Après le passionnant triptyque signé Yann et Taduc dédié au major Jones, c’est au tour des frères Walter et William Sheridan, invités de ce second volet de la prometteuse série « XIII Trilogy », d’entrer en scène. Deux auteurs tout aussi brillants s’attellent au passé des futurs présidents Sheridan : des protagonistes centraux des aventures de XIII. Une manière astucieuse de poursuivre la saga créée en 1984 par Jean Van Hamme et William Vance. Les héros sont immortels !
Lire la suite...« La Peau de l’ours » par Oriol et Zidrou
Lipari est une petite île italienne, située au nord des côtes siciliennes, probablement habitée d’individus pittoresques comme ce vieux monsieur Don Palermo (nom on ne peut plus local !) qui a fait toute sa carrière (« carrière », est-ce bien le mot qui convient ?) auprès d’un certain Don Pomodoro dont il était l’aide de camp, autrefois, aux Etats-Unis. Mais Pomodoro n’est pas un employeur ordinaire, c’est un chef de la mafia, un homme sanguin et sanguinaire, plus furieux que fou, bref, un chef incontesté, et pour cause il pense en tuant et fait le ménage en trucidant sans compter.
Pourquoi Palermo est-il devenu son proche « collaborateur » ? ! C’est contraint et forcé. Lui qui travaillait dans un cirque et vouait un attachement immodéré pour son ours savant, a vu le Pomodoro abattre froidement l’animal, puis engager son dresseur qui n’avait, du coup, plus d’ours à montrer ! Dans un pays chaud, la vengeance peut être un plat qui se mange froid, alors Palermo patiente, repousse, médite, prémédite… Qui plus est, le truand a une fille qui lit Steinbeck et ne rechigne pas à lui faire l’amour… Ca retarde et ça complique les choses, faut comprendre !
Cette histoire, on l’apprend des souvenirs qu’égraine Don Palermo, devenu vieux et aveugle, à Amadeo, un jeune homme qui lui lit l’horoscope. Amadeo est un natif de Lipari, dragué par Silvana, une jeune Italienne un peu nymphomane qui a souvent le cul nu, mais la tête un peu vide. Curieusement, ce grand dadais hésite, le soleil du sud sûrement qui ramollit les neurones et la libido !
« La Peau de l’ours » – on reconnait le proverbe – est une incontestable réussite, un de ces scénarios adultes, sans concession ni de mots, ni d’images. L’auteur de « Lydie » ou d’autres titres aussi sérieux (voir en note), se lâche de plus en plus, et cela lui réussit, car voilà un récit implacable et beau, doté d’une écriture léchée et alléchante, de personnages forts, d’un cadre pittoresque, le tout dessiné à la serpe par un Oriol dérangeant. Oriol Hernandez aiguise les nez, assèche les membres, désincarne ses individus et, pourtant, vitalise son petit monde comme pas un et le rend attachant (pour Pomodoro, crapule sans faille, c’est évidemment plus dur : !).
Alors, bon voyage en mer tyrrhénienne…
Didier QUELLA-GUYOT ([L@BD->http://www.labd.cndp.fr/] et sur Facebook).
http://bdzoom.com/author/didierqg/
« La Peau de l’ours » par Oriol et Zidrou
Éditions Dargaud (14, 99 €) – ISBN : 978-2-5050-1137-8
PS : Découvrir aussi :
« La Vieille dame qui n’avait jamais joué au tennis : & autres nouvelles qui font du bien » (Dupuis, 2009)
« Joyeuses nouvelles pour petits et grands enfants » (Dupuis, 2010)
« Le Montreur d’histoires » (Le Lombard, 2011)












