« Duke » : septième et ultime chevauchée…

C’est en janvier 2017 que Hermann renoue avec le western avec la complicité au scénario de son fils Yves H. L’inoubliable créateur de « Comanche » reprend enfin la piste de l’Ouest américain, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs. Sept albums plus tard — et quels albums ! —, le père et le fils mettent un terme à l’épopée d’un héros cabossé, usé par la vie, chevauchant au cœur d’une Amérique qui se transforme et qui n’est plus vraiment faite pour un gaillard de la trempe de Duke Finch.

1866. Ancien assistant du marshal Sharp dans la petite ville d’Ogden dans le Colorado, Duke Finch coule une retraite paisible. Jusqu’au jour où le riche Mullins lui propose de convoyer un magot de 100 000 dollars. Attaqué par son frère Clem, qui s’empare de l’argent, Duke et son ami Timothy Swift — neveu du banquier Soakes — sont contraints d’extorquer 100 000 dollars à la Soakes & Sears. C’est le montant de la rançon exigée par le redoutable King — qui règne sur le ranch d’Ogden — en échange de Peg, jeune prostituée qu’il détient prisonnière et dont Finch est amoureux. Ce que notre héros ignore, c’est que King, qui le considère comme son fils, veut autre chose que l’argent de la rançon. Cet ultime combat mené par le vieux marshal, rattrapé par son passé, n’est pas avare en morts violentes et en règlements de comptes féroces. Après une traque impitoyable, le couple enfin réuni part vivre une retraite paisible à La Nouvelle-Orléans. Ultime occasion pour Duke de croiser la route de personnages hauts en couleur, tel Manolito — le tueur sanguinaire, Ed — le colosse, ange gardien de King… On peut pourtant se demander si tenir un magasin de mode en Louisiane auprès de sa belle est une fin bien raisonnable pour un vieux cow-boy né un colt à la main. 

Les Huppen père et fils signent un western dynamique et riche en action, digne des productions hollywoodiennes en cinémascope d’après-guerre. Les couleurs, réalisées à l’aquarelle, n’ont rien à envier au bon vieux Technicolor. À 84 ans — Hermann est né dans les Ardennes belges en 1938 —, celui qui fût l’un des piliers de l’hebdomadaire Tintin fait preuve d’une incroyable maîtrise de son trait : alternant paysages sublimes et personnages aux trognes somptueuses. Un western nostalgique qui ne peut que donner envie de relire cet autre grand classique du genre qu’est « Comanche ». 

Cette conclusion de « Duke » n’est en aucun cas l’annonce du départ du Grand Prix d’Angoulême en 2016 pour une retraite bien méritée, après la publication de plus de 100 albums ! Il prépare son retour au péplum — en janvier prochain — avec « Melo » : diptyque réalisé lui aussi avec son fils Yves H, tout en préparant le nouvel album annuel de sa série fétiche, « Jeremiah ». Quelle santé ! 

Henri FILIPPINI

« Duke T7 : Ce monde n’est pas le mien » par Hermann et Yves H.

Éditions du Lombard (15,45 €) — EAN : 978-2-8082-1011-9

Parution 13 janvier 2023

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Une réponse à « Duke » : septième et ultime chevauchée…

  1. Kroustilyion dit :

    Respect et admiration, pour ses 113 albums, entièrement dessinés de sa main, sans « collaborateurs » ! Je le lis depuis ses débuts avec, évidemment, mes périodes préférées…