Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« L’Île au trésor » par Jean-Philippe Stassen et Sylvain Venayre
Quelle bonne idée que cette relecture du chef-d’œuvre de Robert Louis Stevenson, transposée dans un monde contemporain : une petite fille noire (Jacqueline que tout le monde surnomme Jacquot) remplaçant Jim Hawkins, le jeune héros blond du roman !
Au cœur d’un quartier de la ville, un immense et mystérieux chantier, entouré de grandes palissades est protégé par une armée de vigile. Déserté par les ouvriers, il ressemble à une île perdue dans l’immensité de la mer urbaine… Dans le petit café-restaurant-hôtel qui borde ce curieux endroit, Jacquot fait tout ce qu’elle peut pour aider son papa qui est très malade. Or, un matin, arrive un drôle de client qui porte un étui à violon, et qui réclame plat du jour et bouteille de champagne, ainsi qu’une chambre pour rester quelques jours en pension.
Aussi menaçant qu’affolé, il se livre alors à quelques confidences et demande à la petite fille de le prévenir si elle aperçoit un boiteux, avec une grosse tête ronde, qui est à sa recherche : un homme qui a une sale gueule, une gueule de traître, qui claudique en s’appuyant sur une canne avec un pommeau d’argent… Ainsi, la peur va-t-elle s’insinuer, le mystère va-t-il s’épaissir et le danger va-t-il régner : et, ici, les inquiétants pirates seront dirigés par un vieux chef d’entreprise… Avide de grosses sommes d’argent pour asseoir davantage son pouvoir, il organise, avec l’aide d’une ancienne prostituée, une expédition pour tenter de trouver un trésor caché, quelque part, dans ce qui reste des immeubles en démolition du chantier…
Tout en respectant la dramaturgie de l’intemporelle et universelle œuvre originale, et sans jamais la trahir, Sylvain Venayre (historien spécialiste du XIXe siècle) et Jean-Philippe Stassen (le dessinateur, au trait faussement naïf, du « Bar du vieux français » ou de « Deogratias ») se démarquent malicieusement des nombreuses adaptations connues (que ce soit en films, séries télévisées, dessins animés, livres jeunesse ou bandes dessinées) en offrant un véritable et judicieux travail de réappropriation. Émotion et puissance y sont omniprésentes, tant dans l’audace du parallèle avec le climat social actuel que dans la force expressive de la narration et du graphisme : un exercice de style vraiment bluffant…
Gilles RATIER
« L’Île au trésor » par Jean-Philippe Stassen et Sylvain Venayre
Éditions Futuropolis (17 €) – ISBN : 978-2-7548-0196-6










