Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...« L’Héritage d’Émilie T1 : Le Domaine Hatcliff » par Florence Magnin
A un « A » près, Emilie serait Amélie, ce qui ne l’empêche nullement d’avoir également un fabuleux destin. Surtout , ne passez pas à côté de la jeune héroïne attachante et fragile de Florence Magnin, qui signe ici un premier album en solo, féerique et beau.
Surprenant, le début du récit ressemble à une sorte de road movie. Au Début du 19ème siècle, deux hommes, visiblement perdus, errent durant trois planches à travers des territoires déserts irlandais avant de se retrouver aux portes d’un étrange temple. Mystère !
Soudain, la page à peine tournée, le lecteur est à Montmartre, en 1923. Emilie y est danseuse au moulin rouge. Dans son esprit, danseuse – même seins nus – ne veut pas dire strip-teaseuse (ou pire !) et pour avoir refusé de se dévoiler devant un bourgeois voyeur, ami du directeur du music hall parisien, voilà Emilie sans travail. Elle est alors contactée par un notaire qui lui apprend qu’elle hérite d’un vieux manoir irlandais venu d’un lointain parent, mort plus de 100 ans auparavant . Libre et insouciante, Emilie se met en route vers ses nouvelles terres.
De Paris à l’Irlande, transporté par une série de flashes back fantastiques, d’intrigantes rencontres et d’inquiétants personnages, le lecteur se lie progressivement mais définitivement à cette héroïne attachante et fragile, à la naïveté naturelle et désarmante, dont on soupçonne au fil du récit le fabuleux destin. Florence Magnin signe ici un premier album en solo d’une qualité rare, féerique et beau. La dessinatrice, qui avait déjà eu l’occasion de montrer ses talents d’illustratrice, dévoile ici ses compétences scénaristiques à l’occasion du premier tome très travaillé de cette nouvelle série, tant graphiquement que dans la construction narrative. A découvrir d’urgence !
Editions Dargaud – 12,6€ (sortie en janvier 2002)






