Plus de lectures n°19 – 26 janvier 2004

Montserrat : souvenirs de la guerre civile, La meute de l’enfer T.1 : Les compagnons de l’aigle, Tous à la montagne, Sous les feuilles, Les imposteurs T.2.

 


« Montserrat : souvenirs de la guerre civile » par Julio Ribéra


Editions Bamboo/Angle de vue (12,50 €)


Né en 1927 à Barcelone, Julio Ribera s’exile en France en septembre 1954. Aujourd’hui, il vit en Savoie et peut se vanter d’être l’un de nos plus prolifiques dessinateurs, après avoir écumé la presse quotidienne, les plus grands magazines de BD et avoir dessiné les trente et un tome de l’excellente série de science-fiction : «Le vagabond des limbes» (scénario de Christian Godard). Avec cet album, les éditions Bamboo (via leur nouveau label «Angle de vue») lui permettent de se pencher sur sa jeunesse. Prenant le parti narratif du récitatif (heureusement ponctué de quelques rares phylactères), Ribéra évoque dans un premier temps l’insouciance d’un petit garçon dévorant les bandes dessinées, dévalant les pentes en caisse à savon, cauchemardant devant le «Frankenstein» interprété par Boris Karloff : c’est drôle, émouvant… Puis arrivent les temps sombres et durs de la guerre qui sont immédiatement suivis par l’étouffante et terrible oppression franquiste laquelle instaure les privations, la famine et l’angoisse pour tout un peuple : et là c’est bouleversant !


 


« La meute de l’enfer T.1 : Les compagnons de l’aigle » par Christian Hojgaard et Philippe Thirault


Editions Humanoïdes associés (12,35 €)


Nous sommes au début du VIe siècle : Rome a perdu sa splendeur d’antan et les barbares dirigent les armées impériales de l’Occident. L’empire chrétien d’Orient est, quant à lui, sous la coupe des maîtres de Byzance, lesquels reconstituent une troupe de mercenaires redoutables. Séparés depuis huit ans et dispersés après la mort de l’un d’eux, ces brigands renaissent pour conquérir le «Tribut des dieux», dernier legs, dissimulé dans le désert de Libye, laissé par les empereurs romains à leurs anciennes divinité. La quête de la communauté est en cours mais ce premier épisode s’attarde sur le passé de ces guerriers à la peau ravagée de cicatrices. Le scénario et le dessin sont intéressants et méritent notre attention ; mais attendons la suite pour pouvoir mieux juger de la force de ce récit historique pas tout à fait comme les autres !


 


« Tous à la montagne » collectif


Editions AUDIE/Fluide Glacial (9,50 €)


Saviez-vous que l’on peut retrouver le contenu des hors séries de Fluide Glacial (une fois leur commercialisation terminée dans le réseau presse) sous la forme de beaux albums cartonnés (en vente chez votre libraire favori) ? L’éditeur a même créé une nouvelle collection pour les accueillir : «Les délires Fluide Glacial». Après différents thèmes récurrents comme Noël ou la moto, ce sont les vacances à la montagne qui deviennent le sujet principal de ce nouvel opus. Sous une couverture de Jean-Yves Ferri, on y retrouve toute l’équipe du mensuel, en pleine forme sportive d’hiver : Hugot, Lelong, Bouzard, Caritte, Baron Brumaire, Lerouge, Pixel Vengeur, Tha & Tharrats, Covial, Mo et Julien cdm, Ivars, Rudowski, Lamorthe, Autheman, Pichon, Pourquié, Stédo, Meurice, les humoristes Fioretto, Deup, Frémion… et même le regretté Moerell. Faut dire skier, c’est vraiment drôle !


 


« Sous les feuilles » par Gabriella Giandelli


Editions Seuil (20 €)


Avec son troisième album traduit en français, l’italienne Gabriella Giandelli (une élève de Lorenzo Mattotti) affine son trait et ses couleurs alors qu’elle reprend un personnage créé, en 1997, pour sa première BD : «Vies blanches» (également aux éditions du Seuil). Crâne lisse et visage peu expressif, ce témoin muet des destins brisés est de passage dans un village de l’Italie profonde. Il devient le révélateur d’un drame familial traumatisant, tout en jouant le rôle de l’analyste. De superbes planches dépouillées, souvent privées de texte, mettent en valeur la tristesse et la mélancolie qui se dégagent de cette œuvre curieuse qui peut néanmoins, dérouter le lecteur lambda.


 


« Les imposteurs T.2 » par Christian Cailleaux


Editions Casterman (13,50 €)


Ayant endossé l’identité d’un célèbre écrivain le temps d’une nuit, un jeune trompettiste (et docker à l’occasion) est tenté d’assumer l’imposture pour un temps indéterminé. Dans ce deuxième volume, l’intrigue se complexifie tout en évoluant toujours dans un monde symbolisé par une accumulation de soirées mondaines où faux semblants, hypocrisie, tricherie et sophisme règnent en maîtres. Un trait sec et coupant juxtaposé à des dialogues lucides et à des scènes silencieuses nous permet de mieux apprécier cette comédie humaine et théâtrale.


 


Gilles RATIER


 

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