« Resident Evil » par Naoki Serizawa et Capcom

Les amateurs de jeux vidéo connaissent tous la saga « Resident Evil », même s’ils n’y jouent pas personnellement. Depuis sa création il y a 15 ans, ce qui, au départ, n’était qu’un jeu de survie dans un monde hostile, est devenue une véritable franchise. Un cinquième film est prévu pour septembre 2012 et la version 6 du jeu sera disponible en novembre prochain sur Xbox360 et PlayStation 3. C’est de cet opus que ce manga s’inspire.

La trame de l’histoire est assez basique : Doug Wright, professeur à l’institut de technologie de l’université Bennett, est un spécialiste en bactériologie. Il reçoit une lettre étrange d’une ancienne petite amie qui lui demande son aide. Aujourd’hui, elle dirige un établissement d’enseignement catholique privé extrêmement réputé, situé non loin de Singapour : l’école Marhawa. Pour l’aider dans ses investigations, il demande à Rick Tozawa de l’accompagner. C’est un étudiant peu brillant, mais également son neveu. Une fois sur place, ils découvrent une élève en décomposition, passée à l’état de zombie de manière inexpliquée. Comme cela pourrait nuire à la réputation de l’établissement, aucune aide extérieure ne peut être envisagée. Pourtant, Doug, voyant que la situation dégénère, décide qu’il serait bon de faire appel à un commando d’élite du BSAA, spécialisé dans le bioterrorisme. Cela ne sera pas facile puisque toutes les possibilités de communication avec l’extérieur sont coupées. La chasse aux zombies peut commencer…

On sent bien que ce manga est un travail de commande, puisque le scénario est signé du nom de la société éditrice du jeu, Capcom, et non d’une personne en particulier. Pourtant, il est intéressant en plusieurs points. L’histoire est prenante et suit une trame que l’on sent réfléchie. Les stéréotypes du genre sont tous présents : jeune premier, professeur aventureux, bimbos, cadre fermé et actions de nuit. Néanmoins, même si on peut se croire dans une film américain trop policé, tout cela suit une logique agréable et bien construite. Pareil pour le dessin, il est propre, bien réalisé et parfaitement juste. On sent la documentation photographique et la copie des écrans du jeu vidéo derrière certains plans, mais cela n’est pas grave. C’est beau et c’est bien ce qui compte.

Le trait est fin, les ombres bien maîtrisées. La construction de chaque planche répond à une dynamique graphique et scénaristique indéniable. Ce manga est traité comme un blockbuster, afin d’en mettre plein la vue au lecteur et de le tenir en haleine tout au long du récit. D’ailleurs, les pages d’introduction tout en couleurs sont là pour donner un bon avant-goût de ce qui nous attend dans la suite. La zombification est impressionnante de réalisme avec de nombreux détails et un sens de la mise en scène poussé.

Naoki Serizawa est déjà connu en France pour son manga « Saru Lock ». Dessinateur talentueux de 34 ans, il est indéniablement à l’aise dans le registre du grand spectacle horrifique. Pour lancer ce livre, Capcom a fait les choses en grand : il est publié en France en même temps qu’au Japon et dans dix autres pays ou le manga est populaire. C’est une première qui montre bien l’importance de ce mode de communication dans le marketing cross-plateforme. Tout ceci dans l’optique de faire connaître la licence Resident Evil et de toucher d’éventuels nouveaux joueurs.

Bien évidemment, ce manga s’adresse avant tout aux passionnés du jeu vidéo « Resident Evil ». Il est indéniable qu’avec le regain de popularité des zombies il tombe à point nommé et risque de toucher un large public.

Gwenaël JACQUET

« Resident Evil - marhawa desire » par Naoki Serizawa et Capcom

Édition Kurokawa (7,65 €) – ISBN : 2351428080

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© 2012 NAOKI SERIZAWA (AKITASHOTEN JAPAN)

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