« Deadwood », c’est pas du bois mort !

En mars dernier, nous évoquions le grand retour du western avec notamment le premier volet de la trilogie « Deadwood Dick » : « Noir comme la nuit, rouge comme le sang », paru aux éditions Paquet, un western savamment travaillé en noir et blanc et adapté des romans de Joe R. Lansdale. Les tomes 2 et 3 sont à présents parus, mettant un point final à des récits accrocheurs, mouvementés et truculents.

Inspirée de l’histoire vraie d’un certain Nat Love, cette nouvelle série évoque un homme qui, pour se protéger d’un patron Blanc et de son racisme primaire n’a eu d’autre solution que de s’engager dans l’armée. On apprenait dans le tome 1, d’où venait ce cow-boy atypique, car noir. C’est lui qui raconte s’adressant directement au lecteur, le prenant à parti, crument quelquefois. Il sait qu’Indiens et Noirs sont mal placés dans cette Amérique, mais comme il le dit, lui, le nègre qu’il est n’a rien contre les Indiens, sauf contre ceux qui essaient de le descendre !

Le tome 2, dessiné cette fois par Pasquale Frisenda, poursuit dans la même veine : combats sanglants, dialogues percutants, tueurs sans état d’âme : « struggle for life » avant tout ! Deadwood Dick a pourtant une certaine morale et il va tout faire pour qu’on enterre dignement un pauvre hère, noir comme lui, secouru en plein désert et qui meurt sous ses yeux.

Tout l’épisode tourne autour de cette mission qu’il s’est imposée, ce qui l’amène à croiser ou à affronter des types prêts à tout dès qu’on les paie. Le western dans toute sa noirceur avec ses parias et ses teigneux comme à Hide and Horns, « un nom à la noix pour une ville de merde » et où ça tire à tout va et que les pistolets font la loi.

Le tome 3, plus épais que les deux autres, est réalisé par le dessinateur Stefano Andreucci dans un noir et blanc aux contrastes plus appuyés, mais toujours dans le même esprit graphique. Deadwood Dick s’est fait un nouvel ami, Black Hat Jack. Avec une centaine de chasseurs de bisons, ils vont se retrouver face à des Comanches, des Cheyennes et des Kiowas lors de la seconde bataille d’Adobe Wells, le 27 juin 1874.

Autant dire que le western traditionnel opposant Indiens et Cow-boys est à l’œuvre avec cette conscience pour ces derniers de ne pas être meilleurs que ceux qu’ils combattent. Comme dit jack, dans ce style qui résume bien le style des personnages : « Dick, on est des fils de pute, comme le reste de l’humanité, des sacs à merde ».

Au bilan, c’est une trilogie remarquable graphiquement – et tonitruante, côté dialogues – avec cette volonté affirmée du romancier et des scénaristes qui l’adaptent de redonner sa place à la population afro-américaine, soldats et cow-boys noirs. Dans les trois tomes, de beaux crayonnés agrémentent un dossier final consacré à une interview du romancier qui s’explique sur son travail et ses passons, notamment dans le tome 3 avec « Voyage en territoire indien ».

Didier QUELLA-GUYOT ; http://bdzoom.com/author/DidierQG/

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« Deadwood Dick T3 : Black Hat Jack » par Stefano Andreucci et Mauro Boselli

Éditions Paquet (18,50 €) – EAN : 9782889321612

« Deadwood Dick T2 : Entre le Texas et l’Enfer » par Pasquale Frisenda et Maurizio Colombo

Éditions Paquet (13,50 €) – EAN : 9782889321605

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2 réponses à « Deadwood », c’est pas du bois mort !

  1. Therby dit :

    Bonjour
    Trois beaux ouvrages. Les dessins, les dialogues sont super et en plus le format est parfaitement adapté à recommander aux amateur quoi d’autre que Paquet édite du Tex !.
    Bonne journée

  2. Gipo dit :

    A propos de « ce cow-boy atypique, car noir. »
    « Atypique » dans le cinéma et la BD… mais pas tant que ça dans la réalité, puisqu’un tiers des cowboys étaient noirs.
    https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/etats-unis-la-place-des-cowboys-noirs-durant-la-conquete-de-l-ouest_4184001.html