« Le Convoyeur » : un monde mutant…

« Sur les décombres de notre civilisation mutante, il n’a qu’une mission : amener à destination ce que vous avez de plus précieux » : placée au dos des albums, cette phrase résume bien le thème de cette trilogie que le scénariste qualifie de western post-apocalyptique. Une belle surprise au sein du catalogue des éditions du Lombard qui perpétue une bande dessinée classique, hélas !, de moins en moins présente dans les librairies. (1)

Un virus a brusquement répandu la rouille sur la Terre, détruisant le fer qui était partout, arrêtant brutalement la vie à laquelle ses habitants étaient habitués. Baptisé le Convoyeur, un homme aux yeux rouges portant d’étranges lunettes de soudeur survit en remplissant les missions passées par ses commanditaires. Sa seule exigence : qu’une fois la mission remplie ils avalent l’œuf qu’il leur offre. Après avoir retrouvé 27 hommes disparus, il gagne les Hauts de Quercy poursuivi par une mystérieuse jeune chasseresse à laquelle il épargne la vie. Accompagné par le Renifleur, il arrive à la cour du duc d’Arusso où règne une débauche forcenée. Leur obsession : trouver des couples fertiles afin de sauver l’humanité de son extinction menacée par la prolifération des mutants : « Tu es celui que nous attendons depuis si longtemps, le seigneur t’a envoyé pour sauver l’humanité… » Et si l’étrange œuf du Convoyeur était une bombe génétique à retardement ? Et si l’étrange voyageur était lui aussi un mutant ? Riche en révélations, dont celle de la véritable identité du Convoyeur, ce second épisode tient le lecteur en haleine de bout en bout. Au fil des séquences, les auteurs proposent un univers cohérent, réaliste, au rythme soutenu, aux personnages durs et crédibles. La mise en page est dynamique, les dialogues percutants, les couleurs (réalisées par le dessinateur) chaudes… Un second tome parfaitement maîtrisé qui ne décevra pas les lecteurs qui ont apprécié le premier et qui laisse entrevoir une conclusion riche en surprises. (2)

Né en 1975 à Rennes, Tristan Roulot, titulaire d’une maîtrise en droit, s’installe à Montréal. Journaliste, il aborde la bande dessinée en créant « Goblin’s » en 2006 avec Corentin Martinage dans Lanfeust Mag des éditions Soleil. Il coécrit avec Philippe Sabbah « Hedge Fund » pour Patrick Le Henaff, puis « Irons » pour Luc Brahy aux éditions du Lombard. On lui doit aussi « Arale » avec Denis Rodier, publié chez Dargaud en 2018.

Né à Orléans en 1982, Dimitri Armand étudie le dessin à l’école des Beaux-arts de Nantes. De 2008 à 2013, il dessine « Angor » écrit par Jean-Charles Gaudin pour Soleil, puis entre aux éditons du Lombard où il publie « Sykes » en 2015 et « Texas Jack » en 2018 : deux westerns écrits par Pierre Dubois. On lui doit aussi les deux albums de « Bob Morane Renaissance » parus au Lombard en 2015 et 2016. Après ces ouvrages prometteurs, la parution du « Convoyeur » le place au rang des meilleurs dessinateurs réalistes du moment.

Henri FILIPPINI

« Le Convoyeur T2 : La Cité des mille flèches » par Dimitri Armand et Tristan Roulot

Éditions du Lombard (€) — EAN : 978 2 8036 7965 2

(1) Voir : Le Lombard se recentre sur les séries dites classiques….

(2) Voir : « Le Convoyeur T1 : Nymphe » : un post-apocalyptique de rouille et d’os….

 

Galerie

Les commentaires sont fermés.