Une belle immersion dans le monde végétal de petits lutins fort sympathiques…

La vie n’est pas toujours facile pour le petit peuple des lutins qui vit caché dans nos herbages et dans les espaces encore naturels. Le futur est de plus en plus incertain. En cause, un dérèglement climatique qui perturbe le cours naturel des choses et les actions peu amènes des humains contre une nature qu’ils escomptent dominer. C’est ce que comprend petit à petit la jeune lutine Fifrèle dans cette douce fable écologique porteuse de belles valeurs.

Fifrèle Trotte-Source est une petite fille vive et insouciante. Elle grandit dans une maison accrochée au pied d’un arbre avec Sifflette, sa grande sœur, ses parents et sa grand-mère toujours placide. Elle découvre émerveillée la nature environnante avec Bee, son abeille apprivoisée. Ses parents, eux, sont inquiets. Il n’y a pas assez d’eau, bien avant l’été, la sécheresse menace dès le printemps. Cela ne s’était jamais vu ! Ils décident donc de partir pour avertir le conseil des lutins. Quelques jours de marche ne leurs font pas peur. La survie de la vallée dépend de l’acceptation de leur requête : pouvoir utiliser de nouveau la magie pour se défendre contre le dérèglement climatique et les avancées des constructions humaines.

« L’Enfant des lucioles T1 : Sécheresse de printemps » page 5.

Les lutins sont en effet de petits êtres de la taille d’insectes, généralement invisibles aux yeux des humains. Ils vivent en accord avec la nature et ont abandonné la magie, il y a longtemps, pour vivre tranquilles loin de tous prédateurs. Mais les temps changent, ils ont dû faire face à la construction d’un barrage – ce qui a grandement perturbé l’écosystème -, avant d’affronter des sécheresses de plus en plus précoces.

C’est ce que comprend la petite Fifrèle qui vagabonde autour du logis familial : du potager du paysan voisin qui semble l’observer aux berges d’un lac qui cache de sombres secrets. Son monde bien à elle est aussi appelé à de profonds changements : sa grande sœur se prépare à la fête qui marque son passage à l’âge adulte et elle découvre, stupéfaite, qu’elle possède quelques dispositions à la magie…

La rencontre avec l'agriculteur...

Ce premier volume annonce le meilleur pour les trois tomes suivants d’une tétralogie annoncée. Il y a du rythme et beaucoup d’imagination pour décrire le monde des lutins, qui est un peu le notre au demeurant, et sa découverte par la candide Fifrèle.

De quoi aborder sans trop d’affects des thématiques d’actualité : la défense de l’environnement, les premiers effets du dérèglement climatique, la nécessité de collaborer avec les autres avant d’agir, les prémices du passage à l’adolescence ou l’importance de la transmission entre les générations.

Le trait numérique souple et coloré d’Arnaud Boutle lui permet d’inventer une nature proche de celle que l’on connait mais avec suffisamment de différences pour qu’elle intrigue et interpelle.

« L’Enfant des lucioles T1 : Sécheresse de printemps » page 16.

Ce récit fantastique cohérent et bien mené qui se déroulera sur quatre albums et quatre saisons est porté par de belles valeurs et beaucoup de bienveillance. Il ravira par ses soubresauts les jeunes lecteurs, tout en leur apportant d’utiles questionnements sur le monde qui les entoure.

La cité des lutins.

Laurent LESSOUS (l@bd)

« L’Enfant des lucioles T1 : Sécheresse de printemps » par Arnaud Boutle

Éditions Glénat (15,50 €) – EAN : 978-2-344-04343-1

Parution le 13 avril 2022

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