PLUS DE LECTURES DU 14 JANVIER 2008

Notre sélection de la semaine : “ Sherlock T.1 ” par Jean-Louis Le Hir, Didier Convard et Eric Adam, “ Amères saisons ” par Etienne Schréder, et “ Je suis Cathare T.1 : Le parfait introuvable ” par Alessandro Calore et Makyo.

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Sherlock T.1 ” par Jean-Louis Le Hir, Didier Convard et Eric Adam


Editions Glénat (12,50 Euros)


En 1877, sur le site archéologique de Deir El Medineh, en Egypte, le jeune Sherlock Matthiew est informé du suicide de sa mère. Il rentre aussitôt à la maison familiale, en Angleterre, et relève un certain nombre d’incohérences qui l’amène à conclure au meurtre. Aidé par Mycroft, son collé monté de frère qui travaille pour le gouvernement, il mène sa propre enquête… Même si le dessin un peu statique de Jean-Louis Le Hir nous a moyennement convaincus, il est indéniable qu’il colle assez bien à ce récit passionnant, au découpage sans faille dû à Eric Adam et Didier Convard. Ce dernier est d’ailleurs dans une faste phase créative puisqu’il accumule les créations réussies («Tanatos» ou «Le protocole du tueur»), s’étant débarrassé de certains tics d’écriture qui avaient tendance à alourdir, naguère, son propos et sa narration. D’autant plus qu’ici, son travail, dont la fluidité est aujourd’hui évidente, est certainement allégé par l’apport solide des connaissances d’Eric Adam, mais aussi par le fait que Didier Convard connaît bien son personnage. En effet, il nous avait déjà conté les aventures de «Sherlock Holmes» dans de courtes bandes dessinées mises en images par Pierre Brochard, dans les pages de l’hebdomadaire Triolo, en 1983 ! Certes, cette version est bien plus aboutie et intéressante, mais cela a quand même dû l’aider un petit peu… En tout cas, le plaisir de lecture est là, et on attend, avec impatience, la suite de la série afin de savoir à quelle sauce le célèbre détective va être mangé, maintenant que le voile sur ses origines est levé !


 


Amères saisons ” par Etienne Schréder


Editions Casterman (12,95 Euros)


Cette étonnante autobiographie de 220 pages (proche de l’exutoire) explique, en partie, pourquoi Etienne Schréder a attendu l’âge de 40 ans pour débuter dans la bande dessinée : en 1989, dans le mensuel (A Suivre). Il délaisse ici son trait minutieux et les habituelles mises en abîme de son graphisme (voir ses différents albums dans la collection «Carrément BD» chez Glénat ou encore sa trop méconnue «Couronne en papier doré» chez Casterman, où il abordait déjà, de façon métaphorique, le thème de la dépendance à l’alcool) pour un style plus spontané : comme si cet auteur fragile avait préféré se concentrer d’abord sur l’efficacité de sa narration (qui gagne d’ailleurs énormément en efficacité) pour mieux se confier aux lecteurs, sans misérabilisme. Car il est évident que retracer cette descente aux enfers, due à l’alcoolisme, a dû être douloureux. Etienne Schréder nous raconte donc, avec sincérité, comment il a été contraint de démissionner de la maison d’arrêt où il travaillait comme greffier, et comment il a très vite rejoint les exclus de la rue, tout en se détruisant par la boisson : de Bruxelles à Paris, en passant par Toulon et Marseille. Après quinze années de tentatives avortées pour accoucher de ce témoignage sur un impossible sevrage qui l’a même conduit dans des hôpitaux psychiatriques, ce fidèle collaborateur de pointures comme les dessinateurs François Schuiten ou Bernar Yslaire et le cinéaste Raoul Servais, nous livre une réalité que l’on n’a guère l’habitude d’appréhender de l’intérieur…


 


Je suis Cathare T.1 : Le parfait introuvable ” par Alessandro Calore et Makyo


Editions Delcourt (12,90 Euros)


Le scénariste (mais aussi excellent dessinateur) Pierre Makyo inaugure, avec la série médiévale «Je suis Cathare», la nouvelle collection « Histoire et histoires » des éditions Delcourt. Guilhem perd la mémoire au moment où son épée traverse le corps du chevalier d’ombre. Retrouvé nu dans les neiges du Languedoc, il est recueilli par Maître Eymeric qui va lui enseigner quelques rudiments médicaux. Transcendé par une force supérieure, le jeune homme réussit à soigner les gens sans potions ou médicaments. Proclamé «parfait», c’est-à-dire une sorte de pasteur cathare aux pouvoirs de saint homme, sa réputation de guérisseur miraculeux parvient même là où l’Inquisition sévit. Prêt à tout pour déchirer le voile opaque qui obscurcit son passé, l’amnésique suit un homme qui prétend être son frère… Les contextes historiques et religieux sont bien amenés et le récit, très documenté, est passionnant jusqu’au bout. D’autant plus que le trait académique, mais expressif, de l’italien Alessandro Calore est en totale symbiose avec l’efficacité de l’histoire.


 


Gilles RATIER


 

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