rend pas forcément service à l’ambiance de la série, et semble même malhabile, outrancier… Pourtant, encré par un artiste aussi talentueux que Bob McLeod, Andru devient très regardable, comme vous pourrez le constater dans l’un des épisodes de cet album. Un album qui s’ouvre sur cinq épisodes signés Len Wein et qui reviennent sur la personnalité du Bouffon Vert. Car l’affreux jojo revient encore chercher des noises à Spider-Man. Wein en profite pour amener sa pierre à l’édifice des possibilités de l’identité de ce super-vilain qui – même mort – n’en finit plus de revenir. Puis vous pourrez lire le premier épisode de Marv Wolfman en tant que scénariste de la série, un épisode hommage revenant sur les grands moments de l’histoire du Tisseur, dessiné par Sal Buscema. Le genre de récit parfait pour qui débarque dans la série sans rien y connaître, un classique du genre ! Mais soyons honnête, les premiers épisodes de Wolfman sur Spider-Man sont plus une casserole qu’autre chose ! Ouille ouille ouille ! C’en est même drôle ! Car comment ne pas ouvrir de grands yeux ronds en lisant les aventures de Spider-Man contre un type en skate-board super-rapide appelé Roller Skater, ou bien un gros mec à bord d’une roue géante style jouet Mattel, répondant au doux et nuancé nom de Big Wheel ? Waouh ! I can’t believe it ! So mortal… J’avoue que quand j’ai lu ça je ne savais plus très bien où j’étais, qui j’étais, et ce qui se passait… Franchement, je vous le conseille ! Moins risibles mais fortement ancrés dans la vague japonisante kung-fu des seventies, les épisodes suivants se lisent avec plaisir. Mais le meilleur est à la fin, avec un épisode toujours signé par Wolfman (qui semble avoir repris ses esprits) mais cette fois-ci dessiné par Bob McLeod et encré par Jim Starlin ! Bouarf ! Ça fait du beau monde ! Et effectivement, on accède tout de même à autre chose, à une atmosphère graphique plus profonde, à une esthétique plus riche, comme si nous lisions enfin un Spider-Man adulte après avoir baigné dans les Kinder Surprise… Vous y rencontrerez Captain America et Electro, et rien que pour ça, l’album vaut le coup d’œil, chers esthètes monomaniaques…

Cecil McKINLEY

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