Cette récente bande dessinée — reprenant une enquête du Nestor Burma de Léo Malet — est non seulement réussie, elle sort vraiment de l’ordinaire ! Déjà, il s’agit du dernier roman original avec le célèbre détective de choc (le titre suivant le mettant en scène n’étant que la réécriture d’un texte du romancier, déjà paru en 1948) et du premier entièrement réalisé par François Ravard (après qu’il ait dessiné, également d’après l’univers graphique de Jacques Tardi, « Les Rats de Montsouris », dont Emmanuel Moynot avait assuré l’appropriation scénaristique), mais c’est aussi l’une des rares fois où Burma quitte la capitale (1) : d’ailleurs, lors de sa parution en 1970, aux éditions Fleuve noir, le récit ne faisait pas partie du cycle « Les Nouveaux Mystères de Paris ».
Lire la suite...Paroles de Taule
Fin 1999, l’association BD Boum , organisatrice du Festival de Blois, associée pour l’occasion aux éditions Delcourt, créait l’événement en publiant « Paroles de Taulards ». Eric Corbeyran, dans le cadre de l’action sociale menée par Bd boum auprès des détenus de …
Fin 1999, l’association BD Boum , organisatrice du Festival de Blois, associée pour l’occasion aux éditions Delcourt, créait l’événement en publiant « Paroles de Taulards ». Eric Corbeyran, dans le cadre de l’action sociale menée par Bd boum auprès des détenus de la maison d’arrêt de Blois, avait alors recueilli divers témoignages de « taulards » sur leur vécu avant et leur pendant l’incarcération. L’ensemble, illustré par un collectif de 13 dessinateurs, donnait une vision grave et sensible « de l’intérieur » de l’univers carcéral. Deux ans après, sur un principe identique pour les détenus mais élargi au point de vue des surveillants de la maison d’arrêt de Blois, « Paroles de Taule » explore le quotidien de l’univers carcéral, de l’attente du parloir et du blues qui suit ce moment toujours fort aux relations entre co-détenus en passant par les conditions matérielles de vie, comme la douche, la promenade ou l’argent. Une nouvelle fois Corbeyran a proposé son savoir-faire scénaristique aux courts-récits des détenus et surveillants, mis en images par différents auteurs (Margerin, Cabanes, Guérineau, Janvier, Bézian, Sattouf, Edith,… : 21 en tout). L’ensemble est homogène et intelligent. L’évocation réaliste et sans complaisance a le mérite de couper court à certaines idées reçues véhiculées par les uns ou les autres sur la prison. « Paroles de Taule » est un ouvrage aussi rare que fondamental, qui prouve une nouvelle fois (si besoin était) que le neuvième art est un formidable vecteur de témoignage et d’émotion.
Co-production BDBoum / éditions Delcourt – Collection Encrages – 62 FF – 9,42 €.







