« Les Gueux » : l’ultime chef-d’œuvre de Vandersteen enfin traduit en français chez BD Must !

Le XVIe siècle est une époque qui a toujours fasciné le créateur des célèbres « Bob et Bobette » ! Celui qu’Hergé surnommait le Bruegel de la bande dessinée y situera même l’action des « Gueux » : sa dernière œuvre, laquelle se déroule précisément pendant la turbulente occupation espagnole des Pays-Bas. Les éditions belges BD Must qui, depuis 1997, publient des albums de qualité — en se spécialisant notamment dans la résurrection du patrimoine du 9e art — vont bientôt proposer un pack collector de trois ouvrages de cette série inédite en langue française, considérée par les aficionados comme la plus accomplie de Willy Vandersteen sur le plan graphique (voir https://fr.ulule.com/les-gueux/).

Les principaux personnages de « De Geuzen ».

Cet auteur de tant de créations populaires en Belgique flamande a donc apporté un soin particulier à cette bande dessinée réalisée de 1985 à 1990.

Même si Eric De Rop, l’un de ses assistants, eu l’honneur d’encrer les trois premiers épisodes (ceux édités aujourd’hui chez BD Must) – et qu’il bénéficia aussi d’une aide minime d’Eugeen Goossens et de Rita Bernaers -, Vandersteen précisa dans son testament que personne ne pourrait reprendre « De Geuzen » (« Les Gueux ») après son décès qui eut lieu en 1990.

Ceci après 50 ans de carrière où il a publié plus de 1 000 albums et dont il a vendu plus de 200 millions d’exemplaires. (1)

Une case crayonnée de « De Geuzen » avant encrage, où Vandersteen témoigne, une fois de plus, de son admiration pour le peintre Pieter Brueghel l'Ancien.

D’après Eric De Rop, les dessins de celui qui fut un pilier du journal Tintin de la grande époque (pour mieux s’intégrer à l’esprit général de cet hebdomadaire, il fit alors évoluer son graphisme vers un style proche de la ligne claire) étaient si finement détaillés qu’il a eu d’énormes difficultés à les retracer à la plume : « J’avais l’impression de commettre un sacrilège en maculant d’encre de si exceptionnels crayonnés. »

Vandersteen entrepris dès 1972 de créer un récit se situant aux Pays-Bas lors de l’occupation espagnole au XVIe siècle : une période bien trouble de l’Histoire où Guillaume d’Orange va mener les Gueux et Philippe II d’Espagne envoyer le duc d’Albe pour réprimer les rebelles, alors que le peuple supporte de moins en moins l’oppresseur.

Comme il avait déjà abordé ce thème de façon réaliste avec son « Thyl Ulenspiegel » dans Tintin en 1951,  il voulait à ce moment-là en faire une bande dessinée historico-humoristique, dont Hannes le Gueux et sa fiancée Soetkine auraient été les protagonistes.

Première version de « De Geuzen », en 1972.

C’est Paul Geerts (qui reprit avec succès « Bob et Bobette ») qui l’aida à en ébaucher les premières planches : il en résulta une bonne dizaine d’esquisses qui resteront finalement rangées dans un tiroir.

En effet, la même année, le maître mettait alors tous ses espoirs dans sa nouvelle (et l’une de ses meilleures !) série : « Robert en Bertrand » (« Robert et Bertrand »).

Toutefois, en 1985, « Les Gueux » referont surface, sous une forme graphique quelque peu plus réaliste, alors que Vandersteen fêtait son 72e anniversaire.

Ayant laissé « Robert et Bertrand » entre les mains de Marck Meul et Ronald Van Riet, il remet en selle le valeureux Hannes, fiancé cette fois-ci à Veerle : la fille d’un couple de fermiers dont le père désapprouve cette liaison. Le valet Tamme va, heureusement, favoriser les rendez-vous de ces deux tourtereaux animés par un fervent désir de liberté.

Très vite, le trio se range dans le camp des Gueux révoltés et participe à la résistance contre l’occupant.

Visiblement porté par ses personnages, Vandersteen les met donc superbement en images, et concocte un scénario prenant et astucieux où l’humour est omniprésent, comme s’il voulait signer l’œuvre de vie : ces aventures sortant directement en albums aux éditions Standaard, notre auteur n’était alors exceptionnellement pas soumis à des délais de prépublication, pouvant ainsi disposer de tout le temps de finition qu’il souhaitait.

Curieusement, cette œuvre flamande de grande qualité (dix albums au total) était restée inédite en langue française.Cette aberration va heureusement être réparée les éditions BD Must avec un premier pack collecteur à paraître d’ici la fin de l’année :  lequel contiendra trois albums cartonnés en couleurs de 48 pages, au format 22×30 cm, augmentés de trois ex-libris numérotés à 300 exemplaires. Voir la campagne Ulule : https://fr.ulule.com/les-gueux/.

Gilles RATIER

(1)   Pour en savoir plus sur Willy Vandersteen, voir Willy Vandersteen dans Tintin.

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5 réponses à « Les Gueux » : l’ultime chef-d’œuvre de Vandersteen enfin traduit en français chez BD Must !

  1. Olivier Northern Son dit :

    Vandersteen a-t-il eu le temps de conclure son histoire? En combien de tomes?

    • Gilles Ratier dit :

      Bonjour !
      Comme indiqué dans mon article, il y a eu dix tomes en flamand : tous terminés.
      Il s’agit d’histoires séparées avec les mêmes personnages, comme les « Bob et Bobette », « Robert et Bertrand », « Jérôme », « Bessy », « De Rode Ridder », etc.
      Bien cordialement
      Gilles Ratier

  2. Olivier Northern Son dit :

    Merci!

  3. JF dit :

    Bonjour.
    Est-il prévu une édition en langue française de Robert et Bertrand ?