Bonjour la Roumanie…

À l’heure où les frontières européennes rouvrent leurs portes, que diriez-vous d’un petit voyage en Roumanie ? Plutôt un reportage avec interviews, commentaires, rappels historiques, bref, comme l’indique le sous-titre de « Goodbye Ceaucescu », « Un road-trip documentaire dans la Roumanie post-communiste » ! C’est parti…

Tout commence fort logiquement au moment où le tyran Nicolae Ceausescu va disparaitre du paysage politique de ce pays qu’il gouverne d’une main de fer depuis 1965, s’appuyant sur une « Securitate » sans état d’âme. En décembre 1989, un peu comme pour les tours jumelles, beaucoup seront marqués par les bulletins télévisés évoquant l’exécution du couple après un procès pour le moins expéditif…

À partir de là, la Roumanie va tenter de se reconstruire, de tourner la page d’un communisme inhumain, appauvrissant sans complexe sa population déjà condamnée à se taire. Qu’est devenue la Roumanie 30 ans plus tard ? C’est la question que s’est posé Romain Dutter en y séjournant plusieurs fois en 2018 et 2019, et son ouvrage tente de faire le point : subjectif, évidemment, mais documenté.

On découvre avec lui presque au jour le jour ses déplacements, ses rencontres, ses réflexions, ses doutes, tant à Bucarest qu’au bord de la Mer noire, tant à Timisoara que dans le Delta du Danube, dressant le constat d’un « pays exsangue économiquement, en proie à une forte corruption », un pays qui a « perdu cinq millions d’habitants ces dix dernières années », ce qui est énorme.

Le pays est-il devenu anti-communiste ? Y a-t-il une nostalgie de Ceausescu ? Quelle est la place de la population rom en Roumanie ? Quel sort leur réserve ceux qui se disent vraiment Roumains ? Qu’a apporté la société libérale à la population ? À quoi croit la jeunesse ? Quelle est l’importance de la francophonie ? Où en est politiquement la Roumanie ?

Autant de questions auquel l’auteur apporte des éclairages tout à fait intéressants, s’appuyant souvent sur les discussions et les témoignages des Roumains eux-mêmes. Loin de se vouloir un guide touristique, l’auteur s’appuyant sur le dessin  simple et efficace de Bouqé participant aisément à la lecture, finit pourtant par nous donner envie d’aller découvrir ce pays : Bucarest, la Transylvanie, les monastères peints, les villes médiévales… y contribuant avec bibliographie et références romanesques et musicales.

Chez le même éditeur, en coédition avec Les Escales, Cyrille Meyer, s’appuie, lui, sur un récit d’Olivier Behra, pour s’intéresse à un tout autre territoire : le Honduras, en proie à ses narcotrafiquants. Là encore, un graphisme sans esbrouffe et bien colorié, alternant avec des pages historiques aux illustrations commentées, permet sans difficulté d’entrer dans l’aventure, celle d’un séjour bien réel vécu par un ethnobotanique le long du rio Platano. Au programme : corruption, assassinats, exploitation forestière illégale, saccage de l’écosystème…

On est finalement moins tenté de partir au Honduras qu’en Roumanie…

Didier QUELLA-GUYOT ; http://bdzoom.com/author/DidierQG/

[L@BD-> http://9990045v.esidoc.fr/] et sur Facebook.

« Goodbye Ceaucescu » par Bouqé et Romain Dutter

Éditions Steinkis (20 €) – EAN : 9782368463246

« Jungle Beef » par Cyrille Meyer 

Éditions Steinkis/Les Escales (20 €) – EAN : 9782365695268

 

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