PLUS DE LECTURES DU 17 DECEMBRE 2007

Notre sélection de la semaine : “ Brüssli T.2 : Le guerrier ” par J. Etienne et Jean-Louis Fonteneau, “ Exit Wounds ” par Rutu Modan, et “ Arctica T.1 : Dix mille ans sous les glaces ” par Boyan Kovacevic et Daniel Pecqueur.

 


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Brüssli T.2 : Le guerrier ” par J. Etienne et Jean-Louis Fonteneau


Editions Les Humanoïdes associés (12,90 Euros)


Le premier tome de cet adorable et captivant conte de fées, se déroulant dans un univers fantaisiste ressemblant bougrement une Alsace d’autrefois où les villageois luttent contre des loups plus ou moins crétins habillés en hommes, nous avait emballé : et la conclusion de ce diptyque est du même acabit ! Pourtant, les aventures de ce petit garçon, qui ressemble à un dragon et qui cherche à savoir qui sont ses vrais parents, devraient avoir plus de succès ! En effet, tout ces amusants personnages sont très bien campés, la narration est fluide, et le tout est enrobé par un remarquable trait «cartonnesque» rehaussé par de superbes couleurs directes : que vous faut-il de plus ? A l’approche de Noël, ce périple d’un drôle de héros protégé par une puce gueulante et confié aux bons soins de la frangine d’un dictateur en jupons, est le cadeau idéal pour les plus jeunes d’entre-nous : même si les plus anciens y retrouverons, avec nostalgie, l’atmosphère des contes et légendes de leur enfance ; d’autant plus que le petit côté décalé du récit risque de ne pas leur déplaire !


 


Exit Wounds ” par Rutu Modan


Editions Actes Sud BD (20 Euros)


La bande dessinée israélienne moderne est assez peu diffusée dans les pays francophones, si ce n’est par l’entremise, récente et bienvenue, des éditions Actes Sud. Avec sa consoeur Batia Kolton, Rutu Modan appartient au groupe Actus Tragicus qui en est l’un des fers de lance, et son nouveau récit, publié au Canada par Drawn and Quarterly (l’éditeur référence en ce qui concerne les romans graphiques), est en tous points remarquable ! La subtilité de sa narration, laquelle suggère sans rien véritablement montrer, aborde de plein fouet le problème du terrorisme, sous couvert d’une histoire d’amour presque conventionnelle : et si la tension politique est évacuée, la complexité des relations en est d’autant mieux cernée ! Quant au style épuré, proche de la ligne claire, il est élégamment mis en valeur par des à-plats évocateurs. Une jeune femme juive annonce à un chauffeur de taxi palestinien de Tel Aviv que l’une des victimes non identifiées d’un attentat à la bombe pourrait être son père. Malgré quelques réticences initiales, il finit par se laisser convaincre de mener l’enquête, aidé par celle qui s’avère être la maîtresse de son géniteur. Evidemment, les deux protagonistes vont se rapprocher, mais sans romance excessive, car ce n’est pas là le plus important…


 


Arctica T.1 : Dix mille ans sous les glaces ” par Boyan Kovacevic et Daniel Pecqueur


Editions Delcourt (12,90 Euros)


Comme dans sa série phare («Golden City» dont le nouveau cycle vient de démarrer chez le même éditeur : voir 5 albums à la Une), Daniel Pecqueur se focalise, avec raison, sur des personnages forts, confrontés à des problématiques environnementales, le tout dans un univers d’anticipation que l’on espère n’être que de la science-fiction : un as de l’aviation se consacre à l’élimination des épaves dangereuses dans l’espace, depuis la mort de sa petite fille causée par la radioactivité d’un débris de satellite retombé sur Terre. Réquisitionné pour détruire les icebergs dérivant sur les routes maritimes en cette période de réchauffement climatique, il tombe sur une affaire que l’on s’empresse de classer secret défense… Pendant ce temps-là, une conductrice de locomotives est attaquée par des terroristes et rencontre une mystérieuse petite fille. Ces trois protagonistes se retrouvent rapidement mêlés à un complot qui s’organise autour de la découverte d’un cylindre repêché dans les eaux glacées du Nord… Une aventure trépidante et intrigante où l’efficacité du scénariste fait encore mouche (d’ailleurs, on ferait bien de rééditer son chef-d’œuvre : «Thomas Noland» illustré par le regretté Franz) et où le trait sec mais élégant du Serbe Boyan Kovacevic fait enfin sensation (entre autres, grâce aux ensorcelantes couleurs de Pierre Schelle) !


 


Gilles RATIER


 

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