Dans un monde médiéval fantastique ravagé par la guerre, où le bien et le mal se confondent en absurdités sanglantes, Alastor de Sombregarde est un chevalier maudit, revenu d’entre les morts, grâce à l’intervention d’un maître-gobelin plutôt roublard du nom de Guulghar. Cette anthropomorphe créature, aussi cynique que philosophe, tient en sa main un bâton orné du crâne de son frère Huulghar, lequel continue, malgré tout, de parler et d’exercer la sorcellerie. L’improbable trio traverse champs de bataille et forêts damnées, afin de retrouver la dulcinée du seigneur désabusé… Aurélien Morinière illustre de façon magistrale cette grinçante épopée d’heroic fantasy —tendance Tim Burton —, dont son complice (Olivier Dobremel, alias Dobbs) nous livre de prometteuses prémices tragi-comiques…
Lire la suite...« L’Homme qui n’existait pas » par Cyril Bonin
Cyril Bonin doit bien aimer les récits oniriques et un peu fantastiques qui sont axés sur la transparence ! En effet, après avoir mis en bande dessinée (chez le même éditeur) « La Belle image », le court roman assez peu connu de Marcel Aymé, voilà qu’il nous propose l’histoire d’un développeur de sites Internet dont la passion dévorante pour le septième art semble l’avoir désincarné !
Cet informaticien célibataire, qui préfère côtoyer les personnages des comédies américaines plutôt que les vraies personnes – évitant donc tout contact avec la réalité car trouvant les rapports humains trop compliqués – est donc devenu immatériel, transformé en une espèce de passe-muraille (comme dans un autre roman de Marcel Aymé !!!) : notre discret misanthrope et cinéphile invétéré va alors en profiter pour assister aux coulisses du tournage d’un film et s’attacher à une étrange actrice.
Très vite, il comprend qu’elle est frappée du même mal-être que lui et que son immense lassitude la condamne à disparaître et à devenir, comme lui, un fantôme…
Par souci d’adéquation avec son récit, le sensible dessinateur va même jusqu’à supprimer certains encrages sur ses planches, ceci afin de donner un aspect plus éthéré à son trait : et le lecteur, même le plus matérialiste, ne pourra que se laisser happer par les limbes de son imaginaire, tournant goulûment page après page, jusqu’à une fin aussi ouverte et optimiste que mystérieuse… Bref, joliment illustré et rempli de poésie, le tout vous fera passer un très agréable moment de lecture !
Pour voir la bande annonce de l’album, cliquez ici :http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=Nbtj4DVicKk
Gilles RATIER
« L’Homme qui n’existait pas » par Cyril Bonin











