Avant « La Quête de l’oiseau du temps » : plus qu’une manche avant le dénouement !

Il y a tout juste 40 ans, Charlie mensuel présentait les premières pages d’une série d’heroic fantasy : créneau encore peu visité par les auteurs de BD à l’époque. Avec « La Quête de l’oiseau du temps », deux jeunes auteurs construisaient, sans le savoir, les fondations d’une œuvre aujourd’hui incontournable. Le duo Serge Le Tendre et Régis Loisel, désormais trio avec l’arrivée au dessin de David Étien sur le cycle « Avant la quête », propose l’avant-dernier chapitre de ce monument de la bande dessinée.

Rejoints par Kryll, une valeureuse jeune femme de la tribu Méridines initialement chargée par l’ordre du Signe de les tuer, Bragon et Bulrog font route au pays d’Akbar vers Thâ : la cité de la Marche des voiles d’écumes. Le Chevalier y retrouve la rousse princesse Mara, son éternelle promise, mais aussi son allié le prince Bodias de la Marche des mille verts. Mara confie à Bragon qu’elle a déchiffré un grimoire. L’ouvrage assure qu’il existe une graine susceptible d’apporter, grâce à une ancienne magie, une aide précieuse à leur lutte contre le dieu Ramor et les guerriers invincibles de Rochemarts : le maître de l’ordre des Signes. Nos héros font route vers l’estuaire du fleuve Dol où la précieuse graine est dissimulée. Une dangereuse quête au cœur d’un monde hostile, sous la menace des chevaliers du Signe, toujours désireux de s’emparer de la conque du dieu Ramor où, selon la croyance, il est enfermé. Ce qui n’empêchera pas les âmes romantiques d’assister, enfin, à l’union intime entre Bragon et sa belle princesse : au granddam de la pauvre Kryll, elle aussi amoureuse du Chevalier…

L’album, rappelons-le, est donc le septième et avant-dernier épisode du second cycle d’« Avant la quête » : une préquelle qui se propose de conter la jeunesse des protagonistes de « La Quête de l’oiseau du temps » (1). Une vraie réussite : les 850 000 albums vendus en tout de la série en témoignent. Un scénario haletant signé Serge Le Tendre et Régis Loisel, non dénué d’humour et aux multiples rebondissements garantissent au lecteur un voyage mouvementé dans des décors enchanteurs. Après Régis Loisel, enlumineur génial des quatre albums du premier cycle, puis les brefs passages aux traits plus personnels de Lidwine, Mohamed Aouamri et Vincent Mallié, c’est finalement David Étien — présent depuis le cinquième épisode en 2017 — qui se révèle le plus proche continuateur du créateur graphique, tout en conservant sa forte personnalité. Les 68 planches de ce nouvel opus renouent, d’ailleurs, avec le meilleur du premier cycle.

Né en 1981 en région parisienne, David Étien étudie l’animation à l’école des Gobelins. Il participe à plusieurs longs métrages (dont « Persépolis » et « Le Jour des corneilles »), avant de se diriger vers la bande dessinée. À partir de 2004, il publie la trilogie « Chito Grant » avec Jean-Blaise Djian chez EP éditions, avant de créer « Les Quatre de Baker Street » avec Djian et Olivier Legrand aux éditions Vents d’Ouest. Sans nuire à la qualité de son dessin réaliste précis et lumineux, il travaille simultanément sur trois séries : « Les Quatre de Baker Street », « La Quête de l’oiseau du temps » et « Champignac » (initiée depuis 2019 avec les Beka pour le scénario, aux éditions Dupuis).

Henri FILIPPINI

(1) Voir aussi Quand Loisel et Le Tendre se lèvent : « La Quête de l’oiseau du temps » T1, une analyse de planche….

« La Quête de l’oiseau du temps cycle 2 T7 : Folle Graine » par David Étien, Régis Loisel et Serge Le Tendre

Éditions Dargaud (15 €) — EAN : 978-2-2052-0211-3

Parution 10 juin 2022

Galerie

Les commentaires sont fermés.