Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Halo Jones » par Ian Gibson et Alan Moore
C’est la rentrée, mais j’espère que vous n’êtes pas passés à côté du « Halo Jones » sorti cet été, puisqu’il s’agit bien de la fameuse série de Moore parue dans « 2000 A.D. » au début des années 80.
Entre ses premières séries cyniques (voire parodiques) et ses créations ultérieures plus adultes et « sérieuses », « Halo Jones » pourrait être considérée comme une œuvre quelque peu charnière d’Alan Moore, empruntant aux deux esprits, oscillant entre farce et tragédie intime. « La Ballade de Halo Jones » nous raconte les aventures d’une jeune femme blasée du 50ème siècle qui décide de prendre sa vie en mains. Difficile de devenir une femme au sein d’un tel contexte cosmique où tout semble être là pour entraver les êtres… Halo Jones va connaître de nombreuses aventures – plus ou moins heureuses, parfois dramatiques – avant d’arriver à une certaine connaissance d’elle-même et de la nature du vivant. Un combat incessant où il faut se défendre parfois malgré soi, la violence revêtant bien des apparences surprenantes… Souvent définie comme l’une des premières œuvres féministes de science-fiction, « La Ballade de Halo Jones » est surtout un cri de révolte unisexe incarné par une femme plus qu’un réel pamphlet féministe… On y retrouve toutes les révoltes de Moore, qu’elles soient sociales, morales, économiques ou géopolitiques… Avec Halo Jones, Moore se détache de ses personnages plus caricaturaux habituels à l’époque (comme D.R. et Quinch) et tend vers le sensible – sans jamais oublier l’outrance. C’est une œuvre plaisante, baroque, contrastée, portée par une héroïne discrète mais déterminée et des intrigues aussi échevelées que graves et lourdes de sens. Le style de Ian Gibson, plutôt rond et gras au départ, acquiert au fil des épisodes de très jolies nuances de traités, notamment dans des hachures et des déliés subtils qui donnent à l’œuvre une dimension réaliste supplémentaire et bienvenue. Dans la seconde moitié de l’ouvrage, il y a parfois de très belles cases qui laissent présager du meilleur pour la suite… et nous fait regretter l’arrêt de la série. Charmante Halo Jones… Les séries made in « 2000 A.D. » que nous proposent les éditions Soleil depuis quelque temps ont certes parfois mal vieilli, mais leur intérêt historique reste intact, ces œuvres de « jeunesse tardive » de Moore étant significatives et révélatrices du parcours de cet immense auteur. Indispensable pour les inconditionnels.
Cecil McKINLEY
« La Ballade de Halo Jones » par Ian Gibson et Alan Moore
Éditions Soleil US Comics (25,00€)









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