Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...La guerre fantôme de Jacques Ferrandez
Sept ans après Le cimetière des princesses, Jacques Ferrandez poursuit sa série Carnets d’Orient. Après un premier cycle de cinq albums, qu’il avait consacré à la période coloniale de l’Algérie, de 1830 à 1954, l’auteur s’engage ici dans les événements d’Algérie, dont il décrit avec précision l’engrenage fatal ayant conduit à la guerre, entre provocations sanguinaires et répressions sauvages.
L’action, au début du récit, se situe en Algérie en novembre 1954, au cours des premières semaines de l’insurrection. Dans les villages, celui du jeune Saïd (le petit berger qui a retrouvé les carnets de Joseph Constant) comme dans tant d’autres, la tension monte contre ces français « qu’on ne voit jamais et quand on les voit c’est mauvais signe ». A Alger, on retrouve les jeunes amoureux insouciants Sauveur et Marianne. Il y a aussi Samia, une jeune étudiante en médecine, son cousin Ali ou encore Octave, proche parent de Marianne, gradé récemment rentré de Dien Bien Phu pour venir grossir les rangs de l’armée française en Algérie.
A travers les destins croisés de ses différents personnages, Jacques Ferrandez alterne les points de vue et rend compte de l’évolution tragique des événements, évoquant notamment la cruauté et les tortures qui avaient autant cours du côté des militaires français que du FLN algérien. Progressivement, on comprend que chacun n’a d’autre recours que de choisir son camps, les atrocités commises devenant de plus en plus nombreuses au cours de cette guerre encore « fantôme ».
Devant un sujet si fort, mené avec autant de justesse dans le récit, il reste peu de place pour aborder le caractère graphique de l’album de Jacques Ferrandez, dont il faut néanmoins noter qu’il poursuit son œuvre dans le caractère novateur du mélange des formes picturales, introduisant notamment des aquarelles au début de chaque nouveau chapitre.
Remarquable !
Editions Casterman – 14,95€






