Si Versailles nous était conté …

Le lancement était royal, ce lundi 24 septembre, sous les ors du château de Versailles, de la nouvelle bande dessinée signée du duo de scénaristes Didier Convard et Éric Adam, associés pour l’occasion à Éric Liberge.

Le lieu n’est pas anodin, « Le Crépuscule du Roy » marquant le premier volet d’un triptyque ayant pour cadre le célèbre palais royal. L’ouvrage fait en effet l’objet d’une coédition entre l’établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, et les éditions Glénat, lesquelles poursuivent leur collaboration avec les institutions en charge de la gestion du patrimoine français, après, par exemple, les bandes dessinées ayant pour décor l’Abbaye de Cluny, le site de Carnac, ou plus récemment  « Le Pendule de Foucault », réalisé en partenariat avec le Musée des Arts et Métiers.

Didier Convard, aux cotés de Catherine Pégard, Présidente du château de Versailles, écoutant religieusement Jacques Glénat

« Notre volonté, depuis 2008, explique Jean-Vincent Bacquart, Chef du service des éditions de l’Epic versaillais, est de pratiquer une ouverture éditoriale de notre catalogue pour retrouver une place dans  l’édition généraliste et amener des gens qui ne connaissent pas le château à le fréquenter. La BD a totalement sa place dans cette stratégie. C’est la raison pour laquelle nous avons donné suite à la proposition de collaboration de Glénat, dont nous connaissions les expériences passées réussies du même genre. Mais il n’était pas question de contraindre les auteurs à une BD historique, nous étions, au contraire, très favorable à un genre qui pourrait surprendre le public, comme la science-fiction ».

Du côté de l’éditeur grenoblois, Convard et Adam répondent immédiatement présents pour l’écriture du récit : « Versailles est un lieu mythique, comme peuvent l’être, par exemple,  les pyramides d’Égypte », s’enthousiasme Éric Adam, « il y a 4 ou 5 lieux comme ça, dans le monde, pas plus ! Tout ce qui y est investi comme fantasmes et symboles est démesuré ».  Très vite, comprenant que les responsables versaillais sont effectivement prêt à jouer le jeu de la fiction, les auteurs imaginent un triptyque en remontant le temps, du futur au passé, en passant par le présent : « Nous n’avons pas hésité à malmener l’Histoire et le Château », s’amuse Convard, tout en soulignant que l’ensemble du récit se déroulait en permanence sous le regard bienveillant mais rigoureux du comité scientifique de l’Institution versaillaise.

« Ce qui est formidable dans cette aventure, explique les deux auteurs, c’est que les  autorités du château ont joué le partenariat à fond, se rendant toujours disponible et nous permettant l’accès à tous les coins et recoins du château, même ceux inaccessibles au grand public. » Le récit futuriste du « Crépuscule du Roy » se situe donc à Versailles, à une époque indéterminée, qu’on pourrait imaginer être au XVIIème siècle. « Quelques anachronismes surgissent, étonnent progressivement le lecteur, explique Adam. Jusqu’à ce que deux des personnages s’enfuient, pour découvrir le monde en dehors du château. » « Et, à partir de là, s’enflamment les deux auteurs en même temps, ça fout les jetons … »

Il faut noter que, mis à part un petit fil rouge « un peu manipulatoire », selon l’expression même des scénaristes, les trois tomes composant le triptyque annoncé pourront se lire de manière totalement indépendante. Le deuxième volume empruntera à Alexandre Dumas  et son « Chevalier de Maison-Rouge » et jouera sur les paradoxes temporels, à travers l’intervention d’un de nos contemporains essayant, à l’été 1989, de sauver Marie-Antoinette. « Quant au troisième volet, il mettra en scène Molière et le Masque de fer », nous révèlent les auteurs.

Laurent TURPIN

« Le Crépuscule du Roy » , par Éric Liberge, Éric Adam et Didier Convard 

Éditions Glénat – Château de Versailles (13,90€) – ISBN : 978-2-7234-8842-6

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