Manu Larcenet nous livre peut-être ici son album le plus personnel, après « Le Combat ordinaire » et « Blast » ! Il nous parle de la mort et de la vieillesse, cherchant à regarder en face ce qui nous échappe : la maladie, la solitude, l’angoisse, les liens que l’on a brisés, le temps qui passe, l’inadaptation à la société… Plus radicalement encore, en se dessinant au bord du vide et en retirant presque tout ce qui pourrait faire écran entre son personnage et le lecteur, il laisse planer cette question qui revient lorsque tout le reste s’effondre : à quoi bon ? « L’Insensé » est un album poétique que certains jugeront parfois inconfortable, mais qui est d’une puissance rare : une œuvre qui refuse les facilités de l’émotion, pour mieux atteindre quelque chose de beaucoup plus profond…
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Le début : Reynolds est un effaceur, un nettoyeur si vous préférez, ou alors un tueur à gages. Son métier est simple. On l’engage pour un contrat et il doit simplement tuer la personne en question. Et le pire c’est …
Le début : Reynolds est un effaceur, un nettoyeur si vous préférez, ou alors un tueur à gages. Son métier est simple. On l’engage pour un contrat et il doit simplement tuer la personne en question. Et le pire c’est qu’il fait ça bien, en petit chef d’entreprise, la Eraser limited, avec sa petite secrétaire, Virginia. Il a toute une gamme de forfaits au service de ses clients. Il peut vous proposer le « strike » (vous êtes fauché par une voiture), le « fondation » (on vous coule dans du béton), le « crescendo » (une balle dans le pied le premier jour, une dans le genou le second, etc.), le « last will » (qui comme son nom l’indique permet d’exaucer une dernière volonté avant le trépas), le « recyclage » (votre corps se retrouve éparpillé dans plusieurs boîtes de cassoulet), le « sculpture » (votre dernière demeure sera une statue exécutée avec des matériaux de grande qualité et un soin jamais égalé), et beaucoup d’autres encore…
Notre avis : Reynolds est évidemment aussi drôlatique qu’inquiétant. Utiliser un tueur à gages comme héros d’une série de gags en une planche, il fallait y penser (quoique Cauvin …). Jenfèvre et Richez, qui jouent beaucoup sur les clichés de la fonction – comme la maniaquerie du tueur ou la nécessité de ne jamais laisser de témoins vivants -réussissent l’exploit de déborder d’humour, même si celui ci se révèle finalement souvent très noir. A découvrir ! LT
Editions Vents d’Ouest – 8,99€







