Dans son nouveau roman graphique, Pascal Rabaté nous transporte dans le Berlin de 1931, à quelques années du désastre, mettant en scène des artistes, des danseuses, des histoires d’amour, des soirées alcoolisées, des copains qui profitent de la vie… Bref : la grande fête. Hélas, cela ne va pas durer : nous, lecteurs, nous savons comment cela va se terminer… En narrateur accompli — tant en bandes dessinées qu’au cinéma —, l’adaptateur d’« Ibicus » et auteur des « Petits Ruisseaux » ou de « La Déconfiture » (1) va justement jouer avec cette longueur d’avance, tout en utilisant un graphisme coloré où il change légèrement son trait habituel, pour installer un malaise qui ne cesse de monter à la lecture de cette « Enfance des ruines » qui n’a pas fini de vous hanter…
Lire la suite...À New York, Emily pique et tonne dans le tome 4 de « La Venin » !
Dans les tomes précédents de la série « La Venin » de Laurent Astier (1), Emily avait commencé à régler ses comptes avec plusieurs responsables de l’agression de sa mère, qu’elle croyait morte. Sa route l’a menée à New York, en 1900. Sa prochaine cible est Whitman, un architecte : mais rien ne se passe comme prévu. Toujours poursuivie par l’agence Pinkerton, elle trouve refuge dans un cabaret où elle devient danseuse. Quelques épisodes de sa jeunesse en Arizona, son apprentissage de la vie et sa dureté, lèvent un peu plus le voile sur cette jeune femme rageuse et forte : voilà encore un bel album !
Stanley Whitman fait donc la connaissance d’Emily après le spectacle. Mais elle retrouve une vieille amie : la rousse Vicky, devenue lesbienne. Elle l’entraîne dans leur repaire de filles, où chante la Noire Susan, entrevue dans le tome 3. Sur sa trace, les deux hommes de Pinkerton enquêtent sur Whitman, mais aussi sur un mystérieux conseiller politique : William Ward, qui sera proche d’un gouverneur ensuite élu président. Whitman invite Emily et lui déclare sa flamme. Touchée, au lieu de le tuer comme prévu, elle ne sait plus quoi faire… L’Indien qui veille sur elle n’est pas très loin, mais va-t-il pouvoir intervenir ?
Voici un album très agréable, comme les trois premiers de cette belle série qui ne ménage ni les évènements ni les surprises.
Plus l’histoire avance, plus l’auteur tisse de nouveaux fils qui vont compliquer, et donc enrichir, l’intrigue de la vengeance d’Emily.
Les retours sur la jeunesse, aussi courts que nombreux — mais qui progressent dans le temps —, permettent de soutenir habilement l’attention du lecteur par des éléments très éclairants.
La ville de New York, au tournant du siècle, est très bien rendue avec ses grands bâtiments de l’époque (restaurants, casino, théâtre…).
Ici, de nuit, sous la neige ou en intérieurs, le graphisme est un régal.
À chaque tome, Laurent Astier apporte des ambiances et des situations, des lieux très différents, ce qui donne à cette série son cachet particulier. Suite et fin au tome 5 !
(1) : Voir les chroniques précédentes :
http://bdzoom.com/160467/actualites/l%e2%80%99ombre-des-derricks-et-du-ku-klux-klan%e2%80%a6/
http://bdzoom.com/137816/actualites/laurent-astier-investit-l%e2%80%99ouest-sauvage%e2%80%a6/
« La Venin T4 : Ciel d’éther » par Laurent Astier
Éditions Rue de Sèvres (15 €) — EAN : 978-2-36981-590-7



















